Malgré quatre ans de guerre, des coupures d’électricité de vingt heures par jour et des infrastructures dévastées, les Chlou’him de Habad en Ukraine se mobilisent avec une énergie sans faille pour apporter la joie de Pourim à chaque Juif. Des dizaines de milliers de colis de Michlo’akh Manot, des vivres humanitaires et du matériel énergétique sont acheminés aux quatre coins du pays. Une « Opération Pourim » d’une envergure inédite depuis le début du conflit.
Une opération d’une ampleur inégalée
Alors que l’Ukraine continue de lutter contre des infrastructures détruites, des pénuries alimentaires et un hiver particulièrement rigoureux, les Chlou’him préparent Pourim à l’ombre de quatre années d’une guerre sans répit.
Le réseau d’urgence de Habad Ukraine, le JRNU, lance une vaste « Opération Pourim », l’une des plus importantes depuis le début du conflit. L’objectif : distribuer 24 000 colis de Michlo’akh Manot dans 25 grandes villes et régions, ainsi que dans des centaines de villages isolés, certains encore privés d’infrastructures de base. Chaque colis contient des Hamantaschen confectionnés en Israël, des crécelles, des biscuits, des friandises et du jus de raisin.
Parallèlement, des milliers de colis alimentaires humanitaires — contenant volaille, produits laitiers, huile, sucre, jus naturels, condiments, pâtes, riz, sarrasin, flocons d’avoine, thé, café et bien d’autres denrées — sont destinés aux familles dans le besoin, dont beaucoup ont de jeunes enfants.
« Pourim, c’est la joie — mais d’abord, il faut qu’il y ait à manger »
« Il y a des familles qui n’arrivent plus à joindre les deux bouts depuis des années », confie un Chalia’h de Kiev. « Pourim est une fête de joie, mais il faut d’abord s’assurer qu’il y a de quoi manger. »
Dans les vastes entrepôts du JRNU, les bénévoles se relaient sans discontinuer. Les camions entrent et sortent, les chaînes d’emballage tournent à plein régime, et des milliers de cartons s’accumulent en attendant la distribution.
« On dirait une opération militaire », décrit le Rav Sim’ha Levenhartz, responsable du réseau d’urgence et de distribution de Habad à Kiev, « mais c’est une opération de bonté et de générosité. »
Cette année, en raison de la grave crise électrique, des groupes électrogènes, du carburant, des chauffages et des solutions énergétiques accompagnent les colis de Michlo’akh Manot et les vivres dans les communautés frappées par des pannes d’électricité récurrentes. « Il y a des endroits où les coupures de courant sont quotidiennes », souligne le Rav Levenhartz. « On ne peut pas vraiment fêter Pourim quand il fait froid chez soi. »
À Kryvyi Rih : trois heures d’électricité par jour
Les Chlou’him signalent une hausse marquée des demandes d’aide. « La situation économique est sombre, et la guerre a laissé des blessures qui ne sont pas encore cicatrisées », témoigne l’un d’eux. « Nous essayons d’atteindre tous les endroits, même les villages qui ne sont accessibles qu’en véhicule tout-terrain. »
À Kryvyi Rih, célébrer Pourim relève du défi. « Depuis des mois, les foyers ne disposent d’électricité que trois heures par jour », rapporte le Rav Liron Edrei, Rav de la communauté et Chalia’h local. « Cela signifie que les systèmes de chauffage sont également hors service par des températures hivernales glaciales. De surcroît, nous avons récemment subi des dégâts causés par des bombardements sur le Mikvé et notre centre communautaire, qui dessert les Juifs de la région. »
Malgré ces épreuves, les inscriptions aux événements de Pourim affichent complet et les préparatifs battent leur plein. « Plus de 200 personnes sont déjà inscrites pour le festin », précise le Rav Edrei. « Nous prions tous pour un renversement du sort, afin que tous les habitants retrouvent lumière et joie. »
À Tchernivtsi : vingt heures sans électricité, mais Pourim se fêtera
Le Chalia’h, le Rav Mena’hem Glitzenstein, Rav de Tchernivtsi, dépeint les conditions difficiles qui règnent dans sa ville : « Dehors, c’est sombre et froid, et l’électricité est coupée plus de vingt heures par jour. » C’est précisément dans ces moments-là, dit-il, que « notre rôle est d’apporter la joie aux Juifs de la ville ».
Il décrit les préparatifs d’un festin de Pourim pour des centaines de Juifs. « Au lieu de passer encore une journée dans un endroit froid et sombre, ils profiteront d’un banquet somptueux, comme des rois, dans un cadre chaleureux et accueillant. »
Il évoque également la distribution de centaines de colis de Michlo’akh Manot aux personnes âgées et à celles à mobilité réduite. « Des jeunes de la communauté livreront les colis directement à leur porte. Notre objectif est de faire en sorte que la joie de Pourim parvienne à chaque Juif. »















