Le 15 mai 2026 (17 Iyar 5786), le président Donald Trump a signé une proclamation historique instituant un Chabbat national, baptisé « Chabbat 250 », en l’honneur des 250 ans d’indépendance des États-Unis. Jamais encore un chef d’État américain en exercice n’avait formellement appelé ses concitoyens à observer le jour du repos juif. Du Maryland à la Floride, des communautés Habad de tout le pays se sont mobilisées pour accueillir des centaines de convives, transformant cette nuit de Chabbat en une célébration à la fois patriotique et spirituelle.
Une proclamation sans précédent
C’est dans le cadre de la proclamation du Mois du Patrimoine Juif Américain, signée le 4 mai 2026, que le président Trump a désigné la période allant du coucher du soleil du vendredi 15 mai jusqu’à la tombée de la nuit du samedi 16 mai comme Chabbat national. Le texte de la proclamation ne laissait aucun doute sur la portée historique du geste : « En l’honneur particulier de 250 glorieuses années d’indépendance américaine et à l’occasion du week-end de Rededicate 250 — jubilé national de prière, de louange et d’action de grâce — les Américains juifs sont encouragés à observer un Chabbat national. » Le président invitait également les Américains de toutes origines à rejoindre cette célébration : « Du coucher du soleil le 15 mai jusqu’à la tombée de la nuit le 16, amis, familles et communautés de tous horizons peuvent se rassembler dans la gratitude envers notre grande Nation. »
Pour ancrer son initiative dans l’histoire fondatrice du pays, Trump évoquait la célèbre lettre de George Washington à la communauté hébraïque de Newport, Rhode Island, ainsi que le rôle de Haym Salomon, financier de la Guerre d’indépendance, dont la proclamation souligne que son héritage « témoigne de la croyance inébranlable en la promesse américaine ». Plus de 7 500 personnes ont affiché sur le site Shabbat250.org leur engagement à observer ce Chabbat historique.
Habad au cœur de la mobilisation
Le mouvement Habad-Loubavitch a été l’un des premiers et des plus enthousiastes à embrasser l’initiative présidentielle. Le Rav Motti Seligson, directeur des relations publiques de Habad, a exprimé sans ambiguïté la vision spirituelle qui sous-tend cette adhésion : « Comme le Rabbi l’a souvent rappelé, les fondateurs de cette nation ont reconnu que son établissement était guidé par la Providence divine — et que les libertés qu’elle garantit sont accordées par le Créateur. C’est une vision que les Juifs ont toujours comprise, et le Chabbat est la manière dont nous l’avons toujours exprimée. »
Cette résonance n’est pas fortuite. Il y a quarante ans exactement, lors du Chabbat Bamidbar 5746 (7 juin 1986), le Rabbi, Ménahem Mendel Schneerson zts »l, avait lui-même proposé que ce Chabbat particulier soit observé comme un Chabbat Ah’dout — un Chabbat de l’unité — à l’échelle mondiale. La coïncidence calendaire entre cette initiative présidentielle et la Parasha Bamidbar, qui précède immédiatement la fête de Chavouot, n’a pas échappé aux commentateurs orthodoxes, qui y ont vu un signe de la Providence.
Des dîners de Chabbat d’un bout à l’autre du pays
À Baltimore, le Rav Chesky Tenenbaum, directeur de JUSA-Habad (Association des Militaires Juifs en Uniforme), a organisé conjointement avec les Vétérans de Guerre Juifs des États-Unis un dîner du Chabbat en l’honneur des soldats américains. L’événement prenait un relief particulier en tombant le jour des Forces Armées, une semaine avant Memorial Day. « Le Chabbat 250 coïncide avec le Jour des Forces Armées, à l’approche de Memorial Day, et précède Chavouot, qui nous rappelle notre unité juive mondiale », a déclaré le Rav Tenenbaum. « Pour notre communauté militaire, c’est le signe qu’un soldat juif n’est jamais seul. »
En Floride, le Beth Habad de Pembroke Pines a accueilli ses convives pour un dîner aux couleurs américaines — drapeaux, décoration patriotique et quiz sur les Juifs qui ont contribué à la fondation de la République. « Les États-Unis ont permis au judaïsme de se relever et de prospérer comme jamais dans toute l’histoire humaine », a déclaré le Rav Mordekhaï Andrusier, dont les grands-parents avaient fui l’Allemagne et la Russie pendant les années de guerre. À Miami, le Rav Eliezer Wolf, du Beit David Highland Lakes Shul, formé dans les Yéchivot de Habad, a confié avoir été « soufflé » par la proclamation présidentielle : « Aucun président n’avait jamais fait cela. C’est quelque chose d’unique, surtout en ce temps où les Juifs, même en Amérique, ressentent tant de haine. » Son Beth Habad a annoncé un dîner de Chabbat célébrant 250 ans de liberté religieuse sur le sol américain.
Un écho du passé, une boussole pour l’avenir
La Parasha de la semaine, Bamidbar, décrit comment le peuple d’Israël, nouvellement libéré d’Égypte, procéda à son dénombrement dans le désert au seuil de sa vie en tant que nation souveraine. Jonathan Feldstein, président de la Genesis 123 Foundation, œuvrant pour les liens judéo-chrétiens, a relevé ce parallèle sur son blog : « Aujourd’hui nous célébrons les chiffres, le 250e anniversaire, mais comme un recensement, cette étape doit aussi être un tremplin pour réfléchir à la direction que prend l’Amérique. »
Si l’initiative a suscité des débats au sein de la communauté juive américaine — certains mouvements progressistes s’interrogeant sur les frontières entre religion et État — le message du mouvement Habad est demeuré fidèle à l’enseignement du Rabbi : le Chabbat n’appartient à aucun camp politique. Il est un don divin, un espace de paix hebdomadaire qui transcende les clivages et rappelle à chaque Juif — qu’il soit soldat, étudiant ou chef d’entreprise — que son âme est reliée à une source plus haute que toutes les vicissitudes de l’histoire.
Une table de Chabbat à la Maison-Blanche
L’événement le plus symbolique du week-end s’est tenu au cœur même du pouvoir américain. À quelques heures de l’entrée du Chabbat, la Maison-Blanche a organisé une réception en l’honneur du Chabbat 250 dans la célèbre Indian Treaty Room, l’une des salles de cérémonie les plus prestigieuses du complexe présidentiel, ordinairement réservée aux grandes réceptions officielles. Des membres de l’administration et du personnel de la Maison-Blanche ont participé à la rencontre, qui s’est tenue en marge du retour d’une délégation officielle de Chine. La réception, d’une durée d’environ une heure, s’est conclue suffisamment tôt pour permettre aux participants observants de rejoindre leur domicile avant l’entrée du Chabbat.
Au centre de la salle avait été dressée une table de Chabbat garnie de tous les objets traditionnels. La personnalité des réseaux sociaux et militante Emily Austin y a réalisé une démonstration symbolique d’allumage des bougies, après avoir été invitée à le faire à la fois par des responsables de la Maison-Blanche et par sa propre mère, qui, pour la première fois depuis vingt-cinq ans, se trouvait dans l’impossibilité d’allumer les bougies elle-même. Les organisateurs ont précisé que cette démonstration s’était déroulée avant le coucher officiel du soleil et avait été conçue comme une représentation publique de la Mitsva. Ce moment a été unanimement décrit comme un grand Kidouch Hachem.
Chaque invité s’est vu remettre un exemplaire commémoratif de la proclamation présidentielle, accompagné d’un guide du Chabbat spécialement édité par le Rohr Jewish Learning Institute pour l’occasion. Ces documents arboraient un logo « Chabbat 250 » créé pour l’événement, intégrant le chiffre 250 dans sa composition.
Le Rav Levi Chemtov et le message du Rabbi
À l’issue de la réception à la Maison-Blanche, les participants se sont retrouvés à la Decatur House, musée historique jouxtant le complexe présidentiel, pour un dîner de Chabbat complet. Viandes et vins glatt cachères étaient servis, et les convives ont été introduits aux coutumes et aux mets traditionnels du Chabbat dans une atmosphère que tous ont décrite comme chaleureuse et respectueuse.
Les discours ont été prononcés par Martin Marks, Conseiller Spécial du Président et représentant de la Maison-Blanche auprès de la communauté juive, qui a souligné la signification de l’intégration de la tradition juive dans les célébrations du 250e anniversaire de la République, et par le Rav Levi Chemtov, Vice-Président Exécutif des Amis Américains de Loubavitch (Habad), qui avait également organisé le dîner faisant suite à la réception.
Le Rav Chemtov a évoqué la portée historique de l’appel du président et rappelé l’enseignement constant du Rabbi, Ménahem Mendel Schneerson zts »l : toute sa vie, le Rabbi avait encouragé le peuple juif à renforcer l’observance du Chabbat et à inciter femmes et filles juives à allumer les bougies. Voir cet idéal se matérialiser entre les murs de la Maison-Blanche, à l’occasion du 250e anniversaire de la nation que le Rabbi avait toujours considérée comme une terre de Providence, représentait pour les participants un moment chargé d’une émotion difficile à contenir.
Chabbat 250 : le repos comme acte de liberté
Pour le mouvement Habad, la proclamation présidentielle est venue confirmer ce que la tradition juive enseigne depuis la nuit des temps : le Chabbat est l’acte fondateur de la liberté. Cesser de travailler une fois par semaine, se rassembler autour d’une table dressée, allumer les bougies et réciter le Kiddouch — ces gestes simples portent en eux une révolution silencieuse. Ils rappellent que l’être humain n’est pas esclave de ses outils, de ses marchés ou de ses angoisses, mais qu’il est, au sens le plus profond, un enfant de D.ieu.
En célébrant Chabbat 250, les communautés juives d’Amérique ont ainsi rendu hommage à deux héritages inséparables : celui du peuple juif, qui observe le Chabbat depuis plus de 3 300 ans, et celui d’une République qui, depuis 250 ans, garantit à chacun le droit de vivre selon sa conscience. Une convergence que le Rabbi avait toujours vue comme la vocation particulière du judaïsme américain.






































