Né au plus fort de la crise du coronavirus, le projet « Mitsva sur roues » du Rav Yonathan Spitzer est devenu une véritable tradition. Chaque année, ce ‘Hassid Habad, secouriste et chauffeur d’ambulance, parcourt le pays avec une Soucca montée sur remorque pour rejoindre les stations du Magen David Adom. Il y apporte aux équipes de secours, mobilisées jour et nuit, la joie de Souccot et la possibilité de réciter la bénédiction sur les quatre espèces.

 

 

Dans les stations du Magen David Adom, la fête ne suspend jamais le travail. Pendant que les familles israéliennes se retrouvent sous le toit de feuillage de leur Soucca, des milliers de secouristes, de paramédicaux et de chauffeurs restent en alerte, prêts à partir au premier appel. C’est précisément pour eux que le Rav Yonathan Spitzer a imaginé une solution aussi simple qu’audacieuse : si les équipes ne peuvent pas venir à la Soucca, c’est la Soucca qui viendra à elles.

Pendant les jours de ‘Hol Hamoèd Souccot, ce ‘Hassid Habad attelle derrière une ambulance une Soucca mobile spécialement conçue pour la route. De station en station, à travers tout le pays, il permet aux équipes de s’asseoir quelques instants dans une Soucca cachère, d’accomplir la Mitsva de la fête et de prononcer la bénédiction sur le Loulav, l’Etrog, les Hadassim et les Aravot.

Un secouriste au service de la Mitsva

Le parcours du Rav Yonathan Spitzer illustre à lui seul l’alliance entre engagement civique et Chli’hout. Bénévole au Magen David Adom, il y officie comme chauffeur d’ambulance et secouriste en médecine d’urgence. Il dirige également le Beth Habad du Magen David Adom, une structure dédiée à l’accompagnement spirituel des personnels de l’organisation de secours.

Cette double casquette lui ouvre des portes que peu d’émissaires pourraient franchir. Connaissant de l’intérieur le rythme éprouvant des gardes, la tension des interventions et l’impossibilité fréquente de rentrer chez soi pour les fêtes, il sait combien un geste de proximité peut compter. Le Beth Habad du Magen David Adom s’est d’ailleurs déjà illustré par d’autres initiatives, comme l’installation de stands de Tefilines dans certains locaux de l’organisation, notamment au siège de la direction générale et au centre logistique de Holon.

Né pendant les confinements

L’histoire de la Soucca itinérante commence à une période où Israël vivait au rythme des restrictions sanitaires. Les confinements empêchaient alors une grande partie de la population de sortir, et les équipes médicales se retrouvaient en première ligne, épuisées, loin de leurs proches au moment même des fêtes de Tichri.

« J’ai lancé le projet de la Soucca itinérante pendant les confinements du coronavirus, lorsque les gens ne pouvaient pas sortir de chez eux, dans le but d’apporter la joie de la fête aux secouristes et aux paramédicaux du Magen David Adom sur le terrain », raconte le Rav Yonathan Spitzer. « Mais je n’imaginais pas que cette initiative deviendrait une tradition aussi émouvante. »

Ce qui devait être une réponse ponctuelle à une situation exceptionnelle s’est ainsi transformé en rendez-vous annuel. Le Rav Spitzer n’a pas renoncé une seule fois, et le projet entame sa cinquième édition, avec la même tournée à travers les stations du pays durant les jours intermédiaires de la fête.

La joie de la fête au cœur de l’urgence

Souccot porte dans la tradition juive le nom de « Zman Sim’hatenou », le temps de notre joie. Le Rabbi de Loubavitch a souvent insisté sur l’importance de faire partager cette joie, et en particulier la Mitsva des quatre espèces, au plus grand nombre de Juifs, là où ils se trouvent. Chaque année, les Ba’hourim et les Chlou’him de Habad arpentent les rues avec des Loulavim et des Etroguim, abordant les passants pour leur proposer d’accomplir la Mitsva. La Soucca ambulante du Magen David Adom prolonge cet élan dans un univers où la disponibilité se mesure en minutes.

Pour le Rav Yonathan Spitzer, la démarche dépasse de loin la simple logistique. « Chaque année, je ressens une immense émotion à l’idée d’apporter l’esprit de la fête aux équipes du Magen David Adom, qui agissent sans relâche pour sauver des vies », confie-t-il. « C’est pour moi une très grande mission que de permettre au plus grand nombre possible d’accomplir la Mitsva des quatre espèces. »

Le symbole est fort : ceux qui consacrent leurs journées et leurs nuits à préserver la vie d’autrui reçoivent, le temps d’une halte, un moment de sainteté et de réjouissance. Dans les stations visitées, l’arrivée de l’ambulance tractant sa Soucca crée à chaque fois un moment de convivialité, où l’on prend le temps de s’arrêter, de réciter une bénédiction et de partager la fête entre collègues.

Un message pour tout le peuple d’Israël

Au-delà des équipes de secours, le Rav Spitzer adresse un vœu à l’ensemble de la population. « Je souhaite à tout le peuple d’Israël une année de joies, une année de santé et une année de réussites. ‘Hag Saméa’h ! », conclut-il.

Dans un pays où les équipes d’urgence sont sollicitées sans répit, cette Soucca sur roues rappelle que la fête peut rejoindre chacun, même au cœur des gardes les plus exigeantes. Une initiative née dans l’urgence sanitaire, qui continue d’offrir, année après année, un peu de lumière et de sainteté à ceux qui veillent sur les autres.

Quand les sauveteurs ne peuvent pas rentrer pour la fête, c’est la fête qui prend la route pour venir à eux.