Le 15 ‘Hechvan marque l'anniversaire de la disparition de Rav Leib "Baal Hayissourim", également appelé Rav Leibli de Hébron, l'une des figures des débuts de Habad en Terre sainte. Décédé en 5597 (1836), ce ‘Hassid compta parmi les fondateurs de la communauté Habad de Hébron et laissa le souvenir d'un érudit profondément pieux. Les sources conservées sur sa vie demeurent rares, mais elles suffisent à mesurer la considération dont il jouissait et la mémoire durable qu'il a laissée.
Un des fondateurs de la communauté de Hébron
L'ouvrage Toldot Habad BeErets Hakodech, consacré à l'histoire de Habad en Terre sainte, le présente, aux côtés de Rav Chimon Chmerling, comme l'un des fondateurs de la communauté Habad de Hébron.
Le témoignage rapporté dans Chaarei Yerouchalayim le range parmi les premières figures de l'établissement ashkénaze dans la ville. Il y est dépeint comme un ‘Hassid reconnu, homme d'une vaste connaissance de la Torah et animé d'une profonde crainte de D.ieu. Ces quelques indications dessinent le portrait d'une personnalité respectée, dont la place dans la communauté tenait autant à son érudition qu'à sa stature spirituelle.
Son nom reste ainsi attaché à une étape décisive de la présence ‘Hassidique en Terre sainte : la fondation d'une communauté à Hébron, dont il fut l'un des artisans.
De Hébron à Tsfat
Au terme de sa vie, Rav Leib quitta Hébron pour s'établir à Tsfat. Selon Chaarei Yerouchalayim, il y mourut à un âge avancé.
L'inscription de sa pierre tombale, reproduite dans la revue Kfar Habad, rappelle son attache avec Hébron et le désigne sous le nom par lequel sa mémoire s'est transmise : "Rav Leib de Hébron, "Baal Hayissourim"". Elle en précise la date du décès : le 15 ‘Hechvan 5597 (1836).
L'appellation "Baal Hayissourim" évoque les souffrances et les épreuves. Le passage historique qui lui est consacré ne dit toutefois rien des circonstances à l'origine de ce surnom. Il convient donc de garder cette réserve et de ne pas lui prêter un récit que les sources citées ne rapportent pas.
Une tradition de prière auprès de sa tombe
Un élément marquant du témoignage de Chaarei Yerouchalayim touche aux paroles qu'il aurait prononcées avant sa mort. Selon ce récit, Rav Leib demanda que toute personne traversant une période de détresse vienne se recueillir sur sa tombe, assurant qu'elle y recevrait du secours.
L'auteur ajoute que cette pratique se perpétuait encore de son temps. Ce témoignage dit assez combien le souvenir de Rav Leib demeurait vivant après sa disparition. Sa tombe était devenue, pour ceux qui s'y rendaient, un lieu de prière et d'espérance au cœur des épreuves.
Cette tradition doit être présentée pour ce qu'elle est : un récit transmis par l'ouvrage cité, qui atteste la confiance accordée à Rav Leib et la place qu'il occupait dans la mémoire des fidèles.
Une identité qui reste à éclaircir
L'auteur de Toldot Habad BeErets Hakodech examine aussi plusieurs tentatives d'identification de Rav Leib "Baal Hayissourim" à d'autres ‘Hassidim portant le même prénom. Il souligne cependant que ces rapprochements ne reposent sur aucune preuve suffisante.
L'une des identifications avancées se heurte en particulier à une difficulté chronologique : le personnage concerné était encore en vie plusieurs années après la date de décès gravée sur la tombe de Rav Leib.
Deux autres noms, présents dans les documents relatifs à la communauté de Hébron, sont envisagés : Yehouda Leib, fils d'Avraham Yehochoua Hechel, signataire d'un acte communautaire de 5587 (1826-1827), et Rav Leib de Belz, mentionné dans une lettre de 5583 (1822-1823). L'auteur suggère qu'il pourrait s'agir d'une seule et même personne, peut-être Rav Leib "Baal Hayissourim", tout en précisant qu'aucune preuve ne permet de l'affirmer.
Cette prudence historique permet de distinguer ce que les documents établissent des hypothèses qui demeurent ouvertes.
Une mémoire qui traverse les générations
Les éléments les mieux attestés permettent de retenir les traits essentiels de son parcours : son appartenance à Habad, son rôle dans les débuts de la communauté de Hébron, sa réputation d'érudit et d'homme pieux, puis son installation à Tsfat, où il s'éteignit le 15 ‘Hechvan 5597 (1836).
À cette trame historique s'ajoute une tradition de recueillement sur sa tombe, qui a contribué à porter son nom au fil des générations. Évoquer Rav Leib "Baal Hayissourim" au jour de sa disparition, c'est raviver la mémoire d'un homme dont la vie demeure en partie méconnue, mais dont la place dans l'histoire de Habad en Terre sainte est pleinement reconnue.
Source : Toldot Habad BeErets Hakodech, chapitre XIII, "Rav Leib "Baal Hayissourim"".
Le Rav Chemouel Wosner, de mémoire bénie, auteur du Chevet HaLévi, fit un songe que rapporte l'ouvrage retraçant sa vie. Un Avreh venu réciter les Tehilim sur la tombe de Rabbi Leib Baal Hayissourim, à Tsfat, y fut rejoint par un inconnu qui l'accompagna dans la neige avant de s'évanouir sans laisser de trace. Qui était cet homme, et pourquoi avait-il disparu ?
Le Rav Its'hak Zilberstein a rapporté un songe stupéfiant que fit le Rav Chemouel Wosner, songe consigné dans l'ouvrage retraçant sa vie.
Connu sous le nom de Rabbi Leib de Terkisch-Mohilov, il fut l'un des grands disciples de l’Admour Hazakène, l'auteur du Tanya.
Avant de quitter ce monde, il recommanda que quiconque traverserait une heure de détresse vienne se recueillir sur sa tombe pour y trouver secours, et l'on continue de le faire jusqu'à ce jour.
Un inconnu près de la tombe enneigée
L'ouvrage consacré au Rav Chemouel Wosner rapporte un épisode saisissant. Un Avreh, jeune érudit marié, avait pris sur lui de réciter l'intégralité du Sefer Tehilim sur la tombe de Rabbi Leib Baal Hayissourim, afin que sa fille, en âge de se marier, trouve enfin son Zivoug. Il prit la route avec son épouse lorsque, soudain, la neige se mit à tomber. La femme rebroussa chemin vers Bnei Brak, mais son mari, lui, ne renonça pas et poursuivit son chemin.
Parvenu à l'ancien cimetière de Tsfat, il ne put repérer l'emplacement de la tombe, tant la neige était abondante. C'est alors qu'il aperçut au loin un Juif debout près de la sépulture, récitant les Tehilim.
L'Avreh se joignit à lui et récita le Sefer Tehilim tout entier. Mais au moment de rentrer chez lui, il ne savait plus comment gagner l'arrêt d'autobus, car toute la zone était ensevelie sous la neige.
Le Juif qui se tenait à ses côtés se proposa de bon cœur de l'accompagner. Une fois arrivés près de l'arrêt, l'Avreh voulut remercier son guide, mais l'homme avait disparu, et il lui fut impossible de le retrouver.
La révélation du songe
De retour chez lui, l'Avreh raconta à son épouse l'histoire extraordinaire vécue au cimetière, persuadé d'avoir mérité une révélation du prophète Éliyahou. Son épouse écarta cette hypothèse : il s'agissait, selon elle, d'un homme qui s'était simplement éclipsé en hâte, rien de plus.
L'Avreh se rendit alors auprès du Rav Chemouel Wosner et lui conta son récit. Le Rav lui répondit lui aussi de ne pas se laisser gagner par son imagination, estimant que l'inconnu s'était hâté de partir et qu'il l'avait pour cette raison perdu de vue.
Le lendemain matin, on frappa à la porte de l'Avreh. Lorsqu'il ouvrit, un émissaire dépêché par le Rav Chemouel Wosner le priait de venir le voir. À son arrivée, le Rav s'excusa de lui avoir affirmé qu'il s'agissait d'un homme pressé, et lui déclara : ce n'était pas le prophète Éliyahou, mais je tiens à t'annoncer que c'était Rabbi Leib Baal Hayissourim en personne.
Cette nuit, poursuivit le Rav, il m'est apparu en songe et m'a dit : je suis Rabbi Leib Baal Hayissourim lui-même ; je suis demeuré auprès de cet Avreh durant tout le temps où il récita les Tehilim près de ma tombe, car je ne voulais pas le laisser seul un jour de neige, et je l'ai accompagné jusqu'à l'arrêt. Va dire à cet Avreh que sa prière a été exaucée : au cours du mois prochain, sa fille sera fiancée.
Et c'est bien ce qui advint : sa fille se fiança le mois suivant.
Ce récit figure, comme indiqué, dans l'ouvrage Velo Chevet HaLévi, tenu pour une source des plus fiables. Les proches du Rav Chemouel Wosner veillaient d'ailleurs à ne pas multiplier de tels récits, à moins d'être pleinement assurés de leur authenticité.

