fr.chabad.org / par Nissan Mindel

Rabbi Judah ben Betsalel Levaï naquit en 5285 (1525), probablement à Posen. Encore très jeune il se fit un nom par son érudition talmudique. Il avait une vingtaine d’années lorsqu’il fut nommé Rabbin de Nikolsburg, en Moravie, situation qu’il devait occuper pendant une vingtaine d’années. Toutefois, il doit l’apogée de sa célébrité au titre de chef spirituel de la communauté juive de Prague, alors centre principal du Judaïsme en Europe orientale. Dans cette ville, le Maharal établit la grande académie talmudique connue sous le nom de Klaus. (Le bâtiment historique de cette académie fut ravagé par un incendie quatre-vingts ans après sa mort, mais fut reconstruit plus tard et appelé la Synagogue de Klaus).

Parmi ses élèves étaient Rabbi Yom Tov Lippmann Heller et Rabbi David Ganz qui devinrent les plus grands talmudistes de leur siècle. Le Maharal faisait l’admiration de ses contemporains, tels Rabbi Salomon Louria (Maharshal), Rabbi Méir (Mahram) et d’autres encore, qui l’appelaient affectueusement « Pilier de fer, support d’Israël », ou « Notre souffle de vie » ou encore « La merveille de notre époque ».

Par ses grandes connaissances en mathématiques, astronomie et des sciences presque perdues aujourd’hui, Rabbi Judah ben Betsalel Levaï s’était aussi fait un nom parmi les non-juifs. Il était un ami intime des astronomes Tycho Brahe et Johannes Kepler. Ces deux savants le présentèrent un jour à l’empereur Rodolphe II. On raconte que l’empereur vint souvent en visite chez le rabbin pendant la nuit afin de discuter avec lui politique et sciences et que Rabbi Judah Levaï profita de ses hautes relations pour protéger la communauté juive chaque fois qu’elle était en danger.

Ce grand érudit écrivit de nombreux ouvrages traitant de sujets rabbiniques, dont un des plus importants s’appelle « Gour Aryeh ». C’est un commentaire sur l’interprétation biblique de Rachi. Quelques-uns de ses meilleurs livres traitent du Moussar ou de l’éthique. Dans ses conférences et dans ses écrits, il ne cessait de souligner l’importance de l’interprétation littérale des Écritures, condamnant la méthode sophistiquée connue sous le nom de Pilpoul. À son avis les enfants devraient d’abord acquérir de solides connaissances de la Bible et de la Michnah avant de s’aventurer dans l’étude du Talmud. Tous ses écrits, et plus particulièrement ses commentaires sur Pirkei Avoth ainsi que la collection de ses conférences, comme Netsa’h Israël (« L’éternel Israël »), Netivoth Olam (« Les voies du monde »), reflètent une image du saint caractère de cet homme.

Tout laisse supposer que le Maharal de Prague était également un génie kabbalistique, car la légende ne cesse de mentionner ses connaissances de la Création divine et des secrets de D.ieu. Il était connu comme le plus grand thaumaturge.

L’histoire la plus célèbre est celle du Golem. Ce fut la création d’un homme que ce rabbin façonna d’argile et à qui il donna vie en prononçant le nom de D.ieu. Grâce au Golem le Maharal put empêcher de nombreuses calamités de fondre sur les Juifs et réduire à néant les fausses accusations portées contre ses coreligionnaires. À la veille de chaque Chabbat, Rabbi Judah enlevait du Golem l’amulette sacrée sur laquelle était inscrit le nom de D.ieu, pour ne pas profaner le Chabbat. Lorsque le Golem eut accompli sa mission, le Maharal le cacha dans le grenier de la synagogue de Prague. Plusieurs années plus tard, la cité de Prague fit ériger devant l’Hôtel de Ville un monument, exécuté par un de ses meilleurs sculpteurs, en souvenir de son grand citoyen.

Peu sont les grands hommes de notre histoire juive autour desquels se sont tramées tant de légendes. Le Maharal avait le renom de posséder des forces illimitées.

Il existe une légende qui veut que le Maharal ait montré à l’empereur par une sorte de vision le château de plaisance que celui-ci possédait loin de la capitale. Une autre légende raconte que le Maharal avait fait apparaître les esprits des douze fils de Jacob en présence de l’empereur.

Pour nous, le côté le plus important de la personnalité du Maharal réside moins dans ses pouvoirs surnaturels que d’apprécier l’homme qui, dans de sombres heures de l’histoire juive, a tant fait pour ses frères dont il était le chef spirituel et le porte-parole. Pour nous, il est celui qui nous a légué une richesse extraordinaire de pensée juive et d’enseignements moraux. Nous le vénérons surtout pour la lumière qu’il a apportée aux étudiants de la Torah et pour la source d’inspiration et de foi contenue dans ses écrits éthiques.

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