Le jour de Ticha BeAv, des milliers de Juifs venus du monde entier et de tous les horizons se sont rassemblés devant le Kotel, à Jérusalem, pour pleurer la destruction du Beth Hamikdach. Assis à même le sol, ils ont uni leurs voix dans les lamentations, les prières et les chants. Le photographe Binyomin Zilberstrom rapporte de cette journée une galerie d’images saisissantes.

 

 

 

Une foule immense devant les pierres du Mont du Temple

Ils étaient des milliers, ce jour de Ticha BeAv, à converger vers l’esplanade du Kotel, à Jérusalem. Venus des quatre coins du monde, de tous les milieux et de toutes les sensibilités du peuple juif, ils formaient une assemblée dont la diversité même disait quelque chose de l’unité retrouvée en ce jour de deuil national. Rien ne distinguait plus, sur ces dalles brûlantes de l’été, celui qui arrivait de loin de celui qui habitait à quelques rues de là.

Face aux pierres antiques, vestige du mur de soutènement du Mont du Temple, la foule s’est installée à même le sol, selon l’usage immémorial de ce jour où l’on s’abstient de s’asseoir sur des sièges ordinaires. Les visages étaient graves, les livres ouverts, et le murmure des lectures montait par vagues successives le long de l’esplanade.

Le deuil de la destruction, en chant et en prière

Le jeûne de Ticha BeAv commémore la destruction des deux Temples de Jérusalem, ainsi que la longue chaîne de malheurs qui a frappé le peuple juif au fil des siècles. C’est le jour le plus sombre du calendrier hébraïque, celui où le deuil n’est pas seulement individuel mais collectif, où chacun est invité à ressentir dans sa chair l’absence du Beth Hamikdach.

Devant le Kotel, les fidèles ont récité ensemble les lamentations, ces textes de douleur qui traversent les générations. Puis les voix se sont élevées dans le chant, comme il est d’usage en ces heures où la tristesse cherche une forme d’expression qui la dépasse. Prière et mélodie se sont ainsi mêlées tout au long de la journée, portées par la présence de cette assemblée innombrable.

Le regard du photographe

Le photographe Binyomin Zilberstrom a suivi ce rassemblement d’heure en heure et en rapporte une galerie d’images. On y voit la densité de la foule, les silhouettes assises sur le sol, les livres tenus à deux mains, les regards tournés vers les pierres. Autant de témoignages visuels d’une journée où des milliers de Juifs de tous types, venus du monde entier, ont pleuré ensemble ce qui fut détruit, en attendant sa reconstruction.