Le 27e Kinous Hachlouhim de France a rassemblé dimanche plus de 450 Chlou’him, Rabbanim et invités au Beth Haya Moussia de Paris, dans une atmosphère empreinte de ferveur et d’unité. Des émissaires venus de toute la France ont pris la parole pour témoigner des miracles qui jalonnent leur Chliha’h au quotidien. Farbrenguen et conférences ont ponctué une journée mémorable, célébrée également en hommage aux 58 années de dévotion du Rav Chemouel Azimov, fondateur du Beth Loubavitch à Paris.
Un rassemblement historique au cœur de Paris
C’est au Beth Haya Moussia, dans le 19e arrondissement de Paris, que s’est tenu dimanche le 27e Kinous Hachlouhim annuel de France — une journée de retrouvailles, de partage et d’inspiration qui a réuni plus de 450 participants venus des quatre coins du pays. Chlou’him, Rabbanim, dignitaires communautaires et invités d’honneur ont répondu présent à cet événement devenu au fil des années l’un des rendez-vous incontournables du monde Habad francophone.
La présidence du Kinous était assurée par le Rav Mendel Azimov, Chalia’h à Paris, dont le rayonnement et l’autorité morale au sein du réseau français ne sont plus à démontrer. Parmi les personnalités présentes figurait le Rav Mendy Kotlarsky, venu spécialement de New York en sa qualité de président du Kinous Hachlouhim international — sa présence conférant à l’assemblée une dimension qui dépasse les frontières nationales. M. Besnainou, invité d’honneur, représentait quant à lui les liens profonds qui unissent la communauté Habad aux cercles institutionnels et civils de la société française.
La foi comme levier : l’histoire d’un Beth Habad acquis contre toute attente
Parmi les témoignages qui ont marqué les esprits, celui du Rav Berel Kesselman, Chalia’h dans le 16e arrondissement de Paris, a suscité une attention particulière. Avec une franchise désarmante, il a retracé l’odyssée qui l’a conduit à acquérir un vaste espace pour son Beth Habad — alors même que son compte en banque affichait un solde négatif.
L’histoire remonte à deux ans, lors du précédent Kinous. Un confrère Chalia’h y avait passé de longues heures à partager des récits de miracles patents, des histoires où la Providence se manifestait avec une clarté presque déconcertante. Le lendemain matin, le Rav Kesselman, le cœur encore imprégné de ces récits, se retrouvait à passer devant un ancien Franprix désaffecté, situé à proximité de son centre. Une pensée s’imposa à lui avec une évidence tranquille : cet endroit pourrait être le nôtre.
Ce qui suivit tient davantage du roman que du compte rendu administratif. Un premier inconnu, qui avait toujours refusé d’investir quoi que ce soit en France, le mit sur la piste d’un espace plus grand encore, situé en face de la poste du quartier. Le Rav Kesselman se dit qu’il n’avait rien à perdre, et alla visiter les lieux. Un deuxième interlocuteur l’encouragea à formuler une offre. Il fit l’offre. Un troisième lui conseilla de renoncer à la condition de financement préalable. Il y renonça. À chaque étape, à chaque carrefour décisif, une personne différente surgissait et faisait avancer le projet d’un pas supplémentaire — comme si une main invisible orchestrait l’ensemble.
Le financement fut réuni grâce à trente donateurs, chacun prenant en charge le coût d’un mètre carré. « Au moment où j’ai commencé à faire le calcul dans ma tête, confia-t-il à l’assemblée, je me suis dit : c’est le Rabbi qui dirige tout cela. » Une formule qui résume à elle seule la philosophie du Chalia’h : agir, avancer, et laisser le Rabbi ouvrir les portes.
Le Mikvé de Longjumeau : une triple coïncidence qui ne doit rien au hasard
Le Rav Yossef Celnik, Chalia’h à Longjumeau, a de son côté partagé le récit édifiant de la construction du Mikvé de sa communauté — une histoire où les coïncidences s’accumulent jusqu’à ne plus pouvoir être qualifiées ainsi.
Tout commença en un seul et même jour : celui où le Rav Celnik apprit que sa candidature au programme des 120 Mikva’ot du Merkaz avait été acceptée. Ce même jour, un confrère l’appela pour l’exhorter à ne pas tarder davantage à construire un Mikvé. Et ce même jour encore, un ami installé en Israël lui téléphona pour lui proposer un soutien financier. Trois signaux concordants en l’espace de quelques heures — une convergence que le Rav Celnik ne pouvait ignorer.
Lorsque vint le moment de rassembler le solde des fonds nécessaires, il se tourna vers le Rabbi en lui écrivant. En parcourant les écrits du Rabbi, il tomba sur une lettre adressée à un Rav concernant la construction d’un Mikvé, dans laquelle le Rabbi indiquait qu’il prendrait personnellement en charge la moitié des frais. Cette découverte galvanisa le Rav Celnik : une campagne de collecte fut lancée quatre jours plus tard, et en l’espace de trois jours seulement, elle permit de réunir 135 000 euros — soit exactement la moitié du budget total du projet, évalué à 270 000 euros. Le Rabbi avait, en quelque sorte, tenu parole.
La responsabilité du Chalia’h envers chaque Juif en détresse
Le Rav Lévi Goldberg, Chalia’h à Arcueil, a abordé une dimension moins spectaculaire mais tout aussi fondamentale de la Chliha’h : la responsabilité morale et humaine qui incombe à l’émissaire lorsqu’un Juif en situation de détresse frappe à sa porte, sans autre recours, sans autre adresse où se tourner.
Dans un témoignage sobre et fort, il a rappelé que le Beth Habad n’est pas seulement un lieu d’étude ou de prière, mais un refuge — un espace où chaque personne, quelle que soit sa situation, doit se sentir accueillie, entendue et soutenue. La Chliha’h ne s’arrête pas aux portes de la synagogue : elle commence là où les autres institutions s’arrêtent.
Hommage à 58 ans de Chliha’h : le Rav Chemouel Azimov honoré
Un moment particulièrement émouvant fut la prise de parole du Rav Binyamin Mergui, qui rendit un hommage vibrant au Rav Chemouel Azimov à l’occasion de ses 58 années de Chliha’h à Paris. Figure tutélaire et fondatrice de la présence Habad en France, le Rav Chemouel Azimov a consacré plus d’un demi-siècle de sa vie à l’édification d’un réseau d’institutions, de Beth Habad et de communautés qui maillent aujourd’hui l’ensemble du territoire français. Son œuvre, pionnière à bien des égards, constitue le socle sur lequel repose l’ensemble du mouvement Habad en France.
L’assemblée, debout, salua cet hommage avec une émotion visible — une reconnaissance unanime pour celui qui, il y a près de six décennies, avait répondu à l’appel du Rabbi et avait fait de Paris le cœur battant de la Chliha’h francophone.
Raffle et Farbrenguen : la joie comme pilier de la Chliha’h
Le programme de la journée comprenait également une raffle, dont le gagnant fut annoncé en grande pompe : le Rav Yossef Katan fut acclamé par l’assemblée à l’annonce de son nom.
À l’issue du Kinous, un Farbrenguen fut organisé au Beth Haya Moussia du 19e arrondissement. Cet après-midi de fête et de fraternité fut animé par deux figures charismatiques : le Rav Chabtaï Slavatitsky, Chalia’h à Anvers en Belgique, et le Rav Lévi Azimov. Dans l’esprit authentique des Farbrenguen tels que le Rabbi les avait institués, la parole se mêla au chant, les récits personnels aux enseignements ‘hassidiques, dans une atmosphère à la fois chaleureuse et spirituellement élevée.
Ce 27e Kinous Hachlouhim de France aura une fois de plus démontré la vitalité et la cohésion d’un réseau d’émissaires qui, de Paris à la province, œuvrent chaque jour à rapprocher chaque Juif de son héritage — avec foi, ténacité, et la certitude que le Rabbi accompagne chacun de leurs pas.


































































































































































































