En cette veille du 123e anniversaire du Rabbi de Loubavitch, le producteur hassidique Mendy Lipsker surprend son entourage avec une annonce inattendue : il part en mission ! Sa destination : la ville de Larnaca à Chypre, un lieu fréquenté par de nombreux touristes israéliens et juifs, sous la direction du Rav Arié Zeev Raskin, émissaire principal de Chypre.
Dans un entretien exclusif accordé à COL, Mendy explique les raisons de cette décision et révèle que « cette aspiration a toujours été présente ». Il dévoile également une partie de ses projets futurs, offrant ainsi une source d’inspiration pour d’autres membres de la communauté Habad qui pourraient envisager un parcours similaire.
De producteur réputé à émissaire dévoué
Connu pour son dynamisme dans la communauté Habad de Beitar et pour les nombreux événements qu’il a organisés, Mendy Lipsker n’est pas un simple producteur. Il est une figure respectée, un pilier de sa communauté qui a participé activement à toutes les initiatives communautaires, que ce soit au sein du comité de la communauté ou dans les projets de charité et de bienfaisance qui ont enrichi la communauté Habad de Beitar.
Lui et son épouse Esti ont choisi d’annoncer officiellement leur départ à une date symbolique : la veille du 11 Nissan, jour anniversaire du Rabbi. Ce choix de date n’est pas anodin et témoigne de leur profond attachement à l’héritage spirituel du Rabbi Menachem Mendel Schneerson, le septième Rabbi de la dynastie Loubavitch.
« Cette vocation a toujours été là ! En tant que hassid Habad ayant grandi dans une famille dédiée à la mission, cela a toujours fait partie de moi, » explique Mendy. Cette remarque souligne l’impact profond que l’éducation et les valeurs familiales ont eu sur sa décision, révélant que derrière le producteur dynamique se cachait toujours l’âme d’un émissaire.
Un sacrifice familial pour une cause plus grande
Mendy tient particulièrement à souligner l’engagement de son épouse : « Je voudrais mentionner le sacrifice de ma femme qui se dévoue pleinement à ce projet et renonce tout autant que moi pour assurer notre réussite. Elle abandonne également une carrière prometteuse dans une institution municipale respectable, sans parler du confort et de la vie sociale… »
Cette reconnaissance du sacrifice commun illustre bien la nature profondément familiale de la mission hassidique. Dans la tradition Habad, le couple d’émissaires (chlouchim) forme une unité indissociable où chacun joue un rôle essentiel dans la réussite de la mission. Esti Lipsker ne suit pas simplement son mari; elle embrasse pleinement cette vocation et y apporte ses propres compétences et dévouement.
Larnaca : un terrain fertile pour le Beth Habad
« Au fil des années, plusieurs orientations ont été envisagées sans aboutir. Cette fois-ci, nous avons eu la chance de trouver un endroit merveilleux à Chypre, » raconte Mendy.
« Lorsque nous avons approché le Rav Arié Zeev Raskin, émissaire principal de Chypre, il a répondu avec enthousiasme et nous a parlé de la ville de Larnaca où aucune activité permanente et structurée de Habad n’avait encore été établie. Larnaca est une ville unique en son genre à Chypre, visitée chaque année par des dizaines de milliers de touristes juifs, israéliens et autres. De plus, des familles juives et israéliennes s’y installent et toutes ces personnes aspirent à avoir un Beth Habad, un lieu pour prier, étudier, observer le Shabbat, manger casher, etc. ! »
Ce témoignage met en lumière l’approche stratégique du mouvement Habad, qui cherche à établir des centres dans des lieux où il existe un besoin réel pour les services religieux et communautaires juifs. Larnaca représente une opportunité unique avec son mélange de touristes de passage et de résidents permanents, créant ainsi un besoin constant pour un centre juif actif tout au long de l’année.
Une fusion de compétences : la production au service de la mission
À la question de savoir s’il continuera à organiser des événements pendant sa mission, Mendy répond avec perspicacité : « La production est un mode de vie, pas simplement un travail. »
« L’opinion du Rav sur ce sujet est bien connue. Lorsque des juifs exerçant une profession particulière venaient le voir, le Rabbi leur demandait de ne pas abandonner les fondements de leur métier mais de les intégrer dans la sainteté. »
« Ouvrir un Beth Habad ‘à partir de zéro’ représente une production importante et significative. Je suis heureux de l’expérience que j’ai acquise dans la gestion de grands projets complexes et du privilège de pouvoir les orienter vers la sainteté et la mission ! »
Cette vision de l’intégration des compétences professionnelles dans le travail de mission est profondément ancrée dans la philosophie Habad. Le Rabbi encourageait ses émissaires à utiliser leurs talents naturels et leur expertise professionnelle comme des outils au service de leur mission. Dans le cas de Mendy, ses compétences en gestion de projet, en coordination et en relations publiques acquises comme producteur seront sans doute des atouts précieux pour établir et développer le nouveau Beth Habad.
Au-delà des barrières d’âge : une inspiration pour tous
Lorsqu’on lui demande s’il a un message pour les membres « ordinaires » de la communauté qui ne sont pas directement impliqués dans des missions, et si des personnes plus âgées (35-40 ans et plus) peuvent encore envisager un tel changement, Mendy est catégorique :
« Tout le monde peut le faire. Chacun possède des compétences qui peuvent convenir à une mission particulière. Notre devoir en tant que juifs dans ce monde est de prendre les dons que nous avons reçus de Dieu et de les canaliser pour faire du bien à un autre juif. »
« Je suis relativement jeune (certains diraient même que c’est un ‘âge avancé’ pour partir), mais avec les affaires que je laisse derrière moi et la vie confortable que nous abandonnons, on peut en tirer le message qu’il est toujours possible de partir en mission ! »
Ce message d’encouragement vise à briser les barrières psychologiques qui peuvent empêcher certains de considérer la mission comme une option viable. En soulignant que l’âge n’est pas un obstacle et que chacun possède des talents uniques qui peuvent être mis au service de la communauté juive, Mendy offre une perspective rafraîchissante sur l’accessibilité de la vie d’émissaire.
Un Beth Habad ambitieux pour Larnaca
En conclusion, Mendy Lipsker partage ses objectifs pour sa mission à Larnaca : « Par la grâce de Dieu, nous avons choisi un lieu qui requiert une activité sans fin. Notre objectif est d’établir un Beth Habad pour la satisfaction du Rabbi, qui comprendra, avec l’aide de Dieu, une grande et spacieuse synagogue, une salle vaste pour les repas du Shabbat et des fêtes, une cuisine importante et bien organisée pour préparer de la nourriture casher sept jours sur sept, ainsi que des activités tout au long de l’année, et bien plus encore… »
Ces projets ambitieux reflètent la vision holistique du Beth Habad moderne, conçu pour répondre à tous les besoins de la vie juive. Bien plus qu’une simple synagogue, le Beth Habad aspire à devenir un centre communautaire complet offrant des services religieux, éducatifs, sociaux et culturels. Cette approche intégrée est caractéristique de la philosophie Habad, qui voit chaque aspect de la vie comme une opportunité de connexion spirituelle.
L’impact local et global
L’établissement d’un nouveau Beth Habad à Larnaca aura des répercussions qui dépasseront les frontières de Chypre. Pour les touristes israéliens et juifs, ce sera un havre de paix et de spiritualité loin de chez eux. Pour les résidents juifs, ce sera un pilier de leur identité et un soutien pour leur pratique religieuse. Pour la communauté locale non-juive, ce sera une occasion de découvrir la richesse de la culture et des traditions juives.
De plus, dans la vision globale du mouvement Habad, chaque nouveau centre est une étape vers la réalisation de la mission universelle de préparer le monde pour l’ère messianique. Comme l’enseignait le Rabbi, chaque acte de bonté et chaque mitzvah accomplis grâce à un Beth Habad contribuent à illuminer le monde et à le rapprocher de sa perfection ultime.
Un modèle pour l’avenir
L’histoire de Mendy et Esti Lipsker représente un modèle inspirant pour l’avenir du mouvement Habad. Elle illustre comment des professionnels établis peuvent réorienter leur vie vers la mission, apportant avec eux des compétences précieuses acquises dans le monde séculier. Cette tendance pourrait enrichir le réseau mondial des émissaires Habad avec une diversité accrue de talents et d’expériences.
Alors que le Beth Habad de Larnaca n’en est qu’à ses débuts, il porte déjà en lui la promesse d’un impact profond et durable. Grâce à la détermination et à la vision de ses fondateurs, il est destiné à devenir un phare de lumière juive sur les rives de la Méditerranée, perpétuant ainsi l’héritage du Rabbi et sa mission universelle de diffusion de la Torah et des mitzvot.
Nous souhaitons à Mendy et Esti Lipsker beaucoup de succès dans cette nouvelle aventure, pour la satisfaction du Rabbi et pour le bien de tous ceux dont ils croiseront le chemin à Larnaca.
















