Le Chabbat d'un Juif - Likoutei sihot - Volume 2 - Hossafot - Behar - Paragraphes 1-4

19 mai 2024 · 11 iyar 5784 · 12:58 · 31 vues

Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Paracha Behar Série : BeharSérie : Likoutei sihot

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1. Un Melavé Malka réalise le lien, la transition entre le Chabbat et les jours de la semaine. Son nom signifie “ escorte de la reine ” et le Chabbat est effectivement défini comme une reine. En ce sens, le Melavé Malka est bien le prolongement du Chabbat. Par ailleurs, ce repas est pris après la Havdala, c’est-à-dire déjà pendant la semaine.

Nous avons lu, ce Chabbat, la Parchat Behar, que la Torah introduit en nous définissant la Mitsva du Chabbat de la terre. En effet, celle-ci doit se reposer, la septième année, “d’un Chabbat pour D.ieu”.

La septième année est, en ce sens, comparable au Chabbat et Rachi souligne qu’elle est “ un Chabbat pour D.ieu, comme cela est dit à propos du Chabbat Béréchit ”. Tout comme le septième jour est plus saint que les six qui le précèdent, la septième année doit également être sanctifiée.

Mais, de fait, les Juifs sanctifient également les six jours de la semaine ou les six années du cycle de la terre. Au milieu de la semaine, ils prient, puis ils étudient la Guemara, la Michna, le Eïn Yaakov, le ‘Houmach ou n’importe quel autre texte de la Torah.

Après la prière et l’étude, ils vont assumer une activité commerciale ou professionnelle. Dans le premier cas, ils éviteront la concurrence déloyale. Dans le second, ils effectueront leur travail scrupuleusement. De fait, chaque acte quotidien est, pour un Juif, lié à une Mitsva, à la sainteté, ainsi qu’il est dit : “ En toutes tes voies, connais-Le ”.

Néanmoins, on attend d’un Juif qu’il connaisse l’avancement, l’élévation. C’est la raison pour laquelle, lorsque survient le septième jour, il doit le sanctifier, bien au-delà des six jours de la semaine.

Et, il en est de même pour la septième année, de laquelle il est dit que “ la terre se reposera d’un Chabbat pour D.ieu ”. On abandonne alors toute préoccupation de la terre, toute contrainte agricole et, dans le temps libéré de la sorte, on se consacre uniquement à D.ieu, aux préoccupations de la sainteté.

Certes, la Mitsva du Chabbat de la terre s’applique uniquement en Erets Israël. Néanmoins, son contenu et sa signification, la nécessité de se consacrer à des préoccupations saintes, tous les sept ans, reçoivent également une application à l’extérieur de ce pays.

En effet, un Juif est saint, où qu’il se trouve, en Erets Israël ou ailleurs. En conséquence, lorsque survient le Chabbat de la terre, comme c’est le cas cette année, il doit se renforcer sur la voie du Judaïsme et se consacrer avec encore plus de détermination, aux préoccupations sacrées.

2. Certains n’admettent pas que la Torah transcende l’entendement et ils tentent d’en donner une explication rationnelle. Ils expliquent donc le Chabbat de la terre de la manière suivante. A force de travailler la terre, on affaiblit les éléments qui la constituent. C’est pour cela que la Torah lui impose le repos, une année sur sept, afin qu’elle puisse se renforcer et être fertile. Ils en concluent que le Chabbat de la terre est inutile, à l’époque actuelle, alors que l’on dispose d’autres moyens de fertiliser la terre, en utilisant de bons engrais.

Mais, D.ieu écarte un tel raisonnement et dit : “ J’ordonnerai Ma bénédiction pour vous pendant la sixième année. Elle produira alors une récolte pour trois ans ”. Ainsi, c’est pendant la sixième année que D.ieu accorde Sa bénédiction à la terre. Dès lors, celle-ci peut produire la récolte de trois années, la sixième, la septième et la huitième.

Si le Chabbat de la terre n’avait que des motivations naturelles, s’il s’agissait seulement de ne pas affaiblir la terre en la travaillant sans cesse, la bénédiction divine aurait dû être accordée non pas la sixième année, lorsque la terre est réellement affaiblie, mais bien avant cela.

Il est ainsi clairement établi qu’un Juif doit placer toute sa confiance en D.ieu, ne pas planter en cette année et s’en tenir à la Parole de D.ieu. Dès lors, D.ieu lui accorde Sa bénédiction et le champ le plus affaibli peut, dès lors, produire une récolte qui sera trois fois celle de la meilleure année, en l’occurrence la première.

Comme nous l’avons dit, le message du Chabbat de la terre s’applique également à l’extérieur d’Erets Israël. Là aussi, D.ieu peut “ ordonner Sa bénédiction ”.

Un Juif pourrait penser : “ Je dois prier, étudier la Torah, donner de la Tsédaka, soutenir les Yechivot et les maisons d’étude. Comment, dès lors, pourrais-je entrer en concurrence avec des non-Juifs, qui ne prient pas, n’étudient pas, ne donnent pas de Tsédaka et avoir, néanmoins, le dessus ? ”.

Le Chabbat de la terre permet de répondre à cette question. Nous devons faire ce que D.ieu attend de nous. Ainsi, nous obtiendrons Sa bénédiction, non seulement dans le monde futur, mais également dans ce monde.

3. Il se trouve qu’un Melavé Malka évoque la même idée.

Le Chabbat s’est maintenant achevé et vingt quatre heures se sont écoulées, durant lesquelles on n’a pas eu d’activité commerciale.

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