Chenoch Hendel Lieberman (29 mars 1900 – 15 mars 1976), né Chenoch Hendel Futerfas, était un Hassid Loubavitch d’origine russe. Il était le frère du célèbre Mashpia Menahem Mendel Futerfass. Lieberman était connu dans la communauté Loubavitch sous le nom de Feter Hendel (« Oncle Hendel »).

Hendel est né à Pleshchenitsy, en Biélorussie (alors partie de l’Empire russe) sous le nom de Chenoch Hendel Futerfas. En 1925, il épousa Breina Freidman, avec qui il eut deux filles. Breina et les deux filles ont été tuées par les nazis en 1941, à Brahin, en Biélorussie, alors qu’Hendel servait dans l’armée rouge.

En 1946, Hendel quitta l’URSS en utilisant de faux papiers polonais; craignant que le KGB ne le retrouve, il a changé son nom de famille en Lieberman. Après de courts séjours à Paris et à Londres, en 1951, il s’installe à Brooklyn, New York, où il devient un hassid dévoué, disciple du Rabbi Menachem Mendel Schneerson, le septième Rabbi de Loubavitch.

L’art de Hendel Lieberman est connu pour sa représentation de la vie et des coutumes juives et hassidiques. Ses peintures sont exposées dans un certain nombre de musées, dont le Metropolitan Museum of Art de New York, la Tate Gallery de Londres et les musées de Paris.

 

Voici une lettre que le Rabbi lui a adressée le 14 Adar Chéni 5711, 1951. (Traduite par le Rav Haim Mellul)

Vous savez, j’en suis sûr, que la grandeur d’un spécialiste du graphisme, du dessin ou de la peinture réside dans sa capacité de se détacher de l’aspect extérieur de l’objet qu’il décrit.

Cet artiste doit être en mesure d’avoir une réflexion approfondie sur le contenu profond de cet objet, au-delà de son apparence extérieure, d’en observer la perspective profonde et la nature.

Puis, il doit être capable d’exprimer la nature profonde de cet objet dans son dessin, de sorte que quiconque regarde son œuvre obtienne la révélation de cette nature, y compris quand il ne l’avait jamais vu dans l’objet lui-même, en lequel elle était dissimulée par l’aspect extérieur, sans vitalité.

L’artiste révèle, par sa création, la nature et l’existence de son sujet. L’observateur qui regarde le résultat voit désormais l’objet sous une lumière totalement différente et il prend conscience que la vision qu’il en avait au préalable était erronée.

Ce qui vient d’être dit décrit, d’une manière très précise, l’un des principes fondamentaux du service du Créateur. L’ensemble de la création émane de la Parole de D.ieu, qui conduit la matière à l’existence et la maintient, à chaque instant, d’une manière renouvelée.

Cependant, la Force divine contracte et occulte la Présence du Créateur. De ce fait, l’homme ne voit que l’apparence extérieure du monde matériel. Le service de D.ieu est basé sur la foi pure selon laquelle : « il n’est rien d’autre que Lui ».

Pour cela, chacun d’entre nous doit faire un véritable effort afin d’observer concrètement la nature divine de chaque objet, dans notre existence et d’ôter, dans toute la mesure du possible, le masque extérieur et matériel, qui empêche de voir l’intériorité divine.

C’est précisément là la finalité de la création de l’homme. Il est bien évident que chacun doit faire en sorte d’empêcher que les éléments « extérieurs » et superficiels de son existence dissimulent sa propre nature, en tant qu’homme et le haut objectif, la finalité de sa création. Les difficultés, les obstacles, les épreuves de la vie constituent la voie sur laquelle nous atteignons cet objectif élevé.

L’âme peut ainsi atteindre la haute élévation qui était la sienne avant sa descente dans un corps, car : « l’âme que Tu m’as donnée est pure ». Le but de la vie est le retour de l’âme vers son niveau initial de pureté et même l’élévation vers un stade encore plus haut, car : «un moment de Techouva et de bonnes actions dans ce monde est meilleur que tout le monde futur».

Vous pouvez déduire de tout ce qui vient d’être dit que toutes les épreuves de la vie, toutes les tragédies et les difficultés nous permettent, en fait, de nous rapprocher de ce qui est notre but, de la raison de notre existence. Elles sont partie intégrante du Dessein divin, constitué d’efforts et de peine, qui nous permettent, à nous autres, êtres mortels et limités, d’obtenir la forme la plus haute de récompense, le bien le plus élevé, qui ne peut résulter que d’une attention et d’une concentration significatives.

Il en résulte qu’un homme ne peut pas permettre aux épreuves et aux difficultés de sa vie, ni même aux échecs qu’il peut essuyer de temps à autre, de prendre le dessus sur la double joie du fait que nous sommes les enfants de D.ieu, «Mon fils aîné, Israël», d’une part, de l’assurance selon laquelle : «tout Ton peuple est constitué de Tsaddikim», d’autre part.

 

 

 

 

 

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