À l’approche de Roch Hachana 5787 (2026), chaque foyer se prépare à franchir le seuil d’une nouvelle année avec ferveur et discernement. Ce guide rassemble, dans l’ordre où elles se présentent, les lois, les coutumes et les bénédictions qui rythment ces deux jours redoutables, du dernier après-midi de l’année écoulée jusqu’au second soir de la fête. Chacun y trouvera les gestes concrets, les intentions intérieures et les textes qui accompagnent ce moment de jugement et de renouveau.
Rav Mordé’haï Rouah
la veille de la fête, vendredi 11 septembre 2026
La veille de Roch Hachana, le vendredi après-midi, est traditionnellement consacrée au bilan de l’année écoulée : on corrige ce qui doit l’être et l’on accomplit la Techouva, le retour intérieur. La préparation physique occupe une place importante dans cette journée.
On se coupe les cheveux, de préférence avant ‘Hatsot, ainsi que les ongles, et l’on se lave à l’eau chaude.
Les hommes se rendent au Mikvé après ‘Hatsot.
À l’approche de la fête, chacun revêt de beaux habits, geste qui exprime la confiance placée en D.ieu, qui jugera avec bienveillance et inscrira chacun pour une vie heureuse.
Il convient également de préparer les enfants à l’ordre des prières de Roch Hachana. On prend l’habitude, sans que cela constitue un vœu formel, d’acquérir un nouvel objet de Mitsva, un embellissement destiné à recevoir une bénédiction supplémentaire.
Dès une heure avant Min’ha, il est recommandé de consacrer tout moment libre à la récitation des Téhilim. Les Rabbeïm avaient coutume de s’entretenir avec leur épouse peu avant Roch Hachana, une pratique que le Rabbi a précisé convenir à chacun.
l’allumage des bougies du premier soir, tombant Chabbat
Avant l’allumage, on donne la Tsédaka pour les deux jours de la fête. On allume une bougie de vingt-quatre à quarante-huit heures, dont la flamme servira ensuite à allumer les bougies du second soir. Les filles, dès l’âge de trois ans, allument une bougie ; les femmes mariées en allument deux, auxquelles s’ajoute une bougie supplémentaire pour chacun de leurs enfants. On laisse l’allumette s’éteindre d’elle-même avant de réciter les Brakhot :
Baroukh Ata Ado-naï, Élo-hénou Mélekh Haolam, achér kidechanou bemitsvotav vetsivanou lehadlik nér chél Chabbat vechél Yom Hazikaron.
Baroukh Ata Ado-naï, Élo-hénou Mélekh Haolam, chéhé’héyanou vekiyemanou vehigianou lizman hazé.
les vœux du premier soir
Il est de coutume, le premier soir de Roch Hachana, de se souhaiter mutuellement, à la deuxième personne du singulier, d’être inscrit pour une bonne année. À un homme, on adresse la formule : « Sois inscrit et scellé pour une bonne année. » À une femme, on adresse la formule au féminin : « Sois inscrite et scellée pour une bonne année. » Cette année, on se souhaite également « Gout Chabbess ».
le kiddouch du premier soir, tombant Chabbat
Si la grenade constitue un fruit nouveau pour la saison, on la place sur la table avant le Kiddouch : la Brakha de Chéhé’héyanou prononcée pendant le Kiddouch l’acquittera également. De retour de la synagogue, on récite à voix basse les passages de Chalom Alé’hem, Échet ‘Hayil, Mizmor léDavid et Da Hi Séhoudata.
On rince et l’on essuie soigneusement la coupe, à l’intérieur comme à l’extérieur, avant de la remplir abondamment sur la table jusqu’à ce qu’elle déborde ; le Rabbi accomplissait ce geste en trois étapes. On prend la coupe de la main droite, on la transfère à la main gauche, puis on la replace dans la paume de la main droite incurvée, formant un réceptacle, les quatre doigts vers le haut et le pouce replié ; le Rabbi tenait la coupe surtout dans la paume, à peine posée sur les doigts. Le Kiddouch se prononce debout, la coupe élevée à une trentaine de centimètres au-dessus de la table.
On observe les bougies de Yom Tov, puis on récite à voix haute le passage de Vayekhoulou.
On fixe alors la coupe en prononçant la bénédiction sur le vin.
En prononçant le Chéhé’héyanou, on remercie D.ieu de vivre cette fête et d’en accomplir les Mitsvot, en pensant également au fruit nouveau. Les femmes répondent Amen à ce Chéhé’héyanou même si elles ont déjà prononcé cette Brakha lors de l’allumage des bougies, cet Amen n’étant pas considéré comme une interruption avant de boire le vin du Kiddouch.
On s’assoit ensuite pour boire. Celui qui a récité le Kiddouch passe la coupe à sa main gauche, puis la reprend de la main droite en la tenant par le côté et non par-dessous. Il en boit au moins 44 millilitres avant d’en distribuer aux convives.
Vient alors le Netilat Yadayim, suivi du Motsi sur deux ‘Hallot de forme ronde.
On dispose du miel sur la table, en plus du sel.
Après le Motsi, on coupe le pain, on le trempe trois fois dans le miel et l’on en mange un Kazaït, soit environ 26 grammes.
Le Rabbi avait coutume de manger un second morceau, trempé trois fois dans le sel. Ce geste se répète à chaque repas de Roch Hachana.
le seder de Roch Hachana
Après avoir mangé le Kazaït de pain et avant le premier plat, on procède au Seder de Roch Hachana:
On prend une pomme douce entière, on en trempe un morceau trois fois dans le miel et l’on récite la bénédiction Boré Péri Haets, avec l’intention d’acquitter également les autres fruits qui seront éventuellement consommés avant le Birkat Hamazon.
La grenade se mange dans l’intention que toute l’année soit remplie de mérites et de Mitsvot, à l’image de ses nombreux grains. On consomme aussi une tête, de mouton ou de poisson, afin que toute l’année, chacun « soit à la tête et non à la queue » ; dans le langage ‘hassidique, on dit que l’on souhaite être attaché à la tête, c’est-à-dire au Rabbi.
Le repas de fête, où l’on mange de la viande et boit du vin dans la joie, constitue une Mitsva à Roch Hachana, mais sans excès, avec sérieux et crainte de D.ieu ; chez le Rabbi, ce repas se déroulait presque en silence. Il est également d’usage de ne pas consommer d’aliments amers ou aigres, ni de noix.
le sens profond de ces jours
Le service divin de Roch Hachana repose sur la Kabbalat Ol, l’acceptation du joug divin. Chaque moment libre, y compris la nuit, doit ainsi être consacré à la récitation des Téhilim. Durant toute la durée de la fête, et particulièrement la première nuit, on évite les conversations futiles et l’on limite le sommeil. On s’abstient de fumer pendant les deux jours de la fête, une pratique déconseillée en toute autre occasion également. Une attention particulière est requise pour éviter la colère pendant ces deux jours.
l’allumage des bougies du second soir
Aucun préparatif en vue du second jour de fête n’est autorisé avant la sortie de Chabbat, le premier jour de fête ne pouvant servir à préparer le second.
Une fois l’heure de sortie de Chabbat passée, après avoir prononcé Baroukh Hamavdil Bén Kodech Lékodech, ou le paragraphe de Vatodiénou dans la prière d’Arvit, les femmes allument les bougies du second soir à partir d’une flamme déjà existante.
Les deux jours de Roch Hachana étant considérés comme un seul et même jour, un doute se pose quant à la récitation du Chéhé’héyanou le second soir.
Dans l’idéal, la femme porte un vêtement neuf et pense, en l’allumant, à la fois au Yom Tov et à ce vêtement. À défaut, on place sur la table un fruit nouveau, que l’on consommera après le Kiddouch, et l’on allume juste avant le Kiddouch en pensant au Yom Tov et à ce fruit.
En l’absence de vêtement comme de fruit nouveau, on récite néanmoins le Chéhé’héyanou.
À partir d’une flamme déjà existante, les filles, dès l’âge de trois ans, allument une bougie ; les femmes mariées en allument deux, plus une bougie supplémentaire pour chaque enfant.
On laisse l’allumette s’éteindre d’elle-même avant de réciter les mêmes Brakhot que le premier soir. On se souhaite alors « Gout Yom Tov ».
le kiddouch du second soir, à la sortie de Chabbat
Avant le Kiddouch, on place un fruit nouveau sur la table.
En récitant le Chéhé’héyanou, on regarde ce fruit en pensant au Yom Tov et à sa nouveauté ; en l’absence de fruit nouveau, on récite tout de même la bénédiction.
On rince et l’on essuie soigneusement la coupe, on la remplit abondamment sur la table jusqu’à ce qu’elle déborde, en trois étapes comme le faisait le Rabbi, puis on la fait passer de la main droite à la main gauche avant de la replacer dans la paume incurvée de la main droite, les quatre doigts vers le haut et le pouce replié. Le Kiddouch se prononce debout, la coupe élevée à une trentaine de centimètres au-dessus de la table.
On observe les bougies de Yom Tov, puis on fixe la coupe en prononçant la bénédiction sur le vin, selon le même texte que le premier soir, à l’exception de la mention du Chabbat.
En prononçant la bénédiction Boré Méoré Haéch, chacun regarde les bougies de Yom Tov, sans les rapprocher ni réunir leurs flammes, et sans regarder leur reflet sur les ongles : « Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, qui crées les lumières du feu. »
Vient ensuite la Havdala : « Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, qui sépares le saint du profane, la lumière des ténèbres, Israël des autres peuples, le septième jour des six jours de la création. Tu as séparé la sainteté du Chabbat de la sainteté du jour de fête, et Tu as sanctifié le septième jour par rapport aux six jours de la création. Tu as distingué et sanctifié Ton peuple Israël par Ta propre sainteté. Béni sois-Tu, Éternel, qui sépares le saint du saint. »
En prononçant le Chéhé’héyanou, on remercie D.ieu de vivre cette fête et d’en accomplir les Mitsvot, en pensant également au fruit nouveau : « Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, qui nous as fait vivre, qui nous as maintenus et qui nous as fait parvenir jusqu’à cette saison. » Les femmes répondent de nouveau Amen, sans que cela n’interrompe la suite du Kiddouch. On s’assoit pour boire, en faisant passer la coupe de la même manière que le premier soir, puis on en boit au moins quarante-quatre millilitres avant d’en distribuer aux convives.
le fruit nouveau et le repas du second soir
Immédiatement après le Kiddouch, avant le Netilat Yadayim et de préférence sans interruption par des propos étrangers au repas, on mange un Kazaït du fruit nouveau. On récite sur ce fruit la bénédiction Boré Péri Haets, mais non le Chéhé’héyanou, déjà prononcé au Kiddouch. Il convient de limiter au maximum le temps écoulé entre le Kiddouch et la consommation de la ‘Halla. Avant le Netilat Yadayim, on récite une Brakha A’harona, une bénédiction finale, sur le fruit, mais non sur le vin.
Suit le Netilat Yadayim et le Motsi sur deux ‘Hallot de forme ronde, avec du miel disposé sur la table en plus du sel. Après le Motsi, on coupe le pain, on le trempe trois fois dans le miel et l’on en mange un Kazaït. Le Rabbi ajoutait un second morceau trempé trois fois dans le sel. Les aliments symbolisant une bonne année, comme la pomme trempée dans le miel, ne sont consommés que le premier soir.
Puissiez-vous être inscrits et scellés pour une bonne et douce année.
Réalisé par le Sofer Mordé’haï Rouah.
Pour l’élévation de l’âme de Shimon Hacohen ben Maha, Chlomo ben Messaoud Allouche, Azouz ben Chlomo et Zoharah Attal, Moché ben Its’hak et Fra’hi Benzakaï, Haïm ben Berthe Bessis, Yossef ben Nathan Halfon, Rav Houatou Moché ben ‘Haï et Rivka Mazouz, Moché ben Barou’h et Zara Mesguiche, Chalom ben Moché et Sultana Mesguiche, Mordé’haï ben Chalom Mesguiche, Mordé’haï ben Moché et Messaouda Rouah, Moché ben Mordé’haï et Sarah Rouah, Karen Messaouda bat Yehouda Cohen, Ra’hel bat Sim’ha Cohen, Sim’ha bat Nedjma Allouche, Jneïna bat Aziza Attal, Aziza bat Nina Bessis, Esther bat Nissim et Fré’ha Benzakaï, Aimée Zara bat Moché et Sultana Guedj, Ko’hava bat Moché et Esther Halfon, Tourkya bat Couca et Its’hak Mazouz, Sultana bat Chalom et Nouna Mesguiche, Sarah bat Avraham et Anna Rouah, Mazal bat Ra’hel Sabba.
















