Une manifestation anti-israélienne a dégénéré en occupation violente d’un bâtiment d’ingénierie multidisciplinaire à l’Université de Washington à Seattle, conduisant à une trentaine d’arrestations. Les manifestants pro-palestiniens ont non seulement pris le contrôle du bâtiment financé par Boeing, mais ont également incendié des poubelles et affronté des agents de sécurité. Face à cette escalade, un étudiant juif affilié au mouvement Habad a choisi de se rendre sur les lieux le lendemain pour prier avec ses Tefilines, opposant un acte de foi aux flammes de la contestation.
« Occupation » et chaos : le bâtiment d’ingénierie pris d’assaut
Les événements ont pris une tournure dramatique mardi soir à l’Université de Washington lorsque des militants anti-israéliens, certains masqués, ont pris le contrôle du bâtiment d’ingénierie multidisciplinaire. Cette structure récente, construite pour environ 102 millions de dollars, avait reçu une donation de 10 millions de dollars de l’entreprise Boeing – un détail qui n’a pas échappé aux manifestants.
L’occupation s’est déroulée juste avant la fermeture du bâtiment à 17h00, à l’initiative du groupe SUPER-UW, une organisation d’étudiants suspendue qui se définit comme « Étudiants pour l’égalité et le retour palestinien ». « Nous voulons éliminer l’influence de Boeing et d’autres fabricants d’armement de notre espace éducatif », ont déclaré les membres du groupe, accusant l’université d’être « complice directe du génocide palestinien ».
Les manifestants ont bloqué les entrées avec du mobilier, accroché une bannière depuis le deuxième étage et symboliquement renommé le bâtiment « Shaban al-Dalou », d’après un Palestinien de 19 ans tué lors d’une frappe israélienne. Dans leur déclaration publiée, ils ont lié leur action à une « vague renouvelée d’Intifada étudiante » suite à ce qu’ils ont qualifié de « victoire héroïque du déluge d’Al-Aqsa le 7 octobre ».
Violence et chaos aux abords du campus
À l’extérieur du bâtiment, la situation a rapidement dégénéré en violences et perturbations. Des routes ont été bloquées, des poubelles incendiées, et des confrontations ont éclaté avec le personnel de sécurité du campus. Selon l’administration universitaire, l’environnement créé était « dangereux ».
« Ce que nous avons observé était clairement une situation explosive », témoigne Sarah Martinez, une étudiante présente lors des événements. « Les flammes des poubelles s’élevaient tandis que des manifestants masqués bloquaient les accès et empêchaient les étudiants de circuler librement. »
Les forces de police, comprenant des unités de la police locale et de l’État de Washington, sont intervenues avec l’aide des pompiers. L’évacuation de la zone a commencé à 22h30, et la police a pénétré dans le bâtiment à 23h00. Environ une demi-heure plus tard, une trentaine de personnes ont été arrêtées pour intrusion, vandalisme et troubles à l’ordre public. Selon un porte-parole du groupe, certains détenus ont nécessité des soins médicaux.
Une réponse spirituelle face à la violence
Le lendemain de cette manifestation tumultueuse, alors que l’odeur de brûlé flottait encore dans l’air, un étudiant juif participant aux activités de Habad sur le campus a fait un choix remarquable. Il s’est rendu précisément à l’endroit où les feux avaient été allumés et, dans un geste chargé de symbolisme, a mis ses Tefilines pour prier.
« Je ne suis pas venu pour provoquer ou pour confronter qui que ce soit », explique Daniel Goldstein, l’étudiant en question. « J’ai simplement voulu apporter un peu de lumière là où il y avait eu des flammes de colère. La prière est ma façon de répondre à la haine. »
Ce geste n’est pas passé inaperçu sur le campus, suscitant des réactions diverses. Le Rav Yossef Berkowitz, coordinateur de Habad à l’Université de Washington, a commenté : « Dans des moments de tension comme ceux-ci, nous encourageons nos étudiants à répondre par des actes positifs plutôt que par la confrontation. Notre présence sur le campus vise à soutenir spirituellement tous les étudiants juifs, quelle que soit leur pratique religieuse. »
L’université condamne l’antisémitisme et promet des actions
L’université a fermement condamné ce qu’elle a qualifié d’« occupation illégale du bâtiment » ainsi que les déclarations antisémites publiées par les manifestants. Victor Balta, porte-parole de l’université, a spécifiquement dénoncé la déclaration du groupe comme antisémite, tandis que l’association des anciens élèves juifs a qualifié les événements de « honte » et a accusé l’administration de privilégier le calme institutionnel au détriment de la lutte contre l’antisémitisme sur le campus.
« Nous ne reculerons pas devant les comportements offensants et destructeurs et continuerons à lutter contre l’antisémitisme sous toutes ses formes », a déclaré l’université dans un communiqué, promettant des poursuites judiciaires et disciplinaires.
Cet incident s’inscrit dans un contexte plus large de tensions croissantes sur les campus américains depuis l’escalade du conflit israélo-palestinien. « Les campus devraient être des lieux de dialogue et d’apprentissage, pas des champs de bataille idéologiques où certains étudiants se sentent menacés en raison de leur identité », note le professeur Its’hak Cohen, spécialiste des relations internationales.
Les Rabbanim de différentes communautés ont appelé à la retenue et au respect mutuel, rappelant que « la tradition juive nous enseigne que même dans les moments les plus sombres, nous devons être une lumière pour les autres ».
https://x.com/i/status/1919602791477346481
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