À la veille de l’entrée du jour le plus solennel de l’année juive, l’école ‘Hné Or d’Aubervilliers a offert à ses élèves une matinée mêlant enseignement et émotion. Entre la cérémonie des Kapparot et la distribution du traditionnel Leka’h, petites filles et petits garçons ont pu ressentir, chacun à leur mesure, la portée spirituelle de Yom Kippour. Une préparation vivante, pensée pour ancrer chez les plus jeunes le sens profond de ce jour de pardon.
la cérémonie des kapparot, un rite empreint de symboles
Dans le hall de l’établissement, un attroupement s’est formé autour d’un Chalia’h venu accomplir avec les enfants le rite ancestral des Kapparot. Un à un, les jeunes garçons se sont avancés, coiffés de leur Kippa, pour tendre la main vers l’animal tenu avec douceur par l’officiant. Ce geste, transmis de génération en génération, rappelle à chacun la fragilité de l’existence et invite à la Techouva, le retour vers D.ieu, avant que ne s’ouvrent les portes de Yom Kippour. Sous le regard attentif de leurs camarades, les enfants ont ainsi vécu leur premier contact avec une pratique dont l’origine remonte aux enseignements des maîtres du Talmud, perpétuée depuis dans les communautés juives du monde entier.
Dans la cour de l’école, ce sont les fillettes qui, à leur tour, ont pris part au rite, entourées par leurs éducatrices. Assises en cercle devant la façade de l’établissement, sous la banderole de bienvenue de la communauté ‘Hné Or, elles ont suivi avec attention les explications données avant que ne soit accompli, pour chacune d’elles, le geste symbolique. Un moment empreint de solennité, mais aussi de douceur, où les responsables de l’école ont pris soin d’adapter le discours à l’âge des enfants, afin que la portée du rite ne soit jamais synonyme de crainte, mais bien d’espérance et de renouveau.
le leka’h, une douceur porteuse de sens
Après la cérémonie, place à un moment plus festif : la distribution du Leka’h, ce gâteau au miel dont la saveur sucrée accompagne traditionnellement l’entrée dans la nouvelle année. Chaque élève a reçu sa part, présentée dans un petit récipient individuel orné d’une étiquette portant l’inscription Gmar ‘Hatima Tova, vœu par lequel on souhaite à son prochain d’être définitivement inscrit dans le livre de la vie. Les fillettes, en rang devant leurs éducatrices, ont reçu leur portion avec des sourires qui en disaient long sur la joie de cette matinée pas comme les autres.
Au-delà de son goût, le Leka’h porte en lui un enseignement transmis depuis des générations dans les foyers juifs : puisque le jugement de la nouvelle année s’annonce, mieux vaut, dit la tradition, être soi-même donneur plutôt que demandeur, et offrir une douceur à autrui plutôt que d’avoir à en solliciter une. C’est ce message, simple et lumineux, que les éducatrices de l’école ‘Hné Or ont tenu à transmettre à leurs élèves, en accompagnant la distribution du gâteau d’un mot sur la générosité et le partage qui doivent, plus encore en cette période de l’année, animer le cœur de chacun.
une pédagogie du cœur avant le jour du pardon
Cette matinée du Aubervilliers illustre la manière dont l’école ‘Hné Or conçoit l’éducation à la vie juive : non pas comme une transmission théorique, mais comme une expérience vécue, incarnée dans des gestes concrets. En associant les Kapparot, rite de purification, et le Leka’h, symbole de générosité, les responsables de l’établissement ont offert à leurs élèves une double clé de lecture pour aborder Yom Kippour : la Techouva d’un côté, la Tsedaka et la bonté envers autrui de l’autre, deux piliers qui, selon l’enseignement ‘hassidique, ouvrent ensemble les portes de la miséricorde divine.
À l’approche de Yom Kippour 5787 (2026), cette initiative rappelle qu’au-delà des synagogues et des offices, c’est aussi dans les cours d’école, au milieu des enfants, que se prépare la teshouva collective d’une communauté. Les éducatrices de l’établissement, en associant solennité et bienveillance, ont su faire de cette matinée un souvenir dont les enfants garderont, au-delà du goût du miel, l’empreinte spirituelle.

















