Le militant Habad Rav Yaakov Behrman a reçu des menaces de mort explicites par courriel après avoir publiquement exigé du maire de New York, Zohran Mamdani, qu’il modère une rhétorique jugée dangereuse pour les juifs de la ville. Une émission progressiste américaine très suivie l’a pris pour cible dans un segment chargé de haine, diffusant son nom à répétition devant des centaines de milliers de téléspectateurs. Quelques heures à peine après cette mise en cause, sa boîte courriel personnelle et celle de l’organisation caritative qu’il dirige ont reçu un message appelant explicitement au meurtre de juifs.

 

 

Une prise de parole courageuse qui déclenche une campagne de haine

La vague d’antisémitisme qui déferle sur les rues de New York a franchi un seuil d’une gravité particulière. Cette fois, c’est l’un des militants Habad les plus en vue de Crown Heights, Rav Yaakov Behrman, qui s’est retrouvé dans le viseur d’une campagne de haine organisée, allant jusqu’à recevoir des menaces explicites contre sa vie dans ses boîtes courriels personnelle et professionnelle.

Rav Yaakov Behrman, notamment cofondateur de l’organisation « L’Alliance pour l’avenir juif » (JFA), avait pris la parole publiquement et sans détour pour exiger du maire de New York, Zohran Mamdani, qu’il mette immédiatement un terme à la rhétorique clivante et dangereuse qu’il tient depuis quelque temps. Il avait fait valoir que les déclarations tranchées des responsables politiques ont des répercussions directes sur ce qui se passe dans les rues, et que la rhétorique agressive du maire attise un climat déjà tendu, mettant concrètement en péril la sécurité des juifs de New York — une communauté qui subit depuis des années une vague ininterrompue d’agressions antisémites.

La machine à haine se met en marche : « The Young Turks » à l’attaque

Les propos mesurés et courageux de Rav Yaakov Behrman ont suscité l’indignation de milieux progressistes et de militants antisionistes sur les réseaux sociaux. Mais le point culminant a été atteint lorsque l’émission d’information progressiste la plus regardée des États-Unis, The Young Turks, lui a consacré un segment particulier, saturé de haine. Les présentateurs se sont déchaînés contre lui de manière effrénée et dans un style avilissant.

L’une d’elles a raillé avec cynisme le sentiment d’insécurité du militant Habad : « Tu te sens vraiment en danger, Rav Yaakov ? Vraiment ? » Elle a ensuite lancé une grave accusation, affirmant que les « sionistes » aiment se plaindre de leur insécurité — même quand c’est faux — simplement pour étouffer le débat public.

Son co-présentateur a poussé le ton antisémite encore plus loin, traitant Behrman de « menteur patenté » et lui assénant, ainsi qu’aux représentants de la communauté juive, des accusations classiques puisées dans le registre des stéréotypes les plus sombres : « Vous êtes une bande de brutes criminelles qui soudoyez nos politiciens et volez notre argent. »

Il s’est ensuite adressé directement à Rav Yaakov Behrman pour lui dire crûment : « Tu veux qu’on pille mon argent pour l’envoyer en Israël tuer des Palestiniens. Tu soutiens le génocide à 100 %, c’est toi le vrai danger ici. » De nombreux observateurs ont relevé que l’usage répété et appuyé du prénom « Jacob » et du titre « Rabbi Jacob » par les présentateurs semble avoir été délibérément employé comme insulte antisémite — une désignation péjorative bien connue en Europe pour stigmatiser les juifs à l’apparence religieuse.

Des menaces de mort quelques heures après la diffusion

La campagne de haine ciblée diffusée à l’antenne s’est traduite avec une rapidité foudroyante en menaces physiques bien réelles. Quelques heures à peine après la diffusion de l’émission, Rav Yaakov Behrman a découvert avec stupeur, dans sa boîte courriel personnelle ainsi que dans celles de l’organisation caritative centrale « L’Aide à l’éducation » (NCFJE) et du projet « Opération Survie », un message de menace glaçant, débordant de haine.

Behrman a partagé une capture d’écran du courriel sur son compte X (anciennement Twitter), accompagnée de ce commentaire : « J’ai reçu ce message dans ma boîte personnelle et dans celle de l’organisation NCFJE ce matin. » Le courriel en question contenait, rédigées en anglais cru et venimeux, les lignes suivantes : « Tout juif répugnant qui croit que les juifs sont une race supérieure ou le peuple élu de D.ieu est un ennemi du peuple et de l’humanité tout entière. Tuez tous les juifs nazis » (KILL ALL NAZI JEWS).

Un engrenage mortifère entre haine médiatique et violence physique

Cette affaire illustre avec une clarté alarmante le lien direct qui existe entre l’incitation à la haine dans les médias et le passage à l’acte. Le cas de Rav Yaakov Behrman — homme de paix et de dialogue, mis en cause pour avoir simplement réclamé la responsabilité d’un élu — révèle jusqu’où peut mener la désignation publique à la vindicte populaire. La communauté juive de Crown Heights et au-delà suit cette affaire avec une profonde inquiétude, dans l’attente d’une réponse ferme des autorités compétentes.