L'intérêt du prêt - Likoutei sihot - Volume 3 - Parachat Behar - Paragraphes 1-6
Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Paracha Behar Série : BeharSérie : Likoutei sihot
1. C’est dans notre Paracha que la Torah demande de ne pas prêter ou emprunter à intérêt, cette interdiction reposant à la fois sur le préteur et sur l’emprunteur, comme l’affirme l’Admour Hazaken, qui le déduit du verset Devarim 23 , 20, dans son Choul’han Arou’h, au début des lois de l’intérêt. Et, le verset se conclut par : “ Je suis l’Eternel votre D.ieu, qui vous ai fait sortir du pays de l’Egypte… afin d’être votre D.ieu ”.
Le Sifra commente, à ce propos : “ Se basant sur ces mots, nos Sages ont affirmé que celui qui s’engage à écarter le prêt à intérêt se soumet à D.ieu, alors que celui qui ne le fait pas rejette cette soumission. Celui qui accepte la Mitsva de l’usure reconnaît la sortie d’Egypte, alors que celui qui la nie remet en cause la sortie d’Egypte ”.
Il nous faut comprendre en quoi cette Mitsva de l’usure, plus que toute autre, est liée à la sortie d’Egypte et à la soumission à D.ieu. Pour ce qui est de la sortie d’Egypte, Rachi, se basant sur la Guemara, donne l’explication suivante. Lorsque l’on quitta ce pays, D.ieu fit une distinction entre l’aîné et celui qui n’en était pas un. De la même façon, D.ieu distingue également celui qui prête de l’argent à intérêt à un Juif en prétendant que ce montant appartient à un non-Juif.
Néanmoins, cette interprétation établit un rapport entre l’usure et la sortie d’Egypte uniquement dans le cas où celui qui prête à intérêt prétend que cet argent appartient à un non-Juif, bien plus, ne le fait pas parce que le prêteur refuserait ce montant, s’il le savait appartenir à un Juif, ou bien parce que le tribunal empêcherait cette transaction, mais parce que, selon lui, D.ieu ne fera pas de distinction, en l’occurrence, entre cette situation et le cas où l’argent lui appartiendrait effectivement. Il y a donc bien là une négation de la sortie d’Egypte, lorsque D.ieu fit effectivement une telle distinction.
En tout état de cause, ceci n’explique pas la relation qui peut être faite entre la Mitsva de l’usure, dans sa globalité et la sortie d’Egypte. En outre, il nous faut encore justifier le rapport entre l’usure et la soumission à D.ieu.
Certains commentateurs avancent, à ce sujet, l’explication suivante. Lorsqu’un Juif prête de l’argent à un autre, sans intérêt, sans se préoccuper de son profit, il fait la preuve de sa confiance en D.ieu à Qui il est soumis. Car, D.ieu lui demande d’aider son prochain, sans rechercher le gain. A l’opposé, celui qui prête à intérêt fait la preuve de son manque de confiance en D.ieu et il rejette la soumission.
Cette explication est, toutefois, difficile à accepter, car :
A) une telle attitude ne découle pas d’un manque de soumission, mais bien d’une confiance en D.ieu imparfaite,
B) et ce manque de confiance n’est pas spécifiquement lié au prêt à intérêt, il concerne les actes de générosité, dans leur ensemble.
Pour introduire l’interdiction de prêter à intérêt, la Torah dit (Behar 25, 35) : “ Si ton frère chancelle…, tu le soutiendras ” en lui consentant un prêt sans intérêt. Si quelqu’un refuse de le faire, parce qu’il se préoccupe de sa prospérité matérielle, préfère donc utiliser cette somme pour s’engager dans une activité commerciale et en faire fructifier chaque sou, il fait la preuve qu’il manque de confiance en D.ieu. Pour autant, il ne transgresse pas la Mitsva interdisant le prêt à intérêt, puisqu’il n’a rien prêté.
2. La soumission à D.ieu, s’exprimant par la pratique des Mitsvot, permet d’obtenir l’intervention céleste dans le service de D.ieu d’un Juif. Le Likouteï Torah, Vaét’hanan 9d et Chir Hachirim 12a, commente le texte de la bénédiction des Mitsvot, “ Il nous a sanctifiés par Ses Mitsvot ”, en soulignant que D.ieu Lui-même pratique ces Mitsvot.
Deux stades, à ce sujet, doivent être distingués :
A) Il y a, d’une part, la pratique de la Mitsva, par D.ieu, qui précède celle de l’homme. Ainsi, disent nos Sages, “ Il ordonne à Israël de faire ce qu’Il accomplit lui-même ”
B) Il existe, en outre, une pratique qui fait suite à celle des hommes et nos Sages disent, dans le Tana Dveï Elyahou Rabba, au début du chapitre 18 et dans le Yalkout Chimeoni E’ha, au paragraphe 1034, que “ lorsque quelqu’un étudie la Torah, le Saint béni soit-Il le fait également, face à lui ”. Et, ce qui est vrai pour l’étude de la Torah s’applique également à la pratique des Mitsvot.
Les Mitsvot des Juifs ne provoquent pas l’accomplissement de celles de D.ieu, parce qu’elles sont liées à elles. Car, la créature n’a rien de commun avec le Créateur. Et, il en est ainsi uniquement parce que telle est la Volonté de D.ieu, Qui conféra un tel pouvoir à ces Mitsvot.
Or, on peut s’interroger, à ce sujet. Pourquoi est-ce là la Volonté de D.ieu ? Pour quelle raison souhaita-t-Il que la pratique des hommes exerce un tel effet là-haut, bien qu’il n’y ait aucune commune mesure entre la créature et le Créateur ?
On peut comprendre que D.ieu accomplisse la Mitsva avant de la transmettre aux hommes.
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Le Sifra commente, à ce propos : “ Se basant sur ces mots, nos Sages ont affirmé que celui qui s’engage à écarter le prêt à intérêt se soumet à D.ieu, alors que celui qui ne le fait pas rejette cette soumission. Celui qui accepte la Mitsva de l’usure reconnaît la sortie d’Egypte, alors que celui qui la nie remet en cause la sortie d’Egypte ”.
Il nous faut comprendre en quoi cette Mitsva de l’usure, plus que toute autre, est liée à la sortie d’Egypte et à la soumission à D.ieu. Pour ce qui est de la sortie d’Egypte, Rachi, se basant sur la Guemara, donne l’explication suivante. Lorsque l’on quitta ce pays, D.ieu fit une distinction entre l’aîné et celui qui n’en était pas un. De la même façon, D.ieu distingue également celui qui prête de l’argent à intérêt à un Juif en prétendant que ce montant appartient à un non-Juif.
Néanmoins, cette interprétation établit un rapport entre l’usure et la sortie d’Egypte uniquement dans le cas où celui qui prête à intérêt prétend que cet argent appartient à un non-Juif, bien plus, ne le fait pas parce que le prêteur refuserait ce montant, s’il le savait appartenir à un Juif, ou bien parce que le tribunal empêcherait cette transaction, mais parce que, selon lui, D.ieu ne fera pas de distinction, en l’occurrence, entre cette situation et le cas où l’argent lui appartiendrait effectivement. Il y a donc bien là une négation de la sortie d’Egypte, lorsque D.ieu fit effectivement une telle distinction.
En tout état de cause, ceci n’explique pas la relation qui peut être faite entre la Mitsva de l’usure, dans sa globalité et la sortie d’Egypte. En outre, il nous faut encore justifier le rapport entre l’usure et la soumission à D.ieu.
Certains commentateurs avancent, à ce sujet, l’explication suivante. Lorsqu’un Juif prête de l’argent à un autre, sans intérêt, sans se préoccuper de son profit, il fait la preuve de sa confiance en D.ieu à Qui il est soumis. Car, D.ieu lui demande d’aider son prochain, sans rechercher le gain. A l’opposé, celui qui prête à intérêt fait la preuve de son manque de confiance en D.ieu et il rejette la soumission.
Cette explication est, toutefois, difficile à accepter, car :
A) une telle attitude ne découle pas d’un manque de soumission, mais bien d’une confiance en D.ieu imparfaite,
B) et ce manque de confiance n’est pas spécifiquement lié au prêt à intérêt, il concerne les actes de générosité, dans leur ensemble.
Pour introduire l’interdiction de prêter à intérêt, la Torah dit (Behar 25, 35) : “ Si ton frère chancelle…, tu le soutiendras ” en lui consentant un prêt sans intérêt. Si quelqu’un refuse de le faire, parce qu’il se préoccupe de sa prospérité matérielle, préfère donc utiliser cette somme pour s’engager dans une activité commerciale et en faire fructifier chaque sou, il fait la preuve qu’il manque de confiance en D.ieu. Pour autant, il ne transgresse pas la Mitsva interdisant le prêt à intérêt, puisqu’il n’a rien prêté.
2. La soumission à D.ieu, s’exprimant par la pratique des Mitsvot, permet d’obtenir l’intervention céleste dans le service de D.ieu d’un Juif. Le Likouteï Torah, Vaét’hanan 9d et Chir Hachirim 12a, commente le texte de la bénédiction des Mitsvot, “ Il nous a sanctifiés par Ses Mitsvot ”, en soulignant que D.ieu Lui-même pratique ces Mitsvot.
Deux stades, à ce sujet, doivent être distingués :
A) Il y a, d’une part, la pratique de la Mitsva, par D.ieu, qui précède celle de l’homme. Ainsi, disent nos Sages, “ Il ordonne à Israël de faire ce qu’Il accomplit lui-même ”
B) Il existe, en outre, une pratique qui fait suite à celle des hommes et nos Sages disent, dans le Tana Dveï Elyahou Rabba, au début du chapitre 18 et dans le Yalkout Chimeoni E’ha, au paragraphe 1034, que “ lorsque quelqu’un étudie la Torah, le Saint béni soit-Il le fait également, face à lui ”. Et, ce qui est vrai pour l’étude de la Torah s’applique également à la pratique des Mitsvot.
Les Mitsvot des Juifs ne provoquent pas l’accomplissement de celles de D.ieu, parce qu’elles sont liées à elles. Car, la créature n’a rien de commun avec le Créateur. Et, il en est ainsi uniquement parce que telle est la Volonté de D.ieu, Qui conféra un tel pouvoir à ces Mitsvot.
Or, on peut s’interroger, à ce sujet. Pourquoi est-ce là la Volonté de D.ieu ? Pour quelle raison souhaita-t-Il que la pratique des hommes exerce un tel effet là-haut, bien qu’il n’y ait aucune commune mesure entre la créature et le Créateur ?
On peut comprendre que D.ieu accomplisse la Mitsva avant de la transmettre aux hommes.
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