Yonathan Arfi, nouveau Président du Crif, a participé à la Convention des émissaires du Beth Loubavitch dirigée par le Rav Mendel Azimov, se déroule au Beth Haya Mouchka ce dimanche 23 avril, 2 Iyar, jour anniversaire du Rabbi Maharach, Rabbi Chmouel Schneerson, et de l’arrivée à Paris du Rav Chmouel Azimov et de son épouse Bassie en 1968 juste après leur mariage.

Yonathan Arfi , 42 ans et père de quatre enfants, a été élu nouveau président du Conseil Représentatif des Institutions Juives de France (CRIF). Dirigeant d’un groupe de sociétés de conseil et d’immobilier, il est issu d’une famille séfarade traditionaliste d’Algérie et du Maroc.

Élevé dans les Yvelines, il a été scolarisé dans le public et a fait partie des Éclaireurs Israélites de France. Son grand-oncle, Alfred Nakache, nageur olympique rescapé d’Auschwitz, a été une figure inspirante pour lui.

Le tournant des années 2000 et la vague d’antisémitisme lors de la Seconde Intifada ont fait de lui un militant juif engagé contre l’antisémitisme. Il a présidé l’UEJF de 2003 à 2005, dénonçant notamment l’antisémitisme de Dieudonné et lançant le programme CoExist de lutte contre les préjugés racistes et antisémites en milieu scolaire.

Membre de l’assemblée générale du CRIF depuis 2001, il a intégré le Bureau Exécutif en 2007 et est devenu président de la commission des relations internationales. Vice-président du CRIF à partir de 2014, il a côtoyé les dirigeants politiques français et épaulé le président Francis Kalifat. Il a notamment eu la charge de la Convention du CRIF, événement annuel important pour la communauté juive et la société française.

En résumé, Yonathan Arfi, entrepreneur et militant associatif de longue date, incarne par son parcours un engagement fort pour le judaïsme français et la lutte contre l’antisémitisme, dans un esprit d’ouverture et de dialogue avec l’ensemble de la société.

 

Discours de Yonathan Arfi

Je retrouve ici beaucoup de visages amis parmi vous. A commencer bien sûr par Haïm Nisenbaum et Mendel Azimov, et puis mon cher Rav (Ezer Cohen, Chalia’h à Versailles)  si vous me permettez. C’est bien connu, chaque juif a son Chalia’h et le mien est formidable. Je veux saluer l’obstination qui a été la sienne à m’inculquer quelques valeurs de Torah, pas assez à son goût sans doute, ni même au mien, mais qui ont permis de faire grandir le Juif que je suis aussi et que je suis devenu.

Je voulais d’abord venir devant vous et puis m’avouer vaincu. Il y a quelques années, pour des raisons professionnelles, pour affaires, j’étais à l’autre bout du monde, à Kigali au Rwanda. Et me pensant alors aventurier, je me promenais dans la ville quand tout d’un coup je suis tombé sur le Beth Habad de Kigali, au Rwanda ! Et j’ai découvert que vous m’aviez devancé d’une année, puisqu’il avait ouvert un an avant que j’y démarre mes activités. Et j’ai donc dû m’avouer vaincu. Alors je viens aujourd’hui vous saluer aussi à ce titre.

Plus sérieusement, ce que je voulais vous dire, c’est que d’abord, le combat que mène le CRIF, il le mène aussi en votre nom. Il le mène au nom de tous les Juifs. Mais il le mène aussi, plus prosaïquement, au nom des institutions qu’il fédère. Et le Loubavitch est une des organisations membres du CRIF. Je veux saluer votre engagement au sein du CRIF, au côté de 80 autres organisations qui ont choisi de confier au CRIF leur représentation politique.

La représentation politique, c’est un bien grand mot. C’est une mission immense, surtout par les temps difficiles que nous traversons. Mais ça repose sur deux valeurs partagées qui sont fondamentalement des valeurs du monde Loubavitch, et du CRIF, et qui sont celles que nous retrouvons au CRIF.

La première de ces valeurs, c’est l’idée que ce n’est pas aux antisémites, ce n’est pas même aux non-Juifs de manière générale, de définir ce que doit être le judaïsme. Il y a dans le monde Loubavitch cette volonté, qui me parle, qui je dois dire contribue aussi à me construire, qui est de dire que la vérité de l’identité juive, elle se trouve d’abord chez les Juifs. Et que c’est à nous de la cultiver, de l’entretenir, de la partager. De la partager entre nous, de la partager aussi avec les générations futures. Parce que le judaïsme n’a que cette force-là dans l’histoire. C’est celle qui lui a permis de durer, qui fait qu’il durera toujours. Donc je voulais d’abord saluer cette valeur partagée.

Puis la deuxième valeur qui, je crois, est au cœur de votre engagement et au cœur de l’engagement du CRIF et de la communauté juive de France, c’est le refus du fatalisme. Le refus du défaitisme. Dans le judaïsme, c’est l’histoire de Pourim, c’est l’histoire de Hanoucca, c’est l’histoire de la Résistance juive, c’est même l’histoire de la Guerre des Six Jours si on veut le voir comme ça. Eh bien, même quand les temps sont difficiles, même quand on pourrait penser qu’on ne va pas arriver à financer ce nouveau Beth Habad, ou qu’on va avoir des difficultés à réaliser tel ou tel projet, on sait qu’il existe un chemin. Parce qu’il y a une volonté des hommes, il y a l’aide divine aussi pour ceux qui veulent y croire. Et dans le judaïsme, on sait qu’il ne faut jamais, jamais accepter le fatalisme. Parce que le peuple juif n’a pas d’autre choix que de croire en permanence qu’il a son destin entre ses mains. En faisant tout ce qu’il faut faire aussi pour que toutes les bonnes volontés nous accompagnent. Mais nous avons cette responsabilité-là. C’est celle que vous tenez au quotidien. C’est celle que nous tenons aussi au CRIF, au quotidien, sur le plan politique.

Et je voudrais dire un petit mot très rapide sur la situation. Vous l’avez dit très justement, cher Rav, aujourd’hui il y a eu un renversement des valeurs qui fait que l’État d’Israël, l’État du peuple juif, est présenté comme l’État génocidaire. Qui fait qu’on cherche à nous dire que l’antisémitisme qu’il y a aujourd’hui dans le monde entier serait la conséquence de la riposte militaire israélienne, donc quelque part serait la responsabilité d’Israël.

Or nous, nous savons que ce qui déclenche l’antisémitisme, c’est d’abord l’acte initial d’antisémitisme. D’abord les attaques du Hamas du 7 octobre, qui ont déclenché dans la foulée les passages à l’acte.

Il y a comme ça énormément de renversements auxquels, peut-être parce que nous avons l’œil plus affuté, l’esprit plus à l’écoute, eh bien nous sommes plus sensibles que d’autres. Quand les valeurs d’une société se renversent, la période que nous vivons n’est pas une période de révolution, c’est une période de révélation. C’est une période de clarification, où les masques tombent, où nos ennemis se dévoilent, où jour après jour nous découvrons qui sont nos alliés. Et il y en a, je ne veux jamais être trop sombre non plus. Nous avons des alliés dans la société française, et ils sont nombreux à partager nos combats. Mais nous avons aussi des ennemis qui se cachent de moins en moins, qui assument leur position.

Je ne veux pas leur faire trop d’honneur en parlant trop longtemps d’eux, parce que là encore notre responsabilité c’est de ne jamais s’arrêter à la parole de ceux qui nous en veulent dans l’histoire. Mais nous avons des ennemis. Et notre responsabilité c’est de tout faire pour qu’ils soient battus. Et ils le seront.

Voilà ce que je voulais vous dire en quelques mots. Pour le CRIF, un mot simplement aussi pour vous dire que nous avons en France des pouvoirs publics engagés sur nos sujets. Je sais que vous le constatez localement, dans les relations avec vos maires, avec vos préfets. C’est le cas aussi au niveau national. Nous avons eu il y a quelques jours un discours extrêmement poignant de Gabriel Attal, Premier ministre, au dîner du CRIF, rappelant son engagement personnel et institutionnel contre l’antisémitisme. Notre responsabilité, c’est évidemment d’amener nos gouvernants à comprendre que l’antisémitisme commence toujours avec les Juifs, ne s’arrête jamais à eux, et que l’antisémitisme est une menace, évidemment, pour l’ensemble de la société française.

Donc voilà ce que je voulais vous dire ce soir, en vous félicitant pour le travail que vous menez, qui, je le sais, va dans l’objectif de construire l’avenir le plus radieux possible pour le judaïsme français. Merci à vous. »

La Convention des émissaires du Beth Loubavitch dirigé par le Rav Mendel Azimov

La Convention des émissaires du Beth Loubavitch est un événement annuel qui réunit des émissaires (Chlou’him) et des membres de la communauté juive pour célébrer et discuter des réussites et des défis auxquels le mouvement Loubavitch est confronté. Cette convention est un moment important pour la communauté juive, en particulier à Paris et dans ses environs, car elle met en lumière les nombreuses réalisations du mouvement et renforce les liens entre les émissaires et les communautés qu’ils servent.

Le Rav Mendel Azimov et son frère, le Rav Lévi Azimov, sont des figures importantes du Beth Loubavitch en France. Inspirés par l’exemple de leurs parents, ils travaillent inlassablement pour soutenir et développer la vie juive en France.

Le Beth Loubavitch, dans sa mission globale, vise également à préparer le monde à la venue imminente du Machia’h, annoncé par les prophéties bibliques. Les émissaires du Beth Loubavitch travaillent sans relâche pour propager les enseignements de la Torah et promouvoir l’observance des Mitsvot  afin de créer un monde plus juste, plus aimant et plus spirituel, propice à l’avènement du Machia’h. La Convention des émissaires sert également de plateforme pour renouveler cet engagement et insuffler une énergie nouvelle à cette mission essentielle.

La Convention des émissaires du Beth Loubavitch se déroule au Beth Haya Mouchka dans la période du 2 Iyar, jour anniversaire du Rabbi Maharach, Rabbi Chmouel Schneerson, et de l’arrivée à Paris du Rav Chmouel Azimov et de son épouse Bassie en 1968 juste après leur mariage.

Depuis l’arrivée à Paris du Rav Chmouel Azimov et de son épouse Bassie en 1968 juste après leur mariage, la diffusion du judaïsme a connu une croissance exponentielle à Paris et ses environs, où vivent environ 350 000 Juifs.

La convention annuelle des émissaire du Beth Loubavitch, dirigé aujourd’hui par leur fils Rav Mendel Azimov, est une occasion de développer les réalisations et de renforcer les liens entre les émissaires et les communautés qu’ils servent.

Elève de 17 ans à la Yéchiva de Brunoy, le jeune Chmouel (Moulé) commençait déjà son action auprès de la jeunesse.

Photo : Moulé lors de sa Bar Mitsva (1958).
Âgé de seulement 17 ans et étudiant à la prestigieuse Yéchiva de Brunoy, le jeune Chmouel, surnommé affectueusement « Moulé », avait déjà commencé à s’impliquer activement auprès de la jeunesse. Sa passion et son dévouement pour l’éducation et l’encadrement des jeunes étaient clairement visibles, et il ne manquait jamais une occasion d’inspirer et de motiver ses pairs. Moulé s’était donné pour mission de contribuer au développement personnel et spirituel des jeunes de sa communauté, les guidant vers un avenir meilleur et plus éclairé. Il jouait un rôle essentiel dans l’intégration et l’éducation des nouveaux étudiants parisiens au sein de la Yechiva, les familiarisant rapidement avec la vie hassidique et un judaïsme intransigeant.

Sa maturité légendaire, sa capacité à prendre des décisions réfléchies et équilibrées, à gérer ses émotions et à faire preuve de compréhension et d’empathie envers les autres, lui a sans doute valu le respect et l’admiration de son entourage, faisant d’elle un modèle à suivre pour beaucoup.

En s’investissant corps et âme dans cette mission, il a créé un lien profond avec ces jeunes et les a aidés à trouver un sens et un équilibre dans leur vie. Son engagement et sa passion pour le bien-être spirituel des autres montrent son niveau de maturité et son altruisme, ce qui en fait une source d’inspiration pour beaucoup. Il leur fournissait du lait sous surveillance stricte, garantissant ainsi une cacherout irréprochable. Son dévouement allait au-delà de la simple assistance matérielle, puisqu’il se consacrait également à l’enseignement de la Hassidout.

Il captivait les étudiants de la rue Guy Patin par ses cours sur le Tanya, un texte fondamental de la pensée hassidique. Grâce à son engagement et à son dévouement, il contribuait à l’épanouissement spirituel de ses pairs et à la transmission des valeurs du judaïsme hassidique aux nouvelles générations.

Le Rav E. Marasow raconte le récit de la bénédiction du Rabbi au Rav Chmouel Azimov "Hatsala'ha Lemaala Min Hamechouar" - hassidout.orgMoulé se marie en 1968 avec Bassie Chemtov. Sur les conseils du Rabbi, ils s’installent à Paris, malgré les craintes familiales de Bassie concernant la ville. Ils arrivent juste avant les célèbres émeutes estudiantines de Mai 68. Moulé et Bassie étaient prêts à fournir des réponses aux jeunes juifs en quête d’absolu durant cette période troublée. C’est à ce moment que le « Groupe » est né, formant le premier noyau de jeunes hommes et femmes qui, par la suite, répondraient à la volonté du Rabbi en devenant eux-mêmes des émissaires.

Histoire du Beth Loubavitch en France

En 1972, le Rav Azimov et son épouse ouvrent le premier Beth Loubavitch au 8 rue Lamartine, dans le 9ème arrondissement de Paris. Au fil des ans, des centres Loubavitch ouvrent dans tous les arrondissements de Paris et en banlieue. La France accueille l’une des plus grandes communautés juives de diaspora, et la vie juive à Paris est en plein essor.

Les réalisations du Rav Azimov et de son épouse

Le Rav Azimov et son épouse Bassie ont clairement joué un rôle déterminant dans le renforcement et le développement de la vie communautaire juive grâce à leur vision hassidique et leur dévouement. En investissant dans divers aspects de la communauté, comme les centres Loubavitch, les écoles et les Chlouhim, ils ont contribué à créer une infrastructure solide pour soutenir la croissance et la vitalité de la communauté juive.

Leur travail acharné et leur capacité à collaborer avec d’autres organisations communautaires et les autorités municipales montrent leur engagement à unir les forces pour le bien commun. Cette approche a permis de bâtir une communauté juive florissante qui offre éducation, soutien spirituel et opportunités de croissance à ses membres.

La formation des émissaires et la relation maître/élève

Il est remarquable de constater que les 200 Chlouhim dirigeant les centres Habad de Paris aujourd’hui sont issus des milliers d’élèves de Rav Azimov et de son épouse. Cela démontre l’impact profond et durable de leur enseignement et de leur dévouement envers leurs élèves. En établissant des liens solides et inspirants, le Rav Azimov et son épouse ont réussi à transmettre les valeurs et les principes du hassidisme Habad-Loubavitch à une nouvelle génération.

Leur héritage se perpétue à travers ces élèves devenus Chlouhim, qui dirigent aujourd’hui les centres Habad et continuent de propager les enseignements et la vision du Rabbi de Loubavitch. Cette réalisation témoigne du pouvoir de l’éducation et de l’engagement à long terme pour créer une communauté forte, unie et engagée dans la préservation et la transmission de son héritage spirituel et culturel.

Les réalisations du Beth Loubavitch en chiffres

Le Beth Loubavitch est un véritable pilier de la communauté juive en France, et ses réalisations sont impressionnantes. Avec le plus grand complexe scolaire d’Europe, le Beth Haya Mouchka, il offre une éducation juive de qualité à des milliers d’enfants et de jeunes adultes. Les 200 délégués et 100 centres communautaires permettent de répondre aux besoins spirituels et sociaux de la communauté, renforçant ainsi les liens entre ses membres.

La distribution de 35 000 exemplaires de la Sidra de la Semaine et de 200 000 guides pour chacune des grandes fêtes juives témoigne de leur engagement à diffuser la connaissance et la compréhension des traditions et des enseignements juifs. Les 40 centres aérés Gan Israël offrent aux enfants des activités éducatives et récréatives dans un environnement juif, tandis que les centres dédiés aux étudiants fournissent un soutien aux jeunes adultes pour approfondir leur identité et leur engagement juifs.

Voici quelques-unes des activités et des services qu’il offre:

  • Un réseau scolaire pour 2500 élèves
  • 400 berceaux de crèche
  • 30 centres de Talmud Torah
  • 1500 cours hebdomadaires pour 25 000 participants
  • 2 séminaires d’études européens
  • 100 000 Michloa’h Manot distribués et 2500 lectures de la Méguila à Pourim
  • 50 000 kits distribués pour ‘Hanouccah
  • Des éditions de livres et de ressources éducatives
  • Des visites aux malades et aux communautés isolées
  • Des aides aux familles en difficulté
  • Des clubs pour le troisième âge
  • Des Chabbats pleins pour étudiants et lycéens

Implication dans l’action sociale et soutien aux communautés

Le Beth Loubavitch a pour mission de soutenir les communautés juives, tant sur le plan spirituel que matériel. Les visites aux malades et aux communautés isolées témoignent de cet engagement, tout comme les aides aux familles en difficulté. Les clubs pour le troisième âge offrent un soutien et un espace de rencontre aux seniors, tandis que les Chabbats pleins pour étudiants et lycéens permettent de créer des liens entre les jeunes et de renforcer leur identité juive.