La justice moscovite a condamné à 11 mois de prison ferme une chirurgienne pour faute professionnelle grave ayant causé la perte quasi-totale de la vue d’Inna Boroda. L’épouse du Rav Alexander Boroda, président de la Fédération des communautés juives de Russie depuis 2008, avait subi une intervention chirurgicale oculaire qui a mal tourné en octobre 2023. Les dommages causés ont nécessité quatre opérations de rattrapage en Italie et des frais médicaux astronomiques.

 

 

Un tribunal de Moscou a prononcé une lourde condamnation contre la chirurgienne Yekaterina Lonskaya suite à une intervention oculaire désastreuse pratiquée sur Inna Boroda en octobre 2023. L’épouse du président de la Fédération des communautés juives de Russie a failli perdre définitivement la vue à cause d’erreurs médicales graves. Malgré quatre opérations correctives coûteuses en Italie, sa vision n’a été récupérée qu’à hauteur de 30% dans un œil. La praticienne écope de 11 mois d’emprisonnement, d’une amende de 500 000 roubles et d’une interdiction d’exercer pendant deux ans et demi.

Une intervention chirurgicale qui tourne au cauchemar

En octobre 2023, Inna Boroda, épouse du Rav Alexander Boroda – figure emblématique de la communauté juive russe – s’est rendue à la clinique privée « Klezko » de Moscou pour une intervention au visage. Ce qui devait être une procédure de routine s’est transformé en drame médical aux conséquences irréversibles.

La chirurgienne Yekaterina Lonskaya, chargée de l’opération, a commis plusieurs erreurs graves qui ont failli coûter la vue à sa patiente. Selon les experts médicaux mandatés par la justice, les fautes professionnelles sont multiples et accablantes.

Des erreurs médicales en cascade

Le rapport d’expertise médicale, relayé par le site YNET, dresse un constat sans appel : « diagnostic erroné, tactique de traitement défaillante et absence de prévention des complications » constituent les facteurs déterminants de cette catastrophe médicale.

Ces négligences ont provoqué « une perte permanente de la fonction visuelle et une atteinte significative à la capacité de travail générale » chez Inna Boroda. La gravité des séquelles témoigne de l’ampleur des dysfonctionnements dans la prise en charge de la patiente.

Un parcours de soins dramatique en Italie

Face à l’urgence de la situation et l’inefficacité des soins locaux, Inna Boroda a dû se résoudre à quitter la Russie pour tenter de sauver sa vue. Direction l’Italie, où l’attendait un parcours médical long et incertain.

Quatre interventions chirurgicales successives ont été nécessaires dans une clinique italienne spécialisée. Malgré l’expertise des praticiens transalpins et la sophistication des techniques employées, les résultats demeurent très partiels. La vision n’a pu être restaurée qu’à hauteur de 30% dans un seul œil, laissant Inna Boroda avec un handicap visuel permanent.

Une facture astronomique de 300 000 euros

Les conséquences financières de cette négligence médicale atteignent des sommets vertigineux. Les médias russes révèlent que « les dépenses totales pour les traitements, l’hébergement, le transport et la rééducation se sont élevées à 27,6 millions de roubles » – soit l’équivalent d’environ 300 000 euros.

Ce montant colossal, réclamé par Inna Boroda devant la justice en guise de dédommagement, illustre l’ampleur des préjudices subis. Entre les frais médicaux spécialisés, les séjours prolongés à l’étranger et les thérapies de rééducation, la facture témoigne du long calvaire vécu par la famille Boroda.

Une condamnation exemplaire pour dissuader les négligences

Le tribunal de Moscou a rendu un verdict sévère à l’encontre de Yekaterina Lonskaya. La chirurgienne fautive écopera de 11 mois d’emprisonnement ferme, une sanction pénale rare dans ce type d’affaires médicales en Russie.

S’ajoutent à cette peine de prison une amende de 500 000 roubles et surtout une interdiction d’exercer la médecine pendant deux ans et demi. Cette mesure d’éloignement professionnel vise à protéger de futurs patients contre d’éventuelles récidives.

La sévérité de cette condamnation s’explique par la notoriété de la victime, épouse d’une personnalité influente de la communauté juive russe, mais aussi par la gravité exceptionnelle des fautes commises et de leurs conséquences irréversibles.

 


Le Rav Alexandre Boroda est Rabbin et activiste social juif russe, né le 2 juillet 1968 à Moscou (56 ans)
– Président de la Fédération des communautés juives de Russie depuis février 2008
– Membre de la Chambre civique de Russie depuis 2009

Parcours professionnel :
– Formation : Diplômé de l’École supérieure de construction de transports de Moscou, spécialisé en géomètre minier
– Début de carrière : Géomètre, a participé à la construction de stations de métro moscovites (Konkovo, Tyoply Stan, Bibirevo, Altufyevo)
– Service militaire : Aviation navale soviétique (1987-1989)

Engagement religieux et social :
– 1989 : Commence à fréquenter la synagogue
– 1993-1998 : Travaille pour le magazine Lechaim
– 1996-2000 : Préside la Fondation pour le développement de la culture juive (programmes caritatifs et culturels)
– 2000 : Vice-président exécutif de la FEOR, puis membre du conseil d’administration (2004)
– 2008 : Élu président de la Fédération des communautés juives de Russie, réélu en 2020
– Distinctions : Ordre de l’Amitié, Médaille de l’Ordre « Pour le Mérite de la Patrie »