De récents travaux de fouilles près de l’ohel  de Harav Levi Its’hak de Berdichev, ont conduit à la découverte du véritable lieu de sépulture de Rav Levi Its’hak et de ses trois fils.

 

De récents travaux de fouilles effectués près du Ohel de Rabbi Levi Its’hak de Berditchev, ont révélé la tombe originale de Rabbi Levi Its’hak de Berditchev et de celles de ses trois fils.

Alors que le coronavirus a contraint les voyages internationaux à s’arrêter, le Chalia’h à Berditchev, Rabbi Moshe Thaler a profité de l’occasion pour effectuer des travaux de construction nécessaires dans la zone autour du tombeau et d’autres parties du cimetière juif.

Les travaux comprenaient des plans pour enlever le plancher et installer un système de chauffage souterrain. Le système était nécessaire pour les nombreux visiteurs qui viennent pendant les hivers extrêmement froids de l’Ukraine.

Une fois le sol en béton levé, l’incroyable découverte a été faite.

Tout d’abord, le sommet des murs d’origine a été découvert. Cela a conduit à de nouvelles fouilles autour des murs, révélant quatre tombes. Les tombes d’origine se trouvaient à une certaine distance de ce que l’on croyait être l’emplacement réel du tombeau.

Les quatre tombes sont celles de Rabbi Levi Its’hak et de ses trois fils.

Après le décès de son fils aîné, Meir, à un jeune âge, l’Alter Rebbe a écrit au Rav Levi Its’hak une lettre de consolation (Iggeres Hakodesh 28), où il explique comment le décès d’un Tsaddik expie les péchés des générations.

 

 

BIOGRAPHIE

Rabbi Levi Itshak (Derbaremdiker) de Berditchev est un maître hassidique du xviiie siècle (1740 – Berditchev 5 octobre 1809).

Disciple de Rabbi Dov Baer de Mezeritch, il est l’un des rabbins les plus populaires de l’histoire du hassidisme et le sujet de nombreux contes et histoires qui font l’éloge de sa ferveur dans la prière et dans la défense des Juifs allant parfois jusqu’à la révolte théologique et lui valant le surnom d’« amant » ou « intercesseur d’Israël ».

Une partie importante de son enseignement est publiée à titre posthume en deux tomes dans le Kedoushat Levi. Il est aussi l’auteur de classiques du répertoire hassidique comme Dou-dou ou A din Toyre mit Gott.

Son père Rabbi Meir est le rabbin de Goussakov, en Galicie.

Sa mère Saisha Deborah est en famille avec le Rav  Shmouel Eliezer HaLevi Aidells (Le MaarSh’a).

Son père s’occupe de son instruction, et l’envoie se perfectionner à Jarosław, où il se fait connaitre comme prodige.

Il épouse Perla, la fille du philanthrope Israël Perezt qui gère les biens du prince qui règne sur la ville.

Il s’installe auprès de son beau-père à Lubartów, surnommée la petite Jérusalem en raison du grand nombre de savants qui y réside.

Il trouve de nombreux partenaires d’étude, notamment le rabbin Yossef Teomim, auteur du Peri Megadim avec qui il étudie la Torah exotérique et ésotérique et ne tarde pas à se faire un nom.

Malgré l’opposition de sa famille et belle-famille, il fait connaissance du Rav Shmouel Shmelke Horowitz rabbin de Ryczywół, ville située à quatre-vingt km de Lubartów, avec qui il étudie.

À la demande du Rav Shmelke, ils voyagent ensemble chez le Maggid de Mezeritch.

Rabbi Levi Itshak devient un partisan convaincu du Maguid et un de ses disciples les plus prééminents.

Pendant qu’il étudie auprès du Maguid son beau-père s’endette et il risque d’être emprisonné.

Quand le Rabbi Lévi Itshak apprend cette nouvelle, il est horrifié. Il quitte le Maguid et fait le tour des villes avoisinante afin de ramasser l’argent nécessaire pour racheter la dette de son beau-père.

Rabbi Levi Itshak est un des rares rabbins hassidiques à être également rabbin en matière de halakha.

Lorsque le Rav Shmouel Shmelke Horowitz est appelé au rabbinat de Nikelsbourg, Rabbi Levi Itshak le remplace de 1761 à 1765.

Sa vie est rendue difficile par les opposants locaux du hassidisme.

Le jeune rabbin estime sa vie en danger et s’échappe de la ville à pied, le jour d’Hoshanna Rabba (le dernier jour de Souccot), avec seulement un Loulav et Etrog à la main.

En 1765 il est nommé rabbin et chef du Collège rabbinique de Pinsk.

La ville de Pinsk est un grand centre rabbinique et le hassidisme y est déjà implanté par le Rav Aaron Le Grand de Karlin.

Jusqu’à l’arrivée de Rabbi Levi Itshak, le hassidisme est enseigné secrètement. Il l’enseigne publiquement. Après le Cherem du Gaon de Vilna, il rencontre une forte opposition de la part des Mitnaggedim et est forcé de démissionner de son poste.

Il est nommé rabbin de Żelechów. L’histoire se répète.

En 1785, Rabbi Levi Itshak arrive à Berditchev. Il y dirigera la communauté jusqu’à sa mort.

À Berditchev, Rabbi Levi Itshak trouve enfin la sérénité. Il y établit sa cour hassidique, et des milliers de disciples viendront, parfois de loin, pour entendre son enseignement.

Berditchev, qui était un grand centre du judaïsme, était aussi influencé par le Mouvement des Lumières, mouvement marqué par une philosophie anti-religieuse.

Malgré les difficultés rencontrées dans cette ville peu accueillante, Rabbi Levi Itshak était déterminé à y rester pour lutter contre le climat anti-religieux, et plaider pour son peuple. À l’époque, ce choix de vivre parmi des juifs a-religieux, voire anti-religieux, était sans précédent.

Rabbi Levi Itshak décède le 25 Tishri 5570 (1809) et il est enterré dans la ville de Berditchev. Du monde entier, des Juifs continuent de se rendre à Berditchev pour prier sur la tombe de l’Amant d’Israël, lui demandant d’intercéder en leur faveur auprès des cieux.

Apprenant la mort de Rabbi Levi Itshak, Rabbi Nahman de Bratslav dit : “Quiconque a des yeux pour voir peut constater que la “lumière de l’univers” s’est éteinte.”

Son livre Kedoushat Levi est un texte classique de la pensée hassidique, lié aux sections hebdomadaires de la Torah. Il inclut un commentaire sur le Traité des Pères (Avot), et une annexe contenant maintes anecdotes qui reflètent sa vie sainte et son rôle de défenseur de la communauté juive.

Dans ses enseignements, il souligne l’élément de la joie dans le hassidisme, le principe de dévotion à Dieu (Devekut), et la nécessité d’accomplir la prière avec dévotion et ferveur.

Il distingue deux sortes de prédicateurs: l’un exhorte, avec de bonnes paroles, et donne des encouragements.. L’autre admoneste par des mots et des menaces.

Dans le Kedoushat Levi, il écrit: “Seul celui qui avertit les gens en douceur, insiste sur l’élévation de leur âme et sur leur honnêteté, est digne de diriger un peuple.”

Il s’est imposé dans la mémoire collective comme celui qui, en toutes circonstances, n’hésite pas à prendre l’Éternel à témoin pour plaider la cause d’Israël.

Il sollicite des bienfaits pour la communauté, ou trouve des arguments souvent inattendus, d’une ferveur vraie et naïve, que le Tribunal Céleste lui-même ne peut qu’agréer.

Un exemple classique: “Maitre de l’Univers, pardonne à Israël ses péchés. Si Tu le fais, c’est bien. Sinon, je vais dire au monde que les Tefillines que Tu portes ne sont pas Cacher. Pourquoi? Le verset du roi David inscrit à l’intérieur de Tes Tefillines dit: Qui est comme ton peuple, Israël, nation unique sur la terre? Donc, si Tu ne pardonnes pas Israël, ce verset est faux, et les Tefillines sont Passoul.”

Se rendant à la synagogue pour célébrer l’office du Chabbat, Rabbi Levi Itshak de Berditchev croise un jeune juif athée qui fume une pipe. Le Rabbi s’arrête et lui demande : « Tu as sans doute oublié que c’est Chabbat aujourd’hui. – Non, répond le jeune homme. – Alors tu ignores sûrement qu’il est interdit de fumer ce jour. – Pas du tout, je connais les lois de la Torah !» dit le jeune avec effronterie. Rabbi Levi Itshak de Berditchev le dévisage un long moment. Et soudain, levant les yeux vers les cieux, il s’écrie : « Maître du monde ! Vois, même les moins pieux de tes fils sont incapables de formuler un seul mensonge! ».

 

 

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