לע״נ הרה״ח ר׳ שמואל וזוגתו מרת בתי׳ ע״ה אזימאוו
שלוחי כ״ק אדמו״ר כיובל שנה במדינת צרפת

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Il existe dans la bibliothèque juive un ouvrage étudié et vénéré presque sans interruption depuis près de mille ans, toutes sensibilités confondues. Le Chaar Habita'hon, la Porte de la confiance, enseigne comment transformer la foi en une force vivante et quotidienne. Ce premier cours en pose les fondations et révèle pourquoi la confiance en D.ieu est la clé d'une véritable sérénité intérieure.

 

Un livre unique dans la bibliothèque juive

Ce cours inaugure une série consacrée au Chaar Habita'hon, la section dédiée à la confiance au sein de l'ouvrage monumental ‘Hovot HaLevavot, Les Devoirs des Cœurs, rédigé vers 1080 par Rabbénou Ba'hya (1050-1120). Rares sont les livres de la tradition juive à faire l'unanimité de manière aussi absolue, et cela depuis près de mille ans, à travers tous les courants du judaïsme, qu'ils soient hassidique, lituanien ou séfarade.

Cette reconnaissance unanime n'est pas le fruit du hasard. De grands maîtres tout au long de l'histoire en recommandaient l'étude quotidienne, parmi lesquels Rabbénou Tam, le Gaon de Vilna, Rabbi Pin'has de Koretz, Rabbi Yossef Caro, à qui le Maguid Mécharim révéla ses enseignements, ainsi que le Tséma'h Tsedek. Le Rav de Brisk alla même jusqu'à le qualifier de Choul'han Aroukh du judaïsme, tant il constitue un guide essentiel de la vie intérieure.

Emouna et Bita'hon : la foi et la confiance

La Emouna, la foi, représente la conviction fondamentale que D.ieu a créé le monde et qu'Il demeure présent en toute chose. C'est le socle théorique, la certitude première sur laquelle tout repose.

Le Bita'hon, la confiance, en constitue l'application concrète et quotidienne. C'est la capacité, face à un événement de la vie, par exemple rater un train, de se dire avec sérénité que D.ieu se tient derrière cette situation et qu'Il ne veut que notre bien. Pour illustrer ce lien, le Ramban compare la foi à un arbre et la confiance à ses fruits : l'une porte l'autre, et c'est dans la confiance que la foi donne tout son goût.

Les fausses sécurités de l'existence

L'auteur enseigne une vérité profonde : celui qui ne place pas sa confiance en D.ieu finit inévitablement par la reporter sur des appuis illusoires, qui tôt ou tard se dérobent.

Le premier de ces appuis est la confiance en ses propres forces ou en son intelligence. L'histoire démontre pourtant que les plus habiles ou les plus puissants ne l'emportent pas toujours. Comme le rappelle l'Ecclésiaste, la course ne revient pas nécessairement au plus rapide, ni la victoire au plus fort.

Le second appui trompeur est l'argent et la richesse. Miser uniquement sur son compte en banque comporte de grands risques. La fortune peut d'abord disparaître d'un instant à l'autre. Elle peut ensuite échapper à celui qui l'a amassée, au point qu'il n'en profite jamais et ne serve finalement que de banque au bénéfice d'autrui. Elle peut enfin, paradoxalement, devenir la source même de ses malheurs, comme on l'observe parfois chez certains gagnants de loterie que la richesse a brisés.

Les bienfaits de la confiance en D.ieu

À l'inverse, celui qui vit réellement le Bita'hon en recueille des fruits précieux. Le premier est la quiétude de l'esprit. La confiance en D.ieu procure une paix intérieure profonde, semblable à la sérénité du serviteur qui sait que son maître pourvoira à tous ses besoins et n'a dès lors plus à s'inquiéter.

Le second bienfait est un véritable soulagement au quotidien. Cette confiance permet de traverser les moments difficiles sans se laisser submerger, et d'affronter avec calme et assurance les épreuves de la vie moderne. Loin d'être une idée abstraite, le Bita'hon devient ainsi une ressource concrète, un art de vivre qui remet chaque instant entre les mains de D.ieu.