Plus de 350 membres de la communauté, amis, soutiens, personnalités publiques et Chlou’him se sont réunis au Pasino Grand de Lyon pour honorer cinquante années de dévouement du Rav Chmouel Gurewitz et de son épouse. Envoyés par le Rabbi en 1976, ils ont bâti à partir de presque rien l’un des réseaux d’éducation juive les plus florissants de la région Auvergne–Rhône-Alpes. Point d’orgue inattendu de la soirée : l’annonce, le jour même, de l’obtention du permis de construire du nouveau campus Beth Menahem.
C’était une soirée que la communauté juive lyonnaise attendait depuis longtemps. Le lundi 29 juin (14 Tamouz), le Pasino Grand de Lyon a accueilli un gala d’exception réunissant plus de 350 convives venus saluer un demi-siècle de Chli’hout ininterrompue. L’événement rendait hommage au Rav Chmouel Gurewitz et à la Rabbanite Sarah Gurewitz, dépêchés par le Rabbi en 1976 pour établir et consolider la vie juive dans toute la région.
Derrière les discours et les tributs se dessinait une trajectoire remarquable : celle d’un couple arrivé sans structure ni réseau, qui allait patiemment tisser un maillage d’institutions éducatives et communautaires appelé à transformer durablement le visage du judaïsme dans le Rhône et au-delà. Cinq décennies plus tard, l’ampleur du chemin parcouru laissait l’assistance visiblement émue.
Une vision née d’une yé’hidout avec le Rabbi
Évoquant les premières années de sa mission, le Rav Chmouel Gurewitz a partagé un souvenir personnel, resté gravé en lui depuis une yé’hidout avec le Rabbi. Ces quelques mots, confiés dans l’intimité d’une audience, allaient devenir la boussole de toute une vie.
« Le Rabbi m’a dit une chose que je n’ai jamais oubliée : « Si j’étais à Lyon, je ferais tout mon possible pour qu’un enfant de plus, et encore un autre enfant, reçoive une éducation juive authentique. » (Noch a kind un noch a kind…) »
Cette formule — « encore un enfant, et encore un enfant » — a nourri sans relâche la mission de la famille Gurewitz. Elle s’est traduite, année après année, par la création d’écoles, de synagogues et de centres communautaires, jusqu’à faire de Lyon l’un des pôles majeurs du judaïsme francophone.
Un réseau qui rayonne sur toute la région
Aujourd’hui, la présence du Habad-Loubavitch à travers la région témoigne de cette persévérance. Elle compte quinze familles de Chlou’him, huit Beth Habad et l’école Beth Menahem, qui accueille désormais plus de 750 enfants. Devenue trop étroite pour répondre à la demande, l’institution se prépare à une expansion majeure.
Le futur campus prévoit de nouvelles salles de classe, un centre dédié à la petite enfance, un lycée pour garçons, des synagogues à la fois ashkénaze et séfarade, ainsi que des espaces réservés à la jeunesse et aux activités sportives. Un projet à la hauteur des ambitions d’une communauté en pleine croissance, qui a longtemps fonctionné dans des locaux devenus insuffisants.
L’annonce qui a fait basculer la soirée
Le moment le plus fort de la soirée est survenu lorsque le maître de cérémonie, le Rav Zalman Gurewitz — Rav de la synagogue séfarade Beth Menahem et fils du Rav et de la Rabbanite Gurewitz — a pris la parole pour une annonce inattendue. Ce jour-là même, après des années de préparation et d’attente, le permis de construire tant espéré du nouveau campus Beth Menahem venait enfin d’être accordé.
L’annonce a été accueillie par des applaudissements nourris et une émotion palpable, transformant la célébration en un jalon historique pour l’avenir de la vie juive à Lyon. Ce qui devait être une soirée anniversaire devenait, en un instant, la promesse concrète d’un nouveau chapitre.
Musique, tributs et transmission des générations
Le programme musical a réuni le chanteur israélien de renom Yichai Lapidot et le jeune prodige Bnaya Granot, dont les prestations ont apporté chaleur et inspiration à l’ensemble de la soirée. Entre deux morceaux, une série de vidéos et de témoignages retraçait l’extraordinaire parcours accompli, des premières années de Chli’hout jusqu’au réseau florissant d’institutions au service des Juifs de la région.
Le chapitre de Tehilim du Rabbi ainsi que celui de la Rabbanite ont été récités par des invités de marque, parmi lesquels le Grand-Rabbin Daniel Dahan, Grand-Rabbin de la région Auvergne–Rhône-Alpes, le Rav Yossef Y. Matusof, Chalia’h à Toulouse, et le Rav Chlomo Aouizerat, Chalia’h à Shanghai. Ce dernier et son épouse sont eux-mêmes d’anciens élèves de Beth Menahem — un rappel éloquent de la portée mondiale de l’institution.
L’un des temps forts de la soirée fut la projection d’une vidéo émouvante mettant à l’honneur plus de 65 Chlou’him et Chlou’hot répartis à travers le monde, tous formés dans les institutions Beth Menahem de Lyon avant d’aller fonder des communautés juives aux quatre coins de la planète. Une démonstration vivante de ce que signifie, concrètement, « encore un enfant, et encore un autre ».
Tourné vers l’avenir
Tout en célébrant les réalisations d’un demi-siècle, le gala regardait résolument vers demain. Il réaffirmait l’engagement du réseau grandissant de Chlou’him de Lyon à poursuivre la vision du Rabbi : atteindre « un enfant de plus, et encore un autre » avec la Torah, un judaïsme authentique et un foyer juif chaleureux ouvert à chaque Juif.
De la première année de Chli’hout au réseau d’institutions qui rayonne aujourd’hui sur toute une région, la trajectoire du Rav et de la Rabbanite Gurewitz illustre une fidélité rare à une consigne reçue voici cinquante ans. Et si l’émotion dominait au Pasino Grand, c’est parce que chacun mesurait qu’un tel héritage ne se transmet pas seulement en souvenirs, mais en écoles, en synagogues et en vies changées.
Cinquante ans après une simple phrase murmurée en yé’hidout, Lyon continue d’écrire, enfant après enfant, l’histoire d’une promesse tenue.















































