La capitale hongroise a accueilli une initiative spirituelle d’envergure menée par un Rav Ladayov. Le Rav Yair Ladayov, qui vit à Sarcelles, dans la banlieue nord de Paris, a traversé l’Europe avec des centaines de Mezouzot dans sa valise pour les offrir aux familles juives de Budapest. Cette action symbolique a renforcé l’identité juive de la ville tout en honorant la mémoire de proches disparus.
Budapest abrite l’une des plus importantes communautés juives d’Europe centrale. Avant la Seconde Guerre mondiale, environ 200 000 Juifs vivaient à Budapest, représentant près d’un quart de la population juive hongroise.
Pendant la Shoah, malgré l’occupation nazie tardive de la Hongrie (mars 1944), la communauté a subi des pertes dévastatrices. Environ 100 000 Juifs de Budapest ont péri. Certains ont été sauvés grâce aux actions de diplomates comme Raoul Wallenberg et Carl Lutz. Aujourd’hui, Budapest compte une communauté juive active d’environ 70 000 à 100 000 personnes.
Une valise remplie de tradition et de spiritualité
Cette semaine, Budapest a eu le privilège de recevoir la visite exceptionnelle du Rav Yair Ladayov, venu spécialement de France avec une mission bien précise. Dans ses bagages : une valise entièrement remplie de Mezouzot destinées à être posées gratuitement aux portes des foyers juifs hongrois. « Notre objectif était simple mais ambitieux : permettre à chaque Juif qui n’en possède pas encore d’avoir une Mezouza à chaque entrée de sa maison », explique le Rav Ladayov, visiblement ému par l’accueil chaleureux des habitants.
L’initiative a connu un succès remarquable puisque pas moins de 400 Mezouzot ont trouvé leur place sur les montants des portes à travers la ville. « Ces petits parchemins sacrés représentent bien plus qu’un simple objet rituel, ils sont une protection spirituelle et un rappel constant de notre identité », confie une résidente de Budapest ayant bénéficié de ce don précieux.

La collaboration fructueuse avec la communauté Loubavitch locale
Ce projet d’envergure n’aurait pu voir le jour sans l’étroite collaboration avec les émissaires Habad à Budapest. « La coopération avec les Chlou’him locaux a été déterminante pour identifier les besoins et toucher l’ensemble des communautés », souligne le Rav Ladayov. Grâce à cette synergie, des Juifs de tous horizons et de toutes sensibilités religieuses ont pu bénéficier de cette Mitsva importante.
Le Grand Rabbin de l’une des synagogues de Budapest s’est réjoui de cette initiative : « Voir nos fidèles renouer avec cette tradition millénaire est profondément émouvant. Chaque Mezouza posée renforce le lien entre Dieu et notre peuple, entre notre passé et notre avenir ici à Budapest. »
Au-delà des Mezouzot: un réveil spirituel plus large
L’impact de cette visite a largement dépassé la simple pose de Mezouzot. En effet, les émissaires Habad ont profité de cette dynamique pour proposer aux participants de mettre les Tefilines, une autre Mitsva fondamentale du judaïsme. « Nombreux sont ceux qui ont saisi cette opportunité pour renouer avec des traditions parfois oubliées », raconte un des organisateurs.
Plus impressionnant encore, cette initiative a suscité des engagements personnels profonds : plusieurs participants ont pris la décision d’acquérir leurs propres Tefilines, tandis que d’autres ont franchi le pas en décidant de procéder à leur brit milah. « J’ai toujours reporté cette décision, mais aujourd’hui, je me sens prêt à accomplir ce geste fondamental de mon identité juive », témoigne un quadragénaire budapestois, profondément touché par la démarche du Rav Ladayov.

Un hommage émouvant à travers une Mitsva perpétuelle
Derrière cette généreuse initiative se cache une histoire personnelle bouleversante. Ce projet spirituel a été conçu à la mémoire du fils du Rav Ladayov, le Rav Elhanan Meir Ladayov, ainsi que de Revital, fille du Rav Moshe Feizkov. « Transformer la douleur en action positive est la plus belle façon d’honorer la mémoire de nos êtres chers », confie le Rav Ladayov avec émotion.
Chaque Mezouza posée devient ainsi non seulement une protection pour la famille qui la reçoit, mais aussi un mémorial vivant pour les disparus. À travers ce geste, leur souvenir continue d’apporter lumière et bénédiction dans le monde, conformément à la tradition du Beth Loubavitch qui enseigne que les bonnes actions élèvent l’âme des défunts.
« Notre communauté de Budapest n’oubliera pas de sitôt cette semaine extraordinaire », conclut l’un des responsables communautaires locaux. « Les 400 Mezouzot désormais présentes dans notre ville témoignent d’un renouveau spirituel dont nous avions tous besoin. »

















