Éclairer la rue ! Likoutei sihot - Volume 1 - Mikets Hanouka - Paragraphes 11 -14

19 décembre 2022 · 25 kislev 5783 · 10:44 · 33 vues

Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Paracha Mikets 'Hanouka Série : HanoukaSérie : Likoutei sihot

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11. La Mitsva de ‘Hanouka consiste à allumer des lumières? De quelle manière s’y prend-on? On utilise, pour cela, de l’huile, du bois ou tout autre objet matériel, que l’on chauffe jusqu’à ce qu’il soit incandescent. Dès lors, il éclaire tout ce qui l’entoure.

Les lumières que l’on allume pendant cette fête commémorent celles qui l’étaient, chaque soir, dans le Temple. Lorsque survint le miracle de ‘Hanouka, on ne disposait pas de l’huile pure qui aurait dû permettre l’allumage. Mais, D.ieu permit que l’on trouve une fiole d’huile pure, portant le sceau du Grand Prêtre, qui contenait une quantité suffisante pour l’allumage d’une journée. Un miracle se produisit et cette huile brûla pendant huit jours. C’est pour commémorer tout cela que nous allumons des lumières pendant les huit jours de ‘Hanouka.

Malgré ce lien étroit entre les lumières de ‘Hanouka et celles du Temple, quelques points les distinguent :

A) Dans le Temple, on allumait toujours le même nombre de lumières, alors qu’à ‘Hanouka, on en allume, chaque jour, un nombre croissant.

B) Dans le Temple, les lumières étaient allumées, le jour, quand il faisait clair, alors qu’on allume celles de ‘Hanouka quand le soleil se couche.

C) Les lumières du Temple se trouvaient à l’intérieur du Sanctuaire, alors que l’on place celles de ‘Hanouka «à la porte de sa maison, vers l’extérieur».

D) Les Juifs allumèrent les lumières du Sanctuaire et du Temple, alors qu’ils vivaient dans l’opulence matérielle.

A l’époque du Sanctuaire, dans le désert, en particulier, les enfants d’Israël disposaient de tout ce qui permettait de satisfaire leurs besoins. Ils mangeaient la manne, «le pain du ciel», buvait l’eau du puits de Miriam. Leurs vêtements grandissaient avec eux et étaient toujours propres.

De même, les lumières du Temple furent allumées à l’époque du roi Chlomo, période pendant laquelle la paix régnait. Les Juifs n’étaient pas en guerre et, bien au contraire, les autres peuples leur payaient un tribut. Tous se trouvaient alors «l’un dans sa vigne, l’autre sous son figuier».

Il en fut de même dans la dimension spirituelle. Lorsque l’on est libéré de tout soucis matériel, on peut, en effet, se concentrer pleinement à la Torah et aux Mitsvot, aux préoccupations morales et juives.

A l’opposé de tout cela, les lumières de ‘Hanouka commémorent une période pendant laquelle la Terre Sainte se trouvait sous la domination grecque. L’armée juive était numériquement peu nombreuse. Et, il en était de même pour les besoins moraux. On ne disposait pas même de l’huile pure nécessaire pour allumer le Chandelier durant une nuit.

12. Toutes ces différences sont liées, car le bien physique s’accompagne du bien moral, comme nous venons de le voir.

Lorsqu’un Juif possède l’opulence matérielle, il ouvre la main et accorde généreusement son concours pour satisfaire les besoins moraux. Dès lors, le combat et le don de sa propre personne deviennent inutiles.

En pareil cas, on peut se contenter d’allumer, chaque jour, le même nombre de lumières. Une telle situation correspond à la norme. Dès lors, tout ajout devient inutile. Et, il est tout aussi superflu de vouloir éclairer la rue, car le monde n’est pas obscur. Le Chandelier était donc allumé dans le Temple et, ainsi, la rue était elle-même lumineuse.

A l’opposé, lorsque la situation fut difficile, en temps de guerre, non seulement contre les Grecs, mais aussi contre les Juifs hellénisants, qui rejetaient le Temple, se détournaient des valeurs immuables et souhaitaient s’assimiler à la culture grecque, D.ieu donna la Mitsva d’allumer les lumières de ‘Hanouka. En pareil cas, il était nécessaire de faire le don de sa propre personne.

Quand on parvient à cette extrémité, on ne peut se contenter d’éclairer son propre foyer. L’obscurité de la rue pourrait, en effet, y pénétrer. Il faut alors s’efforcer d’illuminer la rue. On allumera donc les lumières de ‘Hanouka, dès que la nuit tombe, près de sa porte, afin que sa clarté se répande à l’extérieur.

De même, on ne peut se suffire du nombre de lumières allumées pour les nuits précédentes. Ne pas connaître la chute, se maintenir dans la situation de la veille, n’est pas suffisant. Il faut s’élever, sans cesse.

13. Voici comment le présent développement peut être résumé.

Lorsque l’obscurité de la rue est intense, on ne doit pas s’en affecter. Bien au contraire, il faut faire don de sa propre personne et l’éclairer. Plus encore, il faut lui apporter, chaque jour, plus de lumière, jusqu’à y mettre en évidence l’huile pure.

Pour y parvenir, on procédera de la manière suivante :

A) Il ne faut pas se contenter du nombre de lumières allumées la veille. Il faut sans cesse en ajouter de nouvelles, aujourd’hui une seule, demain deux, après-demain trois et ainsi de suite.

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