Un rassemblement se prépare ce mardi à Paris pour marquer les dix-huit ans de la disparition du Rav Hillel Pevzner. Pendant cinquante-cinq ans, ce rescapé des yechivot d’Europe de l’Est a bâti la communauté Habad de France, laissant derrière lui des institutions devenues des piliers du judaïsme parisien. Le Beth Habad Sinaï accueillera fidèles et descendants pour une Min’ha suivie d’un Farbrenguen en sa mémoire.

 

 

 

Le mardi 15 septembre 2026, correspondant au 4 Tichri 5787, la communauté loubavitch de Paris se réunira au Beth Habad Sinaï, au 2 rue Tristan Tzara dans le 18e arrondissement, pour commémorer le 18e Yortseit du Rav Hillel Pevzner ע »ה, figure centrale du judaïsme Habad en France durant plus d’un demi-siècle.

Des yechivot d’Europe de l’Est à la capitale française

Né le 29 Chevat 5682 (février 1922) à Minsk, le jeune Hillel Pevzner grandit dans les réseaux clandestins de Tomchei Temimim qui essaimaient alors à travers l’Union soviétique. Il poursuit ses études talmudiques dans les yechivot de Jitomir, puis de Voronej, avant de rejoindre, avec la vague de réfugiés fuyant la guerre, le réseau de Tomchei Temimim reconstitué à Poking, en Allemagne. C’est de là qu’il est envoyé, aux côtés de deux autres ‘Hassidim, renforcer la présence Habad naissante avant de rallier définitivement Paris.

Il quitte la Russie en 5706 (1946) et s’installe en France dès 5707 (1947), où il devient rapidement Maguid Chiour et Machguia’h au sein de la yechiva parisienne. En 5713 (1953), à la suite du départ du Rav Zalman Chimon Dvorkin pour New York, il est appelé à prendre la tête de la communauté Habad de France – une responsabilité qu’il portera durant cinquante-cinq années.

Fondateur des institutions Sinaï-Loubavitch

En 5722 (1962), le Rav Pevzner est nommé Rav de la synagogue Zbitchyner, rue des Rosiers. Mais c’est la fondation des institutions Sinaï-Loubavitch qui marquera le plus durablement le paysage éducatif Habad de la capitale : sous son impulsion, cet ensemble scolaire deviendra l’un des plus importants réseaux d’enseignement juif de France.

En 5748 (1988), face à l’expansion des communautés Habad à travers le pays, le Rav Pevzner préside à la création du Vaad Rabbanei Loubavitch de France, dont il devient l’Av Beth Din. Parallèlement, il développe dès le début des années 1950 un système de cacherout du lait israélien qui s’étoffera au fil des décennies, jusqu’à superviser, en 5731 (1971), la cacherout des premiers vins de Bordeaux – une initiative alors inédite en France.

Une empreinte transmise à la génération suivante

Le Rav Hillel Pevzner s’éteint le 4 Tichri 5769 (3 octobre 2008), à l’âge de 85 ans, après une cérémonie tenue à l’école Sinaï où se pressent élèves et disciples avant son inhumation sur le mont des Oliviers, à Jérusalem. Son héritage se poursuit à travers ses enfants : le Rav Avraham-Barou’h, Rav de la communauté Loubavitch en France, Chalia’h du Rabbi en France ; le Rav Yossef-Its’hak, Chalia’h en France et directeur des Institutions Sinaï; et le Rav Menahem-Mendel, Chalia’h à Genève et fondateur du Beth Habad et école Habad à Genève. Ses filles ont également bâti leur vie autour de la Chli’hout, notamment Mme Sterna a’h Kalmenson, qui fut près de 30 ans directrice du collège lycée Ohr Sterna Sinaï, qui nous a quittés l’année dernière et qui fut l’épouse du Rav Yechiel Kalmenson Shlita, Roch Yechiva de Tomchei Temimim à Brunoy, Mme Rivka Naparstek, éducatrice, Mme Hanna Slonim, Chlou’ha à Dijon.

Min’ha et Farbrenguen ce mardi soir

C’est à l’initiative du Beth Habad Sinaï que se tiendra, ce mardi 4 Tichri, la cérémonie commémorative. La Min’ha débutera à 19h45, suivie d’un Farbrenguen au cours duquel seront évoqués la vie et l’enseignement du Rav Pevzner. La soirée se conclura par l’office de Maariv à l’issue du Farbrenguen.

Dix-huit ans après sa disparition, la mémoire du Rav Hillel Pevzner continue d’irriguer les institutions qu’il a fondées – un héritage que la communauté parisienne se retrouve, chaque année, pour honorer et transmettre.