Au cœur du Kazakhstan, sur la terre sainte où repose Rav Levi Its’hak Schneerson, père du Rabbi, un nouveau Mikvé Tahara est en cours de construction au sein du complexe Habad central d’Alma-Ata, dédié à la mémoire de la Rebbetzin Chana. Les fondations ont déjà été coulées pour cet ouvrage qui, avec l’aide de D.ieu, servira de source de Tahara, de Keducha et de continuité pour la communauté juive locale et toute la région environnante. Ce projet s’inscrit dans la longue et remarquable histoire du renouveau juif au Kazakhstan, portée depuis trente ans par les émissaires de Habad-Loubavitch.

 

 

Alma-Ata, terre d’exil et de sainteté

Alma-Ata — aujourd’hui connue sous le nom d’Almaty — occupe une place unique dans l’histoire du mouvement Habad. C’est dans cette ville que Rav Levi Its’hak Schneerson, grand Rav et kabbaliste, père du Rabbi de Loubavitch, fut contraint de s’établir après des années d’exil imposées par le régime soviétique. Arrêté en 1939 par la police secrète soviétique pour le « crime » d’avoir maintenu vivant l’observance de la Torah, il fut d’abord banni dans le village reculé de Chi’ili, en pleine steppe kazakhe, avant d’obtenir, dans les derniers mois de sa vie, l’autorisation de rejoindre la capitale. C’est là qu’il s’éteignit à l’été 1944 (5704), à l’âge de 66 ans, et qu’il fut inhumé.

Sa tombe, déclarée site du patrimoine national par le gouvernement kazakhstanais en 2020, est aujourd’hui un lieu de pèlerinage pour des milliers de Juifs du monde entier. Chaque année, à la date du 20 Av — anniversaire de sa Hilloula — des centaines de fidèles venus des États-Unis, d’Israël, de France, d’Argentine, d’Australie et d’ailleurs se rassemblent à Almaty pour prier sur sa sépulture et participer aux Farbrenguen organisés en son honneur.

Habad au Kazakhstan : trente ans de renaissance juive

La présence organisée de Habad au Kazakhstan remonte à 1994, lorsque le Rav Its’haya Cohen s’y est établi en tant que Chalia’h du Rabbi. Depuis lors, la communauté n’a cessé de croître. Aujourd’hui, plus de douze couples d’émissaires œuvrent dans sept villes du pays, desservant une population estimée à environ 30 000 Juifs. Le Rav Its’haya Cohen en est le Grand Rabbin, tandis que son frère, le Rav Elh’anan Cohen, dirige le Beth Habad central d’Almaty.

Le Beth Habad d’Almaty, situé au 206e avenue Rayimbek, est le cœur de la vie communautaire : synagogue, cours de Torah, kollelim, commerce d’alimentation cacher — tout y est réuni. Une Yechiva portant le nom de Rav Levi Its’hak y dispense un enseignement approfondi de ses écrits mystiques, rédigés pour la plupart durant ses années d’exil en terre kazakhe.

Un Mikvé en mémoire de la Rebbetzin Chana

Le nouveau Mikvé Tahara en construction est dédié à la mémoire de la Rebbetzin Chana Schneerson, épouse de Rav Levi Its’hak, qui partagea courageusement l’exil de son mari en rejoignant volontairement le village de Chi’ili. Femme d’une force et d’une dignité exceptionnelles, elle devint, aux côtés de son mari, un phare d’espoir pour les nombreux réfugiés juifs que la Seconde Guerre mondiale avait dispersés dans la région. Malgré la misère matérielle et la menace permanente, ils se consacrèrent à soutenir leurs frères, tant sur le plan matériel que spirituel.

La construction de ce Mikvé au sein même du complexe central de Habad à Almaty constitue bien plus qu’un projet architectural : c’est un acte de mémoire et de continuité. Il perpétue l’héritage de deux âmes héroïques qui, même dans les conditions les plus adverses, ne cessèrent jamais de transmettre la lumière de la Torah.

Un réseau en expansion continue

L’inauguration d’un Mikvé à Almaty s’inscrit dans une dynamique plus large. En juillet 2024 (5784), la ville de Chymkent, troisième agglomération du Kazakhstan, a inauguré son tout premier Mikvé, baptisé « Mikvé Mei Elazar ». Cet événement historique a réuni le Grand Rabbin Its’haya Cohen, le Rav Elh’anan Cohen ainsi que le Rav Mena’hem Chitrik, président de l’Alliance des Rabbanim dans les pays à majorité musulmane. La cérémonie a été saluée comme un symbole de coexistence pacifique dans une ville où, des décennies auparavant, les Chlou’him risquaient leur vie pour enseigner la Torah.

Au fil des années, les émissaires de Habad ont transformé ce qui était, dans les années 1990, un désert spirituel, en un réseau dynamique de communautés engagées. Les cours du soir, les services de viande cachère organisés grâce à des chlou’him spécialisés dans la ché’hita, les programmes éducatifs pour enfants et adultes — tout cela témoigne d’un travail considérable accompli dans l’esprit de la Mitsva d’Ahavat Israël.

La tombe de Rav Levi Its’hak : un lien vivant entre le Rabbi et le Kazakhstan

Pour les Chlou’him et la communauté locale, la présence de la sépulture de Rav Levi Its’hak est la source profonde de leur force et de leur vocation. « D.ieu a décidé que Rav Levi Its’hak serait inhumé ici, à Almaty, et cela nous donne une force particulière », confie un membre de la communauté. « Nous apprenons de ses disciples — les Rabbanim de Habad. Ils sont forts, et lui était le plus fort. »

Le gouvernement du Kazakhstan lui-même honore la mémoire du Tsaddik enterré sur son sol et témoigne d’un respect profond envers les Chlou’him, fils spirituels du Rabbi son fils. Cette reconnaissance officielle, rare en terre post-soviétique, témoigne de l’impact considérable qu’a eu — et que continue d’avoir — la présence de Habad au Kazakhstan. Le nouveau Mikvé d’Almaty, dédié à la Rebbetzin Chana, est un nouveau chapitre de cette histoire extraordinaire.