L’épidémie de rougeole qui sévit actuellement dans les communautés orthodoxes d’Israël, avec 38 nouveaux cas diagnostiqués en moins d’un mois, soulève de sérieuses inquiétudes parmi les autorités sanitaires. La majorité des personnes touchées sont des enfants non vaccinés, un constat alarmant à l’approche du pèlerinage de Lag Ba’Omer au Mont Meron qui rassemblera des centaines de milliers de fidèles.
La situation actuelle en Israël : une épidémie concentrée dans les zones orthodoxes
D’après les données publiées par le journal « Israël Hayom », l’épidémie se concentre essentiellement dans trois villes à forte population orthodoxe : Modi’in Illit avec 14 cas confirmés, Jérusalem et Bnei Brak comptant chacune 8 personnes infectées. D’autres cas ont également été signalés à Tel-Aviv, Baqa al-Gharbiyye et plusieurs autres localités israéliennes.
Les statistiques sont révélatrices : 74% des personnes infectées n’ont jamais été vaccinées, et 80% sont des jeunes de moins de 18 ans. Le ministère de la Santé israélien a précisé qu’actuellement, près de 350 000 enfants de moins de 10 ans dans le pays n’ont pas reçu leurs vaccins, dont approximativement 100 000 appartiennent aux communautés orthodoxes.
Ce qui préoccupe particulièrement les autorités sanitaires est la proximité de la célébration de Lag Ba’Omer au tombeau du Rav Shimon Bar Yohaï au Mont Meron. Gilat Shreibman, responsable du renseignement sanitaire au ministère de la Santé israélien, a souligné : « Un demi-million de personnes se rendront sur place en l’espace de 24 heures. La forte densité et le mélange entre différentes communautés représentent un risque réel de transmission. »
Comprendre la rougeole : transmission et symptômes
La rougeole est due à un paramyxovirus qui se transmet principalement par voie aérienne. Une personne infectée peut contaminer entre 15 et 20 personnes non immunisées, ce qui en fait l’une des maladies les plus contagieuses. La transmission se fait par les gouttelettes de salive projetées lors de la toux ou des éternuements, mais aussi par contact direct avec des objets contaminés, le virus restant actif pendant environ 2 heures sur les surfaces.
La maladie évolue selon plusieurs phases distinctes. Après une période d’incubation de 10 à 14 jours en moyenne, les premiers symptômes apparaissent : forte fièvre, toux, écoulement nasal et conjonctivite avec larmoiement. Un signe caractéristique est l’apparition de petites taches blanchâtres à l’intérieur des joues (signe de Koplik).
Suit ensuite la phase d’éruption cutanée : des petites taches rouges apparaissent d’abord sur le visage, puis s’étendent progressivement au reste du corps en suivant une direction descendante. À ce stade, la fièvre peut dépasser 40°C et le patient présente souvent un état de grande fatigue.
Les complications possibles et populations à risque
Si la rougeole guérit spontanément en une dizaine de jours dans la majorité des cas, des complications surviennent dans environ 20% des cas. Ces complications peuvent être graves et touchent principalement les enfants de moins de 5 ans et les adultes de plus de 20 ans.
Parmi les complications les plus fréquentes figurent les surinfections bactériennes comme les pneumonies, les otites moyennes aiguës, les laryngites et, plus rarement mais de façon plus grave, les encéphalites. Une complication neurologique tardive et fatale, la panencéphalite sclérosante subaiguë, peut survenir plusieurs années après l’infection initiale.
Chez les femmes enceintes, la rougeole peut entraîner des fausses couches, des accouchements prématurés ou des retards de croissance intra-utérins. C’est pourquoi les autorités israéliennes sont particulièrement vigilantes quant à la protection des populations vulnérables.
La vaccination : meilleure arme contre l’épidémie
Face à cette situation préoccupante en Israël, les autorités sanitaires ont lancé une vaste campagne de vaccination. Plus de 100 centres de vaccination sont désormais opérationnels à travers le pays, et l’installation d’un centre temporaire au Mont Meron est envisagée en prévision du pèlerinage.
La vaccination reste le moyen le plus efficace de prévention contre cette maladie. Le vaccin utilisé est le ROR (Rougeole-Oreillons-Rubéole), administré en deux doses. Pour éradiquer la rougeole, une couverture vaccinale de 95% de la population est nécessaire afin d’assurer une protection collective, notamment pour les personnes ne pouvant être vaccinées comme les nourrissons de moins d’un an, les femmes enceintes et les personnes immunodéprimées.
Dans le contexte israélien, les autorités sanitaires travaillent en étroite collaboration avec les leaders des communautés orthodoxes pour encourager la vaccination, invoquant notamment le principe biblique « Vénishmartem méod lénafshoteikhem » (« Veillez soigneusement sur vos âmes ») comme justification religieuse de cette démarche préventive.
Il n’existe pas de traitement spécifique contre la rougeole, la prise en charge se limitant à soulager les symptômes et à prévenir les complications. C’est pourquoi la prévention par la vaccination demeure l’arme la plus efficace contre cette maladie potentiellement grave, comme le rappelle la situation actuelle en Israël.l
Où se faire vacciner contre la rougeole en Israel ?
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Les bébés de 6 à 11 mois recevront un vaccin ROR gratuit à la station de la Goutte de lait.
- Les enfants âgés de 12 mois et jusqu’à cinq ans, qui ont déjà reçu une dose à l’âge d’un an, recevront gratuitement la deuxième dose à la station de la « Goutte de lait ».
Liste des stations de la « Goutte de lait » - Les enfants du CP et à la Troisième, qui n’ont pas encore été vaccinés via deux doses, peuvent compléter gratuitement le vaccin dans le cadre des services de santé de l’élève.
- Les adolescents de la Seconde à la Terminale, qui n’ont pas encore été vaccinés via deux doses, peuvent compléter gratuitement la vaccination dans les dispensaires des Bureaux de la Santé.
Liste des cliniques de vaccination -
Les personnes âgées de 18 ans et plus pourront se faire vacciner dans les dis-pensaires (qui les vaccineront même si elles ne voyagent pas à l’étranger).Le vaccin est administré à titre onéreux, comme indiqué dans le calendrier de vac-cination des dispensairesLa décision d’administrer le vaccin RROV ou RORV sera prise à la discrétion du personnel professionnel de la clinique.






