Où fructifier ? Likoutei sihot - Volume 1- Parachat Mikets - Paragraphes 8-10
Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Paracha Mikets Série : Likoutei sihotSérie : Likoutei sihot - Volume 1
8. Nous venons d’expliquer que l’exil procure une immense élévation et cette idée figure, en allusion, dans notre Sidra, qui explique pour quelle raison Efraïm reçut son nom: «Car D.ieu m’a permis de fructifier (Ifrani) dans le pays de ma détresse». Ainsi, c’est bien le fait de se trouver dans un «pays de détresse» qui permit à Yossef de «fructifier», de recevoir encore plus de lumière.
Yossef avait acquis une élévation considérable. Le Torat ‘Haïm et plusieurs autres textes expliquent pourquoi Yossef fut puni pour avoir eu recours aux interventions naturelles, même si Yaakov en avait fait de même.
Yaakov était placé au sein de l’enchaînement des mondes et il y craignait le poids de la faute. Il lui fallut donc agir par les voies naturelles. Yossef, en revanche, était un Juste d’une considérable élévation. Rien n’aurait donc dû lui inspirer la crainte. Dès, lors, son intervention naturelle était bien nécessaire.
Le verset établit que «Yossef reconnut ses frères, mais eux ne le reconnurent pas». En effet, ses frères, de même que les Patriarches, étaient tous bergers, précisément pour se couper du monde, afin que celui-ci ne les importune pas.
A l’opposé de tout cela, Yossef pouvait prendre une part active aux accomplissements du monde, diriger l’Egypte, de sorte que «sans ton accord, nul ne lèvera la main ou le pied, dans tout le pays». Et, ce verset doit être interprété à son sens le plus littéral. Lorsqu’un Egyptien souhaitait porter les armes, il devait, au préalable, recevoir l’accord de Yossef. Or, ce dernier parvenait à assumer son rôle dans le pays, tout en restant parfaitement attaché à D.ieu.
Malgré tout cela, comment put-il «fructifier»? Précisément en se trouvant «dans le pays de ma détresse».
9. Le récit, concernant Yossef qui vient d’être rappelé, délivre un enseignement à chaque Juif. La descente de l’âme au sein d’un corps, en ce monde matériel, de façon générale et pendant la période de l’exil, en particulier, n’a pas pour but de lui imposer une souffrance, ce qu’à D.ieu ne plaise. Elle lui apporte, bien au contraire, une élévation considérable.
Les mondes supérieurs ne sont pas le but ultime de la création. Ils n’apportent rien de plus qu’une chute à la Lumière de D.ieu. La finalité ultime est bien ce monde inférieur. C’est précisément là que se révèle l’Essence de D.ieu.
Bien que se trouvant dans ce monde, les enfants d’Israël ne pouvaient pas recevoir la Torah avant l’exil d’Egypte. C’est, en effet, cette période qui raffina les créatures et en fit des réceptacles, prêts à contenir la Torah. De fait, nos Sages soulignent que les Juifs purent recevoir la Torah, en particulier parce qu’ils avaient dû se rendre en Egypte.
10. Tel est également le sens du verset (Hochéa 11, 3): «J’ai dirigé les pas d’Efraïm».
Il est dit que, si un seul des six cent mille Juifs avait manqué, lors de la révélation du Sinaï, la Torah n’aurait pu être donnée à Moché, ce qu’à D.ieu ne plaise. C’est pour cela qu’il est question des «six cent mille hommes à pieds, parmi lesquels je (Ano’hi) me trouve». Ainsi, tous les six cent mille Juifs devaient être présents, y compris par leurs «pieds», qui font allusion au caractère de soumission, comme cela est expliqué par ailleurs. Alors, D.ieu se révéla pour donner la Torah et dit: «Je (Ano’hi) suis l’Eternel ton D.ieu». C’est grâce à cela que Moché put, à son tour, dire «je (Ano’hi) me trouve».
Evoquer Efraïm, qui rappelle que «D.ieu ma fait fructifié dans le pays de ma détresse», souligne donc que l’exil de l’Egypte était un préalable nécessaire pour connaître l’élévation, lors du don de la Torah. Le verset constate, à ce propos, que «J’ai dirigé les pas (Tirgalti) d’Efraïm». Tirgalti est bien de la même étymologie que Réguel, le pied, faisant ainsi allusion à la soumission. C’est seulement grâce à elle que l’on peut obtenir la révélation de l’Essence de D.ieu, Ano’hi, Je.
Yossef avait acquis une élévation considérable. Le Torat ‘Haïm et plusieurs autres textes expliquent pourquoi Yossef fut puni pour avoir eu recours aux interventions naturelles, même si Yaakov en avait fait de même.
Yaakov était placé au sein de l’enchaînement des mondes et il y craignait le poids de la faute. Il lui fallut donc agir par les voies naturelles. Yossef, en revanche, était un Juste d’une considérable élévation. Rien n’aurait donc dû lui inspirer la crainte. Dès, lors, son intervention naturelle était bien nécessaire.
Le verset établit que «Yossef reconnut ses frères, mais eux ne le reconnurent pas». En effet, ses frères, de même que les Patriarches, étaient tous bergers, précisément pour se couper du monde, afin que celui-ci ne les importune pas.
A l’opposé de tout cela, Yossef pouvait prendre une part active aux accomplissements du monde, diriger l’Egypte, de sorte que «sans ton accord, nul ne lèvera la main ou le pied, dans tout le pays». Et, ce verset doit être interprété à son sens le plus littéral. Lorsqu’un Egyptien souhaitait porter les armes, il devait, au préalable, recevoir l’accord de Yossef. Or, ce dernier parvenait à assumer son rôle dans le pays, tout en restant parfaitement attaché à D.ieu.
Malgré tout cela, comment put-il «fructifier»? Précisément en se trouvant «dans le pays de ma détresse».
9. Le récit, concernant Yossef qui vient d’être rappelé, délivre un enseignement à chaque Juif. La descente de l’âme au sein d’un corps, en ce monde matériel, de façon générale et pendant la période de l’exil, en particulier, n’a pas pour but de lui imposer une souffrance, ce qu’à D.ieu ne plaise. Elle lui apporte, bien au contraire, une élévation considérable.
Les mondes supérieurs ne sont pas le but ultime de la création. Ils n’apportent rien de plus qu’une chute à la Lumière de D.ieu. La finalité ultime est bien ce monde inférieur. C’est précisément là que se révèle l’Essence de D.ieu.
Bien que se trouvant dans ce monde, les enfants d’Israël ne pouvaient pas recevoir la Torah avant l’exil d’Egypte. C’est, en effet, cette période qui raffina les créatures et en fit des réceptacles, prêts à contenir la Torah. De fait, nos Sages soulignent que les Juifs purent recevoir la Torah, en particulier parce qu’ils avaient dû se rendre en Egypte.
10. Tel est également le sens du verset (Hochéa 11, 3): «J’ai dirigé les pas d’Efraïm».
Il est dit que, si un seul des six cent mille Juifs avait manqué, lors de la révélation du Sinaï, la Torah n’aurait pu être donnée à Moché, ce qu’à D.ieu ne plaise. C’est pour cela qu’il est question des «six cent mille hommes à pieds, parmi lesquels je (Ano’hi) me trouve». Ainsi, tous les six cent mille Juifs devaient être présents, y compris par leurs «pieds», qui font allusion au caractère de soumission, comme cela est expliqué par ailleurs. Alors, D.ieu se révéla pour donner la Torah et dit: «Je (Ano’hi) suis l’Eternel ton D.ieu». C’est grâce à cela que Moché put, à son tour, dire «je (Ano’hi) me trouve».
Evoquer Efraïm, qui rappelle que «D.ieu ma fait fructifié dans le pays de ma détresse», souligne donc que l’exil de l’Egypte était un préalable nécessaire pour connaître l’élévation, lors du don de la Torah. Le verset constate, à ce propos, que «J’ai dirigé les pas (Tirgalti) d’Efraïm». Tirgalti est bien de la même étymologie que Réguel, le pied, faisant ainsi allusion à la soumission. C’est seulement grâce à elle que l’on peut obtenir la révélation de l’Essence de D.ieu, Ano’hi, Je.