Des photographies jusqu’alors inconnues, prises lors d’un Farbrenguen tenu en 5737 (1976) dans la Souccah du 770, viennent d’être retrouvées et sont dévoilées pour la première fois sur Anash.org. Ce rassemblement hors du commun fut entièrement conçu par le Rabbi et consacré exclusivement aux enfants du programme « Released Time » des écoles publiques de New York. Chaque détail, du choix des Niggounim jusqu’à la distribution du Kos Chel Bra’ha, avait été pensé et ordonné à l’avance par le Rabbi lui-même.
De nouvelles photographies du Rabbi, immortalisant un rassemblement inoubliable du programme « Released Time » dans la Souccah du 770, ont été découvertes et sont aujourd’hui rendues publiques pour la toute première fois sur Anash.org.
Un événement unique en son genre
Ce rassemblement, tenu le 19 Tichri 5737 (1976), fut un événement véritablement exceptionnel, entièrement dédié aux enfants qui participaient au programme « Released Time » au sein des écoles publiques de New York.
Il demeure dans les mémoires comme le seul Farbrenguen que le Rabbi tint dans la Souccah depuis 5730 (1969), et il fut accompagné de nombreux gilouyim remarquables, parmi lesquels le Rabbi se lavant les mains pour le pain et distribuant le Kos Chel Bra’ha.
L’ensemble du programme avait été orchestré par le Rabbi en personne, qui ordonna qu’il se déroule dans la Souccah et rédigea lui-même, à l’avance, l’ordre exact de la cérémonie. Cela comprenait jusqu’aux moindres détails : quels Niggounim seraient chantés et à quel instant, ce qui serait distribué, à quel moment les garçons et les filles arriveraient, et qui serait présent.
Le Rabbi précisa également que seules les personnes expressément désignées devaient assister à l’événement, sans aucune exception.

Une idée née le deuxième jour de Souccot
L’idée de ce Farbrenguen spécial pour les enfants vit le jour le deuxième jour de Souccot 5737 (1976), lorsque le Rabbi convoqua le Rav JJ Hecht et l’informa de son intention de tenir un Farbrenguen pour les enfants dans la Souccah. Le Rabbi annonça qu’il se laverait les mains pour le pain et distribuerait le Kos Chel Bra’ha. La nouvelle se répandit rapidement et fut accueillie avec un immense enthousiasme parmi les ‘Hassidim.
L’entrée des enfants dans la Souccah
Le 19 Tichri, à l’issue de la prière de Min’ha, les enfants du programme « Released Time » furent conduits dans la Souccah. Conformément aux instructions du Rabbi, les garçons entrèrent les premiers, tandis que les filles et leurs accompagnatrices observaient depuis la petite synagogue voisine.
À seize heures quinze, le Rabbi pénétra dans la Souccah, prit place à la table, se lava les mains pour le Hamotsi et donna le coup d’envoi du Farbrenguen. Les Ba’hourim distribuèrent le Lékè’h préparé à l’avance, tandis que les enfants récitaient ensemble, à voix haute, la bénédiction de Mezonot. Des fruits et des boissons furent ensuite distribués, et les enfants prononçaient chaque bénédiction appropriée à haute voix.

Le déroulement du Farbrenguen
Tout au long du Farbrenguen, le Rabbi encouragea chaleureusement les enfants, lançant un « le’haïm » à ceux qui buvaient un soda. On entonna le Niggoun Ata Ve’hartanou, après quoi le Rabbi prononça une courte Si’ha que le Rav Hecht traduisit en anglais à l’intention des enfants.
Les Douze Pessoukim furent alors récités, le Rabbi répétant chaque mot avec les enfants. À la suite du Niggoun Outsou Étsa, le Rabbi prit de nouveau la parole, le Rav Hecht traduisant la Si’ha comme précédemment.

Le chant comme fondement de l’identité juive
La Si’ha s’ouvrit sur un nigoun — un chant hassidique — que le Rabbi invita l’assemblée à entonner ensemble. Ce geste inaugural n’était pas anodin : « Vous avez été choisis parmi tous les peuples », dit-il, évoquant la singularité d’Israël parmi les nations. Lorsqu’un enfant grandit dans un environnement peu favorable et qu’il parvient malgré tout à s’en affranchir, c’est le signe le plus éloquent de son élection. L’amour de D.ieu pour Israël — « Il nous a aimés » — se manifeste précisément dans cette capacité à transcender les circonstances extérieures, à s’élever au-dessus de son environnement immédiat.
Le chant exprime cette réalité de façon immédiate et tangible. Il unit l’individu à sa source, le rattache à son peuple et à sa tradition. Bien plus : il révèle ce que les mots peinent à dire, ce que l’intellect seul ne saurait saisir. C’est pourquoi le Rabbi insistait pour que les élèves chantent « avec toute leur âme et de tout leur cœur » — non pas par convention, mais par conviction profonde.

L’éducation authentique : convaincre plutôt que contraindre
Le Rabbi aborda ensuite la question centrale de l’éducation. Quel est le véritable rôle d’un maître, d’un éducateur, d’un guide spirituel ? La réponse qu’il proposa est à la fois simple et exigeante : il ne s’agit pas de forcer l’élève à se conformer à un moule, mais de l’amener à comprendre par lui-même la valeur de ce qu’on lui enseigne.
Il illustra cette idée par une image frappante : lorsqu’un enfant est conduit vers la table du festin et que l’on veut l’y faire asseoir, deux approches s’offrent à l’éducateur. La première consiste à le porter de force jusqu’à sa place — méthode efficace à court terme, mais qui ne génère aucune adhésion intérieure. La seconde consiste à lui montrer combien la nourriture qui l’attend est bonne et délicieuse, à lui en faire désirer le goût — méthode plus lente, mais infiniment plus durable.
Cette deuxième voie est celle que le Rabbi préconisait pour l’étude de la Torah et l’accomplissement des Mitsvot. L’élève doit être convaincu, séduit, éveillé à la beauté de ce qu’il reçoit — et non simplement soumis à une autorité extérieure. Car une Mitsva accomplie par contrainte reste une Mitsva, certes, mais elle ne transforme pas celui qui l’accomplit.

La Souccah : symbole de la présence divine enveloppante
La fête de Souccot offrait au Rabbi le cadre symbolique idéal pour développer ces idées. La Souccah — cette demeure temporaire aux parois fragiles, dont le toit laisse voir les étoiles — est une image de la condition humaine sous la protection de D.ieu. On y entre avec tout son être : on y mange, on y dort, on y vit. Et surtout, on y est enveloppé par la Mitsva elle-même, comme nulle part ailleurs.
Le Rabbi soulignait que cette enveloppe protectrice — les parois de la Souccah, symbolisées par les Nuées de gloire qui accompagnèrent Israël dans le désert — représente l’amour divin qui environne l’être humain de toutes parts. De même que les nuées entouraient le peuple dans sa marche au désert, la Souccah entoure aujourd’hui celui qui y réside, lui rappelant qu’il n’est jamais seul, jamais abandonné.
Cette présence enveloppante a une conséquence directe sur l’éducation : si l’élève perçoit qu’il est entouré d’un amour authentique, il s’ouvre naturellement à l’enseignement. La contrainte n’a plus sa place là où la confiance règne.

Les jours de bonheur : vivre dans la joie des Mitsvot
Le Rabbi évoqua ensuite la dimension de joie propre à Souccot. La Torah désigne cette fête comme « le temps de notre joie » — une joie qui ne se limite pas au sentiment subjectif du bonheur, mais qui englobe l’accomplissement de toutes les Mitsvot, la spiritualité et la piété. Cette joie doit se manifester de façon concrète, visible, communicative.
Mais d’où vient cette joie ? Elle naît, expliqua le Rabbi, de la conscience d’accomplir la volonté de D.ieu. Elle naît de la certitude que chaque Mitsva accomplie laisse une empreinte éternelle dans le monde, qu’aucune force ne peut effacer. Elle naît de la relation vivante avec la Torah — une relation non pas de crainte, mais d’amour.
Cette joie est également contagieuse : lorsqu’un élève vit la Torah avec enthousiasme, il attire naturellement d’autres âmes vers la lumière. Tel est l’un des sens profonds de la Souccah : une demeure ouverte, accueillante, dans laquelle on invite les Ousphizin — les hôtes illustres de chaque génération — à partager la table et l’inspiration.
Le conseil comme art de la relation éducative
La troisième partie de la Si’ha traita de la notion de conseil — etsah — dans la relation entre maître et élève. Le Rabbi développa ici une idée paradoxale : donner un vrai conseil, c’est parfois ne pas imposer sa propre solution, mais aider l’autre à trouver la sienne.
Il s’appuya sur le verset : « Laqtoh tov natati lakhem — Je vous ai donné une bonne chose. » La Torah est ce « bien » par excellence. Mais pour que ce bien soit reçu, il doit être présenté comme tel — non comme un fardeau, mais comme un trésor. Le maître qui sait transmettre cette perception accomplit quelque chose d’essentiel : il transforme l’obligation en désir.
Le Rabbi aborda également la question des réticences que peut exprimer l’élève. Parfois, celui-ci objecte, résiste, avance des arguments contre tel ou tel aspect de la pratique religieuse. Le maître sage ne doit pas balayer ces objections d’un revers de main, ni les condamner avec sévérité. Il doit les entendre, les comprendre, et y répondre avec patience et profondeur — montrant ainsi à l’élève qu’on le respecte en tant que personne pensante.
Vers la Rédemption : Torah, joie et espoir
Le Rabbi conclut sa Si’ha par une perspective eschatologique : tous ces efforts — étudier la Torah, accomplir les Mitsvot, vivre dans la joie de la fête — nous rapprochent de la Rédemption ultime, la Guéoula véritable et complète, par notre juste Machia’h.
Il invita l’assemblée à entonner le nigoun « Hoshia et Amkha — Sauve Ton peuple » — une mélodie de prière et d’espérance qui porta la Si’ha à son terme sur une note à la fois humble et confiante.
Car c’est là, en définitive, le message central de cette allocution de Souccot : l’éducation, la joie, le conseil et la prière sont autant de chemins qui mènent vers la lumière. Et cette lumière, elle brille déjà à travers les brèches du toit de la Souccah, là où le ciel et la terre se rejoignent.
La distribution et les deux pièces
Après cette seconde Si’ha, les enfants chantèrent Hochia Et Amékha à trois reprises. Le Rabbi récita ensuite le Birkat Hamazon et distribua aux accompagnateurs des bouteilles de vin issues du Kos Chel Bra’ha, ainsi que deux pièces de dix cents pour chaque enfant. Le Rabbi expliqua que l’une des pièces devait être conservée comme cadeau personnel, tandis que l’autre, ou une pièce de valeur équivalente, devait être donnée à la Tsedaka.
Les enfants firent alors une bénédiction sur du jus de raisin et dirent « le’haïm » au Rabbi. Après la bénédiction finale, les garçons quittèrent la Souccah afin de permettre aux filles d’y entrer à leur tour, de recevoir le Lékè’h et de dire elles aussi « le’haïm ».
Une conclusion mémorable
Ce Farbrenguen remarquable s’acheva par la remise à chaque enfant d’un exemplaire du fascicule «Tichri», accompagné d’une lettre générale que le Rabbi venait tout juste de publier.
















