Itamar Ben-Gvir, ministre israélien de la Sécurité nationale, a marqué Yom HaShoah par une conférence à Yale, perturbée par des manifestants pro-palestiniens, avant de visiter le « 770 », siège mondial de Habad à Brooklyn. Entre discours sur l’Holocauste, jets de bouteilles et symbole spirituel, ce déplacement illustre ses ambitions politiques et son lien avec la diaspora juive.

New York, 25 avril 2025 – Itamar Ben-Gvir, ministre israélien de la Sécurité nationale, ne passe jamais inaperçu. Cette semaine, son périple américain a secoué les esprits, entre une conférence chahutée pour Yom HaShoah et une plongée fervente au « 770 », cœur battant de Habad à Brooklyn. Derrière ces éclats se dessine une vérité saisissante : son admiration sans bornes pour le Rabbi et le mouvement Loubavitch façonne ses positions inflexibles en Israël.

Jeudi, à l’université de Yale, Ben-Gvir a pris la parole devant une centaine d’étudiants et professeurs pour évoquer l’Holocauste, dans une ambiance saluée comme irréprochable par son équipe. Deux heures de mémoire, vite éclipsées par le chaos : à sa sortie, des centaines de manifestants pro-palestiniens l’ont accueilli à coups de bouteilles d’eau. Le ministre a riposté avec un signe V provocateur, tandis qu’un acolyte agitait le drapeau israélien. Pas de blessés, mais une posture claire : Ben-Gvir reste inébranlable.

Puis, direction Brooklyn, au « 770 », sanctuaire vibrant de Chabad-Lubavitch, un lieu chargé d’histoire et de spiritualité au cœur de Crown Heights. Accueilli avec chaleur, Ben-Gvir a été guidé par le Rav Mendel Eisenbach, directeur charismatique des lieux, qui lui a ouvert les portes de cet édifice légendaire. Dans la mythique bibliothèque, le Rav Berel Levine, figure respectée et gardien des trésors littéraires de Chabad, l’a reçu avec une solennité particulière, dévoilant des manuscrits rares et des archives qui retracent l’épopée du mouvement. À leurs côtés, le Rav Danny Cohen, émissaire dévoué du Rabbi à Hébron, a accompagné le ministre dans cette plongée profonde au cœur de l’héritage de Menachem Mendel Schneerson.

Là, Ben-Gvir n’a pas contenu son exaltation. « Le Rabbi était un géant, un guide visionnaire du peuple juif qui a ressuscité le judaïsme dans un monde en perdition », a-t-il proclamé, les yeux brillants d’admiration. Il a célébré la vision du Rabbi, celle d’un peuple juif uni, fier de son identité et prêt à affronter les tumultes de l’Histoire. « Il a redonné une âme à des générations désorientées, en leur offrant une boussole spirituelle et une force inébranlable », a-t-il ajouté, évoquant l’impact du Rabbi sur des millions de vies, des shtetls d’Europe aux métropoles modernes. Pour Ben-Gvir, Schneerson n’était pas seulement un leader religieux, mais un architecte de la résilience juive, un homme dont les paroles et les actes continuent de résonner.

Il n’a pas tari d’éloges non plus sur Loubavitch, qu’il a qualifié d’ »exemple vivant de foi et d’action ». Il a salué le réseau mondial des émissaires – ces ambassadeurs infatigables qui, des confins de l’Asie aux banlieues américaines, portent le message du Rabbi avec une détermination sans faille. « Ce qu’ils ont bâti est une révolution : un judaïsme qui ne se replie pas, mais qui rayonne, qui s’adapte sans jamais se diluer », a-t-il insisté, admirant leur capacité à conjuguer tradition et modernité. Pour lui, ce dynamisme incarne une leçon précieuse, un modèle d’engagement qu’il semble vouloir transposer dans sa propre vision politique.

Cette admiration n’est pas un simple élan passager. Elle est une ancre, une source vive où Ben-Gvir puise une force inépuisable pour ses batailles en Israël. Sa fermeté légendaire – que ce soit sur la sécurité nationale, l’expansion des implantations en Judée-Samarie ou la défense sans relâche de l’identité juive – trouve un écho profond dans l’audace du Rabbi. Il y voit un modèle : l’amour ardent du Rabbi pour Israël, son refus catégorique de plier sous les pressions extérieures, et sa capacité à transformer la foi en actes concrets. « Sa croyance en la valeur de chaque âme juive, son attachement indéfectible à la terre promise, sa vision d’une nation résiliente face à l’adversité : voilà ce qui me guide », a-t-il confié avec une conviction palpable. Pour Ben-Gvir, les enseignements du Rabbi ne sont pas de simples paroles spirituelles ; ils forment un manifeste pragmatique, une feuille de route qui nourrit son approche intransigeante des dossiers brûlants, de la vieille ville de Jérusalem aux frontières contestées.

Cette influence se ressent dans sa politique. Là où le Rabbi exhortait à réveiller les consciences juives et à affirmer leur droit à exister, Ben-Gvir traduit cette énergie en décisions musclées : renforcement de la présence israélienne, répression sans compromis des menaces sécuritaires, exaltation d’un narratif juif fort. Il admire chez le Rabbi cette alliance rare entre une vision messianique et une action ancrée dans le réel – une dualité qui, selon lui, manque trop souvent aux leaders contemporains. « Le Rabbi nous a montré qu’on ne négocie pas avec notre destin », a-t-il ajouté, liant cette leçon à sa propre résistance face aux critiques internationales ou aux concessions diplomatiques.

« Israël et ses racines juives vibrent ici, dans ce sanctuaire du « 770 » », a glissé le Rav Danny Cohen, émissaire à Hébron, avec une pointe de fierté. Cette ferveur de Ben-Gvir divise pourtant les regards. Pour les uns, elle révèle une foi sincère, un homme porté par une quête spirituelle authentique ; pour les autres, elle cache une manœuvre calculée, un moyen de rallier les cercles traditionalistes et de consolider son assise politique. Quoi qu’il en soit, une évidence s’impose : entre les heurts agités de Yale et l’élan passionné du « 770 », l’admiration de Ben-Gvir pour le Rabbi dépasse la simple anecdote. Elle est le socle qui sculpte ses combats d’aujourd’hui, un feu intérieur qui pourrait bien définir son avenir sur la scène israélienne.

 

השר לביטחון פנים איתמר בן-גביר הגיע לביקור ב-770