À l’âge de quatre-vingt-deux ans s’est éteinte ce vendredi, veille du saint Chabbat 24 Mena’hem Av 5786 (2026), Mme Myriam Meijers, de mémoire bénie, veuve du Rav Eliézer Daniel Meijers, de mémoire bénie, le tout premier Chalia’h que le Rabbi envoya s’établir en Hollande. Rescapé de la Choah devenu professeur d’université, son époux fut le premier ‘Hassid de Habad à diffuser les sources de la ‘Hassidout aux Pays-Bas, et elle se tint à ses côtés durant des décennies, faisant de leur foyer d’Amsterdam un pôle de Torah, d’hospitalité et d’éducation juive. Fait bouleversant, elle s’en est allée un seul jour après le Yortzeit de son mari.

 

 

 

C’est avec une profonde tristesse qu’a été accueillie ce vendredi, veille du saint Chabbat 24 Mena’hem Av 5786 (2026), la nouvelle du rappel à D.ieu de Mme Myriam Meijers, de mémoire bénie, à l’âge de quatre-vingt-deux ans. Sa vie fut indissociable de celle de son mari, le Rav Eliézer Daniel Meijers, de mémoire bénie, dont elle partagea des décennies durant la Chli’hout pionnière.

Le premier Chalia’h du Rabbi en Hollande

La défunte était la veuve du Rav Eliézer Daniel Meijers, de mémoire bénie, connu aux Pays-Bas sous le nom de « Daan » Meijers, le premier Chalia’h que le Rabbi envoya s’établir dans le royaume des Pays-Bas. Professeur d’anthropologie culturelle à l’Université libre d’Amsterdam, où il occupa des fonctions de doyen, il fut le premier ‘Hassid de Habad à œuvrer à la diffusion des sources de la ‘Hassidout en Hollande, et il bénéficia d’innombrables marques de proximité de la part du Rabbi.

Un rescapé de la Choah, sauvé par miracle

Le Rav Meijers était né en Hollande le 15 Tévet 5699 (1939), fils de R. Chemouel Yaakov et de ‘Hana Adel Meijers, au sein d’une famille attachée à la Torah et aux commandements, issue de la communauté ashkénaze et scrupuleusement fidèle à ses traditions. Il n’avait qu’un an et demi lorsqu’éclata la Seconde Guerre mondiale. Parce que ses deux grands-pères occupaient de hautes fonctions dans l’appareil de l’État, l’un dirigeant le département des impôts au ministère des Finances, l’autre l’office néerlandais de la sécurité sociale, sa famille fut, dans un premier temps, épargnée, à l’instar des autres Juifs occupant de hautes charges. Plus tard, les siens furent malgré tout déportés vers les camps allemands, où l’enfant contracta la poliomyélite et fut soumis par les nazis à leurs cruelles expériences. Par des miracles manifestes, lui et sa famille survécurent, et ils furent les seuls de tout leur arbre familial à réchapper de la Choah.

De Rotterdam à la ‘Hassidout : la rencontre qui bouleversa sa vie

Après la guerre, la famille regagna Rotterdam, où il étudia dans une école non juive, s’absentant des cours le Chabbat. Au sortir du lycée, il retrouva son ami d’enfance Mordé’haï Engelsman, venu rendre visite à sa famille. La figure de ce jeune ‘Hassid Habad conquit son cœur : il monta avec lui en Terre Sainte, où il fut accueilli chez R. Réouven Dounin. Au terme d’une nuit de conversation profonde, il se joignit à Mordé’haï Engelsman et s’installa à la Yechiva de Lod, tout en visitant d’autres institutions afin d’arrêter sa voie. Bien que la direction de la Yechiva vît cela d’un œil réservé, le Rabbi intervint en sa faveur, et il put continuer d’y séjourner.

À l’approche de Pessa’h 5721 (1961), il se rendit pour la première fois auprès du Rabbi, qui envoya un groupe de ‘Hassidim l’accueillir et le conduire en voiture ; durant ce séjour, il reçut encore d’autres marques d’attention, le Rabbi lui remettant une Matsa entière lors de la distribution des Matsot de cette année-là, et s’enquérant de l’endroit où il s’était trouvé au moment du Séder, dans l’appartement du précédent Rabbi, le Rayatz.

« La plus grande diffusion » : une Chli’hout à l’université

Encouragé par le Rabbi, il poursuivit après son mariage avec Myriam ses études, ses recherches et ses spécialisations dans le cadre universitaire, le Rabbi ne cessant de le soutenir, tandis qu’il se consacrait en parallèle à la diffusion du judaïsme.

Ses études, prolongées par son intense activité, une fois achevées, il fut aussitôt engagé par l’université et mit sa fonction au service de la diffusion de la Torah, ayant le mérite d’édifier des générations de familles ‘hassidiques. Le Rabbi aurait exprimé ainsi son estime pour cette œuvre : « Un Juif portant la plus longue barbe de Hollande se tient devant cent personnes et leur donne une conférence ; à mes yeux, c’est là la plus grande diffusion. »

L’épreuve de la maladie et la bénédiction du Rabbi

En 5746 (1986), il fut atteint d’une sclérose qui affecta ses yeux et ses mains. Comme il sollicitait du Rabbi une bénédiction de guérison, celui-ci lui répondit : « Point de sottise ; puisses-tu connaître une grande réussite dans l’écriture et dans l’action. » De la formulation même de la bénédiction, on comprit que ses yeux et ses mains guériraient, leur rétablissement étant nécessaire à la poursuite de son œuvre. De fait, il recouvra la santé ; mais, quelque temps plus tard, le mal gagna le bas de son corps, et il en souffrit jusqu’à la fin de ses jours.

Une demeure ouverte, adresse des ‘Hassidim et des Chlou’him

Durant toutes ces années, Mme Myriam se tint aux côtés de son mari dans le labeur de la Chli’hout. La demeure de la famille Meijers à Amsterdam était grande ouverte et devint une adresse pour les ‘Hassidim, les Rabbanim, les Chlou’him et les hôtes de passage dans la ville. Elle y accueillit certaines des grandes figures ‘hassidiques de la génération, parmi lesquelles le Rachag, le Rav Ben Tsion Chemtov, le Rav Mendel Fouterfas, le Rav Leizer Nanes et le Rav ‘Haïm Hillel Azimov, ainsi que les membres du secrétariat du Rabbi, la Mazkirout, qui traversaient la ville sur la route de la Terre Sainte. Il s’y déroulait parfois des Farbrenguen qui se prolongeaient au cœur de la nuit.

Une famille ‘hassidique bâtie avec dévouement

Au-delà de l’hospitalité et du soutien qu’elle apportait à l’œuvre de la Chli’hout, la défunte consacra son existence à l’édification d’une magnifique famille ‘hassidique. Les époux déployèrent de grands efforts pour offrir à leurs enfants une éducation ‘hassidique complète, quand bien même cela exigeait de les envoyer étudier loin du foyer. Au fil des ans, ils eurent le mérite de contempler des générations d’enfants, de petits-enfants et d’arrière-petits-enfants marchant dans la voie de la Torah et de la ‘Hassidout.

Un départ un jour après le Yortzeit de son époux

Dans leurs dernières années, les époux montèrent en Terre Sainte et s’établirent à Jérusalem. Le Rav Daniel, de mémoire bénie, s’y éteignit le saint Chabbat 23 Mena’hem Av 5775 (2015). Fait saisissant et lourd d’émotion, Mme Myriam s’en est allée le 24 Mena’hem Av, un seul jour après le onzième Yortzeit de son époux.

La descendance 

Ses enfants :

  • Rav Pin’has Avraham Meijers, Av Beth Din de La Haye, auteur des recueils de responsa Divré Pin’has et Na’halat Pin’has, qui étudia dans les Yechivot Tom’hei Temimim de Brunoy, de Montréal et de Crown Heights ainsi qu’à la Yechiva Torat Emet
  • Rav David Eliyahou Meijers (Mari de Rivka Edelman)  de Ramat Shlomo – Jérusalem
  • Rav Barou’h Mendel Meijers
  • Rav Ezra Emmanuel Meijers, Sofer STaM – Beitar
  • Sa fille, Mme Sarah Nemanov, épouse de Reb Yossef Its’hak (Spitch) Nemanov, de Brunoy

de même que de nombreux petits-enfants et arrière-petits-enfants.