À l’occasion de Pourim 5786 (2026), la communauté du Beth Habad de Créteil s’est réunie dans une atmosphère de joie intense et de ferveur profonde, dans un contexte mondial qui confère à cette fête une résonance historique sans précédent. Alors qu’Israël est engagé dans une guerre contre l’Iran — héritier géographique de la Perse antique et porteur d’un projet déclaré d’anéantissement du peuple juif — la lecture de la Méguila prend cette année une dimension prophétique saisissante. Sous la conduite du Rav Haïm Mellul, la communauté a célébré non seulement un miracle du passé, mais un message brûlant d’actualité.

 

 

Pourim 5786 : quand l’histoire bégaie et que la foi répond

Il est des années où célébrer Pourim relève de la simple tradition. Il en est d’autres où cette fête semble arrachée à l’actualité même. Pourim 5786 (2026) est de celles-là. Tandis que les soldats israéliens combattent un ennemi iranien qui a placé la destruction de l’État d’Israël et du peuple juif au cœur de sa doctrine d’État, les communautés juives du monde entier lisent le même récit que leurs ancêtres : celui d’Haman, ministre perse assoiffé de pouvoir, qui avait obtenu un décret royal pour exterminer chaque Juif de l’empire. Le parallèle est frappant, presque vertigineux. La Perse d’hier, c’est l’Iran d’aujourd’hui. Haman a changé de nom, mais le projet demeure. Et pourtant, comme dans le livre d’Esther, le peuple juif est toujours là — debout, vivant, célébrant.

Une salle remplie, une image qui dit tout

Les photographies prises ce soir-là au Beth Habad de Créteil parlent d’elles-mêmes. On y voit une grande salle lumineuse et animée, des tables alignées couvertes de livres de prières et de Méguilot, des dizaines d’hommes debout ou assis, jeunes et moins jeunes, certains en chapeau noir, d’autres en kippa, tous rassemblés autour du même texte sacré. En arrière-plan, les bibliothèques chargées de volumes de Talmud et de livres de ‘Hassidout témoignent de la vitalité d’un lieu où l’étude et la prière ne s’arrêtent jamais. Au centre, face à l’arche ornée d’un parokhet sombre brodé de lettres dorées, se tient le Rav qui lit. Le reste de la salle l’écoute, Méguila en main, prêt à faire retentir le bruit caractéristique à chaque mention d’Aman. Cette image, dans ce contexte, n’est pas anodine : elle est une réponse vivante, incarnée, à ceux qui rêvent depuis Téhéran de faire disparaître ce peuple.

La lecture de la Méguila, un acte de foi et de résistance

C’est dans cette salle chaleureuse que le Rav Haïm Mellul a officié pour la lecture de la Méguila, accomplissant ainsi l’une des Mitsvot centrales de Pourim. Sa voix claire et posée a guidé l’assemblée à travers les péripéties du livre d’Esther, suscitant, comme le veut la tradition, des cris et des bruits à chaque mention du nom d’Aman. Mais cette année, ces clameurs portaient un écho particulier : elles exprimaient bien davantage qu’une coutume joyeuse. Elles étaient l’affirmation collective que le peuple juif n’a pas peur, qu’il sait d’où il vient, et qu’il connaît la fin de l’histoire. Célébrer Pourim en 5786 (2026), c’est proclamer que D.ieu n’abandonne pas Son peuple — hier en Perse, aujourd’hui face à Téhéran.

Le miracle de Pourim : un message intemporel pour un peuple éternel

Le livre d’Esther est unique dans la Torah : le nom de D.ieu n’y apparaît pas explicitement. Les maîtres de la tradition enseignent que c’est précisément là où D.ieu semble absent que Sa présence est la plus profonde et la plus agissante. Ce message résonne avec une force particulière en cette période troublée. Alors que la guerre fait rage, que des missiles sont tirés et que l’obscurité semble parfois l’emporter, Pourim rappelle que derrière les événements humains se tisse une Providence invisible mais réelle. Le miracle de Pourim n’est pas venu d’une armée ni d’une victoire militaire éclatante : il est venu d’une femme courageuse, d’un homme juste, et d’un peuple qui a jeûné et prié. C’est cette foi inébranlable que le Beth Habad de Créteil a célébrée cette année, dans la joie et dans la conscience aiguë de vivre un moment véritablement historique.

Le Beth Habad de Créteil, un foyer pour toute la communauté

Le Beth Habad de Créteil s’affirme, année après année, comme un lieu de rassemblement incontournable pour les Juifs de la ville et des environs. Fondé dans l’esprit du mouvement Habad-Loubavitch, il œuvre à rendre accessibles les fêtes et les enseignements du judaïsme à tous, quels que soient le niveau de pratique ou l’origine de chacun. Pourim 5786 (2026) a une fois de plus illustré cette vocation, en accueillant familles, enfants et fidèles dans une ambiance à la fois festive et profondément spirituelle. En des temps où le sentiment d’appartenance au peuple juif est mis à l’épreuve par les événements géopolitiques, se retrouver ensemble pour lire la Méguila est en soi un acte fort, courageux et porteur de sens.

Le Rav Haïm Mellul, une présence dédiée à sa communauté

À la tête du Beth Habad de Créteil, le Rav Haïm Mellul incarne avec conviction la mission du Chalia’h Habad : être présent, disponible et engagé pour chaque membre de la communauté. Sa direction de la lecture de la Méguila lors de Pourim 5786 (2026) témoigne de son attachement à faire vivre les traditions juives avec vitalité et authenticité. Par son action quotidienne, il perpétue l’héritage du Rabbi de Loubavitch, dont l’enseignement continue d’inspirer des communautés à travers le monde entier. En cette année particulièrement chargée d’histoire, son rôle de guide spirituel et de rassembleur prend une dimension nouvelle, à la hauteur des enjeux que traverse le peuple juif.

 

Photos : Mordehai Lubecki