Un Farbrenguen d’exception a réuni hier soir, dans la salle du Conseil religieux de Rehovot, des Rabbanim, des Chlou’him et des personnalités publiques venues de tout le pays pour fêter les 70 ans du Rav Mena’hem Mendel Glou’hovsky, chalia’h du Rabbi en Terre Sainte. Figure incontournable de la vie communautaire et religieuse de la ville depuis plus de quatre décennies, le Rav Glou’hovsky cumule les responsabilités avec une discrétion et une constance qui forcent l’admiration. Les convives ont levé leur verre en criant « Le’Haïm ! », souhaitant au Rav de poursuivre son œuvre au service de la Chli’hout dans la santé et la joie.

 

 

 

Une soirée au cœur de la communauté

C’est dans l’atmosphère chaleureuse et fraternelle de la salle du Conseil religieux de Rehovot que s’est tenu hier soir un Farbrenguen hors du commun. Rabbanim de la ville, Chlou’him du Rabbi et dignitaires venus des quatre coins d’Israël s’y sont réunis pour célébrer comme il se doit le soixante-dixième anniversaire du Rav Mena’hem Mendel Glou’hovsky, shli’ta. L’événement avait tout d’un moment de famille élargie, reflet du lien profond que le Rav entretient depuis des décennies avec l’ensemble du tissu communautaire de Rehovot et au-delà.

Les discours se sont succédé, empreints d’affection et de respect. Chacun a tenu à souligner les multiples facettes d’un homme dont l’engagement ne se laisse pas enfermer dans une seule fonction.

De Détroit à Rehovot : une vocation forgée sur trois continents

Né le 29 Iyar 5716 — 10 mai 1956 — à Détroit, dans le Michigan, Mena’hem Mendel Glou’hovsky grandit au Canada, où sa famille s’installe à Toronto alors qu’il n’a que trois ans. Sa formation prend racine dans les grandes Yechivot Tom’hei Temimim : d’abord au 770 Eastern Parkway à Brooklyn, puis à Brunoy, en France. Le Rabbi le délègue ensuite dans le cadre de l’opération « Yavné et ses sages » pour renforcer la Yechiva Tom’hei Temimim de Kfar Habad, avant de lui confier, aux côtés du Rav Zoucha Alperovitch, la fondation de la Yechiva Tom’hei Temimim de Seattle — où il demeurera deux ans. Il parfait également sa formation rabbinique auprès du Rav Meïr Brandsdorfer, l’une des grandes autorités halakhiques de sa génération.

En 5738, le Rabbi l’envoie en Terre Sainte dans le cadre de la première vague organisée de Chlou’him en Israël. Un an plus tard, il épouse Ra’hel Beïla, fille du Rav ‘Haïm Eliyahou Michoulamin, fondant ainsi un foyer qui deviendra lui-même un pilier de la communauté rehovotienne.

Rav de Rehovot : une élection bénie par le Rabbi

L’arrivée du Rav Glou’hovsky à la tête de la communauté Habad de Rehovot ne doit rien au hasard. En 5739, le Rabbi donne instruction à ses Chlou’him en Terre Sainte d’obtenir leur ordination rabbinique et d’accéder à des postes de rabbinat. Deux candidats habadikim se retrouvent alors en lice pour la même communauté : le Rav Glou’hovsky, soutenu par des figures de référence comme le mashpia Rav Mendel Futerfas et R’ Zoucha Vilimovsky, et le Rav Chelomo Giladi, qui revendiquait une ancienne instruction du Rabbi en sa faveur.

Devant cette situation inédite, les deux candidats écrivent d’urgence au Rabbi, qui les oriente vers le Mara D’Atra de la ville, le Rav Sim’ha Kook, Grand Rabbin de Rehovot. Ce dernier tranche en faveur d’élections communautaires. En Tamouz 5741, les membres de la communauté se prononcent : le Rav Glou’hovsky est élu à la majorité des voix. Une décision que le Rabbi avait, en quelque sorte, anticipée : quelques semaines plus tôt, il avait encerclé de sa propre main les mots « mon sentiment intérieur est que cela me convient » dans la lettre du Rav, en y ajoutant : « Qu’il en soit ainsi, en heure favorable et propice. J’évoquerai cela au Ohel. »

Quatre décennies d’un rayonnement sans relâche

Depuis son élection, le Rav Glou’hovsky n’a cessé de développer et de structurer la présence Habad à Rehovot. Sous sa direction, la communauté s’est dotée d’institutions d’éducation, d’un Beth Habad central et d’une synagogue. Mais au-delà des bâtiments, c’est une présence humaine que le Rav incarne au quotidien : nombreux sont ceux qui le consultent, du matin au soir, sur les questions les plus diverses — spirituelles, familiales, professionnelles — faisant de lui un guide autant qu’un décisionnaire en matière de Halakha.

En 5777, il franchit une nouvelle étape en fondant le centre « Or HaBaït » à Rehovot, un espace proposant des dizaines de types de suivis conjugaux et familiaux à tarif subventionné pour les membres de la communauté. Une initiative qui traduit sa conviction profonde que la Chli’hout ne se limite pas à la sphère rituelle, mais embrasse la totalité de la vie humaine.

Vice-secrétaire du Beth Din rabbinique Habad : une bénédiction venue du Rabbi lui-même

Au tournant des années 1990, le Rav Yaroslavsky, secrétaire du Beth Din rabbinique Habad, nomme le Rav Glou’hovsky à ses côtés comme vice-secrétaire. Un poste qu’il assume avec la bénédiction explicite du Rabbi : lors d’une distribution de dollars le 29 Tevet 5752, le Rabbi le rappelle à lui à deux reprises. À la première, il lui déclare : « Qu’il soit accordé de longs jours sur son royaume. » À la seconde, il ajoute : « Tu es l’un des dirigeants du Vaad HaRabbanim — que cela soit couronné de succès. » Des paroles que le Rav Glou’hovsky porte depuis comme une mission.

Les bureaux du Beth Din, d’abord établis à Kiryat Malakhi sur instruction du Rabbi, sont ultérieurement transférés à Rehovot, où le Rav Glou’hovsky en assure la direction opérationnelle avec ses proches collaborateurs, le Rav Zalman Nov et son fils le Rav Its’hak Nov.

L’héritage spirituel du « Partisan »

Derrière la stature publique du Rav Glou’hovsky se dessine une dette spirituelle profonde envers une figure singulière du monde Habad : R’ Zoucha Vilimovsky, surnommé « le Partisan ». Pendant plusieurs années, notamment lors de ses débuts comme rav de communauté, R’ Zoucha fut pour lui un mashpia et un guide indéfectible, dont les conseils illuminèrent chaque aspect de son engagement ‘hassidique.

En 5777, à l’occasion d’un mariage familial, la famille Glou’hovsky a publié un recueil soigneusement composé intitulé Ma che-Sipper Li R’ Zoucha — « Ce que m’a raconté R’ Zoucha » — rassemblant histoires, maximes et tranches de vie transmises par le Partisan. Le Rav y évoque notamment l’influence de R’ Zoucha sur sa foi en la venue du Machia’h : « À chaque occasion, R’ Zoucha avait à la bouche les deux mots Ye’hi HaMelekh — et cela, bien des années avant la sichos du 2 Nissan 5748. »

Une foi inébranlable et l’étude des Igrot Kodech

Le Rav Glou’hovsky est l’une des voix rabbiniques les plus engagées en faveur de la foi en la venue du Machia’h et en la royauté du Rabbi. Il a signé le psak din proclamant le Rabbi Melekh HaMachia’h et participe régulièrement aux rassemblements dédiés à l’approfondissement de cette conviction au sein du mouvement Habad-Loubavitch.

Il est également l’un des premiers à avoir mis en pratique et promu l’étude quotidienne des Igrot Kodech — les lettres sacrées du Rabbi. Dès la parution des premiers volumes, il s’astreint à en lire cinq lettres par jour, y découvrant des réponses saisissantes à ses questionnements. Dans des entretiens accordés aux hebdomadaires Beit Machia’h et Kfar Habad, il a partagé cette pratique avec enthousiasme tout en soulignant ses limites : les Igrot ne remplacent pas la consultation d’un Rav pour les questions halakhiques, d’un médecin pour les questions de santé, ni d’amis éclairés pour les décisions de vie.

« Le’Haïm ! » : un vœu du cœur

Le moment fort de la soirée fut sans conteste le toast collectif qui a clôturé les prises de parole. D’une seule voix, l’assemblée a levé son verre en criant « Le’Haïm ! », souhaitant au Rav de continuer à œuvrer dans l’esprit du Rabbi, entouré de santé et de joie. Un vœu sincère, porté par tous ceux qui, de près ou de loin, ont bénéficié de son soutien, de sa guidance ou de sa présence bienveillante.

Ce Farbrenguen d’anniversaire restera dans les mémoires comme une belle démonstration de l’unité et de la gratitude qui caractérisent le monde Habad-Loubavitch en Terre Sainte — et comme un hommage mérité à l’un de ses artisans les plus dévoués, dont soixante-dix ans de vie n’ont fait qu’amplifier l’élan.