Des milliers de membres de la communauté juive parisienne se sont réunis au Centre Beth Haya Mouchka pour la traditionnelle lecture de la Méguilah, marquant le début des festivités de Pourim. Sous la direction du Rav Mendel Azimov, l’événement a connu une affluence exceptionnelle, tandis que le Beth Loubavitch a distribué plus de 70 000 Michloach Manot, témoignant de la vitalité de cette célébration.

 

De notre correspondant à Paris

La communauté juive parisienne a vécu cette année un moment de grande ferveur à l’occasion de la célébration de Pourim. Le Centre Beth Haya Mouchka, l’un des plus importants centres communautaires de la capitale française, a accueilli des milliers de fidèles venus écouter la lecture traditionnelle du Livre d’Esther, connue sous le nom de Méguilah.

Les grandes salles du centre ainsi que la synagogue étaient combles pour cet événement spirituel marquant le début des festivités de Pourim. Hommes, femmes et enfants de tous âges se sont réunis dans une atmosphère à la fois recueillie et festive, perpétuant ainsi une tradition millénaire.

« C’est toujours un moment très émouvant de voir notre communauté rassemblée en si grand nombre », a confié le Rav Mendel Azimov, directeur des institutions Loubavitch parisiennes. « La lecture de la Méguilah nous rappelle l’importance de l’unité du peuple juif face à l’adversité, un message qui résonne particulièrement aujourd’hui. »

Pour répondre à l’affluence exceptionnelle, plusieurs sessions de lecture ont été organisées tout au long de la soirée et de la journée. Les fidèles ont suivi avec attention chaque mot du récit biblique, selon la coutume qui veut que l’on entende chaque mot de la Méguilah sans interruption.

À chaque mention du nom d’Haman, l’ennemi des Juifs dans le récit d’Esther, le bruit des crécelles et les tapements de pieds ont retenti dans la salle, conformément à la tradition qui consiste à « effacer » symboliquement le nom de cet oppresseur.

Une distribution massive de Michloach Manot

La fête de Pourim est également marquée par l’une de ses traditions les plus importantes : l’échange de Michloach Manot, ces paniers contenant au moins deux types d’aliments prêts à consommer. Cette année, le Beth Loubavitch a réalisé un effort logistique remarquable en distribuant plus de 70 000 Michloach Manot à travers Paris et sa région.

Cette initiative d’envergure a mobilisé des dizaines de bénévoles qui ont sillonné la capitale pour apporter ces paniers traditionnels aux membres de la communauté, y compris aux personnes âgées, isolées ou hospitalisées. « Notre objectif était que personne ne soit oublié durant ces célébrations », explique un des coordinateurs de cette distribution massive.

Les paniers, soigneusement préparés dans les jours précédant la fête, contenaient notamment des pâtisseries traditionnelles, des fruits et d’autres délices, permettant à chacun de participer pleinement à cette mitzvah (commandement) essentielle de Pourim.

« La particularité de Pourim est qu’elle associe profondeur spirituelle et joie manifeste », explique Sarah Benhaim, une participante régulière aux événements du centre. « C’est pourquoi tant de personnes, même celles qui fréquentent moins assidûment la synagogue le reste de l’année, tiennent à être présentes pour cette célébration. »

Le Centre Beth Haya Mouchka, nommé en hommage à l’épouse du Rabbi de Loubavitch, fait partie d’un vaste réseau d’institutions éducatives et communautaires créés par le Rav Chmouel Azimov a’h. Depuis plusieurs décennies, ce centre est devenu un point d’ancrage essentiel pour la communauté juive parisienne, proposant des activités religieuses, culturelles et éducatives tout au long de l’année.

Après la lecture de la Méguilah, les festivités se sont poursuivies avec un repas communautaire dans une ambiance joyeuse, marquant le début des célébrations de Pourim qui se prolongeront aujourd’hui avec l’échange traditionnel de Michloach Manot et les dons aux nécessiteux.

« En ces temps parfois difficiles pour notre communauté, ces moments de rassemblement et de joie partagée sont plus importants que jamais », a souligné le Rav Mendel Azimov. « Ils nous rappellent que, comme dans l’histoire de Pourim, la lumière finit toujours par dissiper les ténèbres. »

Les célébrations se poursuivront aujourd’hui dans toute la capitale avec divers événements festifs, dont un grand carnaval pour les enfants prévu cet après-midi au Centre Beth Haya Mouchka, et plusieurs repas de fête dans différents centres communautaires parisiens.