Après dix jours de recherches ininterrompues, le corps de Katriel Na’hman Kinan, jeune ‘hassid Habad de vingt-quatre ans originaire de Beth Chémech, a été découvert jeudi dans la forêt de Suisse, près de Tibériade. Aperçu pour la dernière fois sur les rives du lac de Tibériade alors qu’il se rendait à Tsfat, il avait disparu sans laisser la moindre trace. L’identification de sa dépouille a mis fin à une mobilisation exceptionnelle de la police, des secours et de centaines de bénévoles venus de tout le pays.
Une issue redoutée au terme de dix jours d’angoisse
C’est l’épilogue tragique que nul n’osait formuler à voix haute. Le corps découvert jeudi dans la forêt de Suisse, aux abords de Tibériade, est bien celui de Katriel Na’hman Kinan, de bénie mémoire, le jeune homme de vingt-quatre ans porté disparu depuis le week-end précédent. ‘Hassid Habad établi à Beth Chémech, Na’hman avait quitté les siens dix jours plus tôt et s’était volatilisé après avoir été aperçu pour la dernière fois dans le secteur de la plage de Gaï, au bord du lac de Tibériade. Il portait alors un sac à dos noir et un étui à téfilines brun foncé, et faisait route vers Tsfat lorsque sa piste s’est brusquement interrompue.
Durant près de deux semaines, sa famille s’est démenée pour le retrouver, lançant appel après appel au public afin qu’il prête main-forte aux recherches. Son frère, Daniel, a raconté que l’enquête avait connu une avancée décisive au cours des dernières vingt-quatre heures grâce à l’analyse des caméras de surveillance : on y voyait Na’hman entrer dans le tombeau de Rabbi Meïr Baal HaNes, puis en ressortir. La famille et la police s’efforçaient alors de reconstituer son parcours à partir de ce point, tout en explorant en parallèle d’autres pistes.
Les dernières heures avant la disparition
Selon le récit de son frère, Na’hman lui avait parlé le dimanche soir pour l’informer qu’il partait pour Tsfat, où il devait rencontrer son Rav — il avait autrefois étudié dans la Yechiva de cette ville. Mais il n’est jamais parvenu à destination. Les relevés de téléphonie mobile ont établi qu’il était arrivé à Tibériade, et le lundi, il avait adressé un message à sa mère lui indiquant que sa batterie était déchargée et la priant de ne pas s’inquiéter. Ce fut là son dernier signe de vie.
L’enquête a permis de retracer une partie de son itinéraire. Na’hman avait passé la nuit du dimanche au lundi sur le mont Méron, jusqu’aux premières heures du matin, avant de prendre un autobus en direction de Tsfat. Pour une raison qui demeure obscure, il s’est retrouvé à Tibériade, où les caméras de la gare centrale l’ont filmé marchant vers le tombeau du Rambam, puis poursuivant à pied jusqu’à celui de Rabbi Meïr Baal HaNes. En dépit de ces images, la dernière localisation de son appareil renvoyait au secteur de la plage de Gaï, en ville, le lundi en soirée.
Une mobilisation sans précédent
À partir de ce fil ténu, la famille a travaillé main dans la main avec la police et les bénévoles, à Tibériade comme à Beth Chémech, passant au crible caméras, terrains et bâtiments abandonnés. Drones, maîtres-chiens et unités spécialisées dans la localisation des disparus ont été mobilisés, aux côtés de volontaires accourus des quatre coins du pays. L’unité cynophile d’Israël, placée sous le commandement de Yekoutiel « Mike » Ben Yaakov, a pris part durant plusieurs jours aux ratissages, déployant chiens pisteurs et flotte de drones pour couvrir les zones les plus difficiles d’accès du secteur nord.
Cette disparition survenait sur fond de sensibilité particulière à l’égard de la région comprise entre Tsfat et Méron, autrefois surnommée le « triangle des Bermudes israélien » en raison d’une série de disparitions survenues au fil des années. La police a toutefois toujours souligné qu’aucun dénominateur commun n’avait été établi entre ces affaires, et que le relief montagneux, les forêts et la rareté des caméras de surveillance compliquaient régulièrement les opérations de recherche.
La découverte aux abords de Tibériade
C’est à 13h40 qu’un signalement est parvenu au centre d’appels de ZAKA, faisant état d’une dépouille repérée dans la forêt de Suisse, aux abords de Tibériade. Les bénévoles du district nord de ZAKA ont été dépêchés sur les lieux ; après les opérations d’identification, il est apparu qu’il s’agissait bien du jeune homme de vingt-quatre ans recherché depuis plus d’une semaine dans la région.
Le corps a été retrouvé dans un terrain accidenté, à proximité immédiate d’une falaise. Shaï Lévi, responsable d’équipe au district nord de ZAKA présent sur place, a décrit une scène particulièrement complexe : « Il s’agit d’un site très difficile, dans un relief escarpé, tout près d’une falaise. Une fois confirmé qu’il s’agissait du disparu que nous recherchions, nous avons œuvré aux côtés des équipes de secours pour extraire la dépouille du terrain et veiller au respect dû au défunt. » Les bénévoles ont travaillé conjointement avec les forces de sauvetage pour le dégagement du corps, tandis que la police ouvrait une enquête sur les circonstances du drame.


















