Une mitsva exceptionnelle ! Likoutei sihot - Volume 1 - Mikets Hanouka Paragraphes 15-19

20 décembre 2022 · 26 kislev 5783 · 20:07 · 42 vues

Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Paracha Mikets 'Hanouka Série : HanoukaSérie : Likoutei sihot

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15. La Mitsva des lumières de ‘Hanouka se distingue de toutes les autres Mitsvot par deux points :

A) Pour toutes les Mitsvot, il existe une manière normale de les accomplir et un moyen de le faire de la meilleure façon. En revanche, il n’existe pas «un moyen dépassant la meilleure manière».

On peut le déduire de l’affirmation suivante de la Guemara : «Jusqu’à quel niveau l’ajout est-il permis pour mieux accomplir la Mitsva ? Jusqu’au tiers de sa valeur». Puis, le texte précise que, jusqu’à cette valeur, l’ajout est le fait de l’homme, alors qu’au delà, il appartient à D.ieu. Il en résulte que l’on peut effectivement réaliser un ajout à l’accomplissement de la Mitsva, au delà de toute limite.

Pour la Mitsva de ‘Hanouka, en revanche, il est une façon normale de l’accomplir, une façon meilleure et une troisième, qui est «meilleure parmi les meilleures».

B) La plupart des Juifs se contentent, pour les autres Mitsvot, de la façon normale. Concernant ‘Hanouka, en revanche, tous les Juifs ont opté pour la meilleure façon et même pour la façon «meilleure parmi les meilleures».

16. Deux miracles se produisirent à ‘Hanouka :

A) La victoire au combat fut obtenue. C’est pour cela que le Hallel, qui est une action de grâce, est récité.

B) Puis, il y eut le miracle de la fiole d’huile, que l’on commémore en allumant les lumières.

Le comportement «meilleur parmi les meilleurs» n’est pas adopté pour réciter le Hallel et les actions de grâce, mais bien pour l’allumage des lumières, rappelant le miracle de la fiole d’huile. Celui-ci, de même que la victoire au combat se distinguent effectivement de tous les autres miracles, comme nous le comprendrons après avoir introduit une notion préalable.

On définit trois catégories de comportements divins :

A) Il y a, d’abord, le comportement naturel, qui peut, cependant, être élevé, conférer la réussite. Un tel succès reste toutefois conforme aux lois de la nature.

B) Il y a aussi le comportement miraculeux, transcendant la nature. Telle fut la victoire, dans la guerre de ‘Hanouka, véritablement surnaturelle, qui plaça «les forts dans les mains des faibles, les nombreux dans les mains de ceux qui étaient peu nombreux».

Une victoire des forts contre les forts eut, certes, été une grande réussite, dès lors qu’il y aurait eu une guerre. En revanche, elle n’aurait pas été un miracle. A l’opposé, le fait de placer «les forts dans les mains des faibles, les nombreux dans les mains de ceux qui étaient peu nombreux» est bien un miracle surnaturel.

C) Il y a, enfin, le comportement transcendant le miracle, qui ne procède ni du corps, ni de l’âme, mais qui est simplement une «meilleure façon d’agir», ayant une portée morale. Tel fut le miracle qui permit de trouver cette fiole d’huile. Ce qu’il apporta fut purement morale. Bien plus, il n’avait d’autre but que de faire la preuve de l’amour de D.ieu pour Israël. En effet, la Hala’ha permettait d’allumer le Chandelier avec de l’huile impure, puisque la notion d’impureté disparaît pour tout ce qui est public. D.ieu fit donc bien un miracle uniquement dans le but de témoigner de Son amour pour le peuple juif.

17. Tout ce qui ce passe dans les sphères célestes est la conséquence des actions de l’homme. Il existe donc également trois manières d’agir, de la part des hommes, qui révèlent les trois comportements divins précédemment définis :

A) Le comportement naturel découle de la pratique de la Torah et des Mitsvot, ainsi qu’il est dit : «Si vous marchez dans Mes Décrets, Je vous donnerai les pluies en leur temps, la terre portera ses fruits» et d’autres bénédictions seront également accordées.

B) Le comportement miraculeux consiste à accomplir la Mitsva de la meilleure façon, à ne pas se contenter de la stricte application de la Hala’ha, à vouloir la dépasser, mettre la Mitsva en pratique de la plus belle manière. Alors, «mesure pour mesure», D.ieu adopte également un comportement miraculeux envers les hommes.

C) Le troisième comportement correspond au don de soi, qui transcende même la meilleure manière d’accomplir la Mitsva.

18. En quoi le don de soi dépasse-t-il la meilleure manière d’accomplir la Mitsva ?

Cette dernière suppose de ne pas agir uniquement par obligation, mais de le faire avec plaisir, enthousiasme et chaleur. On optera donc pour la meilleure façon, la plus belle, même quand on n’est pas tenu de le faire.

On peut illustrer ce propos par une image. Un serviteur met en pratique l’injonction du roi. S’il n’en éprouve aucun plaisir, ne ressent aucune motivation, il ne fera qu’obéir à l’ordre reçu et ne cherchera nullement à le dépasser, ce qui ne lui apporterait rien. Par contre, s’il fait ce qu’on lui demande de tout son cœur, il sera enthousiaste et agira de la meilleure façon.

Pour autant, celui qui sert D.ieu de cette façon conserve une personnalité propre, éprouve, en l’occurrence, du plaisir, est animé de la volonté de mettre les Mitsvot en pratique.

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