Les émissaires du Rabbi aux Pays-Bas se sont retrouvés pour une journée d’étude approfondie consacrée à la Halakha appliquée, au cœur des défis quotidiens de la Chli’hout. Sous la direction du Dayan Rav Haïm Hillel Raskin, venu spécialement de Terre Sainte, les Chlou’him ont exploré des sujets aussi concrets que les lois de Chabbat, les Érouvin et les règles du Yi’houd. La visite surprise du Rav Mendel Kotlarsky, directeur du Congrès mondial des Chlou’him, a couronné cette initiative saluée comme un modèle pour les réseaux de Chlou’him à travers le monde.
C’est une image qui en dit long sur la vitalité du réseau Habad-Loubavitch aux Pays-Bas : des dizaines de Chlou’him, venus des quatre coins du pays, réunis autour des textes, du Talmud aux décisionnaires, pour trancher des questions qui se posent à eux chaque semaine sur le terrain. Cette journée d’étude en « Halakha lemaassé » — la loi juive dans son application pratique — a été entièrement pensée autour des réalités du travail de Chli’hout.
Trois grandes thématiques ont structuré la journée : les lois relatives à la demande adressée à un non-juif pendant Chabbat (« Amira Lenokhri »), une problématique récurrente dans les Beth Habad qui accueillent un large public le jour saint ; l’approche spécifique de l’Admour Hazaken, Rabbi Chnéor Zalman de Lyadi, auteur du Choul’han Aroukh HaRav, concernant les Érouvé ‘Hatsérot, qui permettent de porter d’un domaine à l’autre pendant Chabbat ; et enfin les lois du Yi’houd — l’interdiction de l’isolement entre un homme et une femme — appliquées au cas si fréquent des visites aux personnes âgées, une activité centrale de nombreux Chlou’him.
Un Dayan venu spécialement de Terre Sainte
La journée d’étude a été dirigée par le Dayan Rav Haïm Hillel Raskin, Rav de la communauté Habad du centre de Péta’h Tikva, juge au tribunal rabbinique Habad en Terre Sainte et directeur d’un Kollel destiné aux Chlou’him, opérant sous l’égide du Merkos L’Inyonei Chinuch, le bras éducatif du mouvement Habad-Loubavitch. Le Rav Raskin a fait spécialement le déplacement depuis la Terre Sainte pour guider les Chlou’him dans un apprentissage rigoureux, remontant des sources talmudiques jusqu’à la décision halakhique concrète.
Cette méthode — partir des fondements pour aboutir à la pratique — a permis aux participants de ne pas se contenter de réponses toutes faites, mais de comprendre en profondeur la logique des décisionnaires, et notamment celle de l’Admour Hazaken, dont les Chlou’him suivent les décisions halakhiques.
Invité d’honneur de la journée, le Rav Menahem Hadad, Chalia’h et Grand Rabbin de Bruxelles, a partagé avec les Chlou’him sa vaste expertise dans le domaine de la cacherout. Fort de décennies d’expérience à la tête d’une des grandes communautés d’Europe occidentale, il a offert des perspectives éminemment pratiques pour l’action quotidienne des émissaires : supervision alimentaire, cachérisation de cuisines, accompagnement des familles dans leur progression religieuse.

La visite providentielle du Rav Mendel Kotlarsky
Par Providence divine, le Rav Mendel Kotlarsky, directeur du Kinous Hachlou’him — le Congrès mondial des émissaires du Rabbi qui réunit chaque année des milliers de Chlou’him à New York — se trouvait justement dans la ville au moment de l’événement. Il a tenu à adresser aux participants des paroles de bénédiction chaleureuses, saluant cette initiative bénie de Chlou’him qui se réunissent pour étudier la Halakha dans sa dimension pratique.
Dans son intervention, le Rav Kotlarsky a rapporté un enseignement de son père, le regretté Rav Moshé Kotlarsky, qui fut pendant des décennies la figure paternelle des Chlou’him du monde entier : l’importance pour chaque émissaire d’être un véritable érudit, capable d’étudier « aliba dehil’heta » — en vue de la conclusion halakhique. Car la responsabilité d’un Chalia’h, a-t-il souligné, est de savoir trancher et guider concrètement les membres de sa communauté, avec compétence et assurance.
Habad aux Pays-Bas : un réseau en pleine expansion
Cette journée d’étude, organisée par les Chlou’him eux-mêmes sous les auspices de Habad Nederland – Centre, illustre la maturité d’un réseau qui n’a cessé de croître. Les Pays-Bas comptent aujourd’hui environ 43 000 Juifs sur une population de quelque 18 millions d’habitants, et plus de 30 couples de Chlou’him y animent une quinzaine de Beth Habad répartis à travers le pays, d’Amsterdam à La Haye, en passant par Rotterdam, Utrecht, Almere ou Maastricht.
L’histoire du judaïsme néerlandais porte les cicatrices de la Shoah : la communauté comptait environ 140 000 âmes avant la guerre, et près de 100 000 Juifs de Hollande furent assassinés. Le lien de Habad avec ce pays remonte précisément à cette période tragique : au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le précédent Rabbi, Rabbi Yossef Its’hak Schneersohn, œuvra au sauvetage des enfants juifs cachés pendant la guerre dans des familles non-juives de Hollande, afin de les restituer à des foyers juifs.
Aujourd’hui, les Beth Habad néerlandais offrent une infrastructure juive complète : offices de Chabbat et des fêtes, cours de Torah, Talmud Torah pour les enfants, vérification de Tefilines et de Mezouzot, repas cachères pour les résidents comme pour les nombreux voyageurs israéliens de passage à Amsterdam. Des initiatives comme cette journée d’étude halakhique témoignent d’une nouvelle étape : au-delà de l’action de terrain, les Chlou’him investissent dans leur propre élévation en Torah, conformément à la volonté du Rabbi que chaque émissaire soit à la fois un homme d’action et un érudit.
Puisse cette union autour de la Torah et de la Halakha hâter la venue de Machia’h et la Rédemption véritable et complète !
















