Lors d’un mémorable Farbrenguen à Pourim en 1955, le Rabbi de Loubavitch stupéfia l’assemblée des Hassidim en leur offrant de recevoir de D.ieu une immense richesse matérielle. La condition était d’accepter ensuite l’épreuve spirituelle que représente l’abondance. Ceux qui étaient prêts à relever ce défi n’avaient qu’à lever la main. Si certains saisirent cette opportunité extraordinaire, beaucoup hésitèrent.

 

Des centaines de Hassidim étaient présents au Farbrenguen de Pourim 5715 en compagnie du Rabbi. Le Farbrenguen dura de longues heures, les allocutions se succédant aux chants et ainsi de suite. Mais au milieu du Farbrenguen, le Rabbi interrompit son déroulement, et le visage rayonnant, il se tourna vers le public et dit :

« Il y en a qui se plaignent : apparemment, il serait préférable d’avoir une situation de « chacun sous sa vigne et sous son figuier », que chacun ait ses besoins matériels de façon aisée comme il le faut… »

« Les « extras » sont une chose qui perturbe aussi le matériel, comme l’explique le Tzemah Tzedek, que sa mémoire soit une bénédiction, par l’exemple des vêtements qui doivent être à la mesure de l’homme – non seulement un vêtement trop court n’est pas convenable, mais aussi un vêtement trop long n’est pas convenable, car l’homme s’y empêtre. Et il en est de même pour toutes les choses extérieures qui sont comme des vêtements, dont l’ensemble sont les choses de l’âme animale et du corps, qui sont en quelque sorte des vêtements pour les choses sacrées, que lorsqu’elles sont en plus grande quantité que nécessaire, c’est une chose non souhaitable non seulement pour la spiritualité mais aussi pour la matérialité. »

« Et comme on le voit de façon tangible, à notre grand regret, l’épreuve de la richesse est une très grande épreuve – mais malgré tout, si seulement – « que cela soit dit pour tous les Juifs » – ils étaient tous riches, et devraient peiner avec une immense difficulté, une peine de l’âme et une peine du corps, et si une heure ne suffit pas et deux heures non plus, ils peineraient de nombreuses heures – mais l’essentiel est que la difficulté soit de pouvoir résister à l’épreuve de la richesse !… »

Le Rabbi conclut ses paroles par une proclamation :
« En Amérique, on a l’habitude de soumettre toute chose au vote. Eh bien, que ceux qui acceptent de prendre sur eux que le Saint béni soit-Il leur donne une grande richesse, et que cela ne les dérange pas de devoir peiner dans la lutte contre leur mauvais penchant pour qu’il ne les fasse pas trébucher – qu’ils lèvent leur main droite d’un cœur entier.!.. »

La stupeur saisit l’assemblée. Apparemment, depuis l’époque de Rabbi Shimon bar Yohaï qui proclama devant ses disciples : « Vallée, vallée! Remplis-toi de pièces d’or! », jamais on n’avait proposé aux disciples de s’enrichir de façon si simple et facile! Il suffisait juste de lever la main…

L’un des participants à cet événement était le Rav Shmuel Aizik Popack, de mémoire bénie, qui par la suite s’enrichit énormément. Il décrivit ce qui se passa:

« Quand le Rabbi proclama que quiconque voulait s’enrichir lève la main, beaucoup des présents eurent honte de le faire. Apparemment, ils pensaient qu’il n’était pas approprié de demander au Rabbi des choses matérielles, le Rabbi était destiné à la spiritualité… »

Le Rabbi attendit quelques instants et regarda autour de lui, et voyant que la plupart des gens n’avaient pas eu le courage de lever la main et de mériter la richesse, à part quelques-uns, il dit avec une sorte de ton de déception:

« Ensuite ils viennent se plaindre qu’il manque telle chose et telle chose, mais quand il y a un temps de grâce, ils font des « חב »ד’סקע שטותים », des « bêtises à la Habad »… Dans le matériel, ils se fient au doute et au doute du doute, peut-être que quelque chose en sortira, alors que quand il y a un Farbrenguen avec plus d’un Minyane de Juifs, et qu’on se trouve dans un temps de grâce où on peut « saisir » et « attraper » quelque chose lié au Saint béni soit-Il Lui-même, ils ratent l’occasion pourvu qu’on les appelle des »בעל מוחין », des « gens intelligents ». Que puis-je faire?… Pourtant, la richesse ne perturbera pas la spiritualité, et il y aura plus de temps et de forces pour agir dans ce monde matériel en renforçant la Torah et les Mitsvot ».

L’un de ceux qui levèrent la main était apparemment le Rav Popack lui-même, bien qu’il ne l’ait jamais confirmé ou nié. « Tous ceux qui levèrent la main devinrent de grands riches », raconta-t-il. « Après ce Farbrenguen, je me tournai vers le Rabbi en demandant une bénédiction, car je n’avais alors aucun moyen de subsistance. Le Rabbi me dit de commencer à m’occuper d’immobilier. Je dis au Rabbi que je n’avais pas du tout d’argent, et le Rabbi dit que je n’avais pas besoin d’argent pour m’occuper d’immobilier. Et en effet, grâce à certaines actions, nous réussîmes à acheter deux maisons sans avoir d’argent à disposition. »