Depuis des millénaires, le Lashon Ara (la médisance) constitue une transgression quotidienne pour la plupart d’entre nous, malgré notre conscience de ses effets dévastateurs. Dans son enseignement, le Rav Alexander Saadoun analyse ce phénomène et propose des solutions pour s’en affranchir.

 

La médisance ne se limite pas aux critiques directes. Elle s’insinue subtilement dans nos conversations à travers des insinuations et des remarques en apparence inoffensives. Mais pourquoi cédons-nous si facilement à cette tentation?

D’une part, parler négativement des autres nous procure un sentiment de réconfort. En pointant les faiblesses d’autrui, nous relativisons nos propres manquements et nous nous sentons moins seuls face à nos difficultés.

D’autre part, nous projetons inconsciemment nos défauts sur les autres. Selon l’enseignement du Baal Shem Tov, autrui fonctionne comme un miroir : ce qui nous irrite chez l’autre reflète souvent ce que nous refusons de voir en nous-mêmes.

Pour vaincre cette inclination, deux remèdes sont proposés : prendre conscience que les défauts que nous critiquons chez les autres sont généralement les nôtres, et cultiver l’habitude de l’éloge et du discours positif.

Les paroles positives possèdent une puissance transformatrice. L’exemple de ce rescapé de la Shoah qui puisa dans un mot affectueux la force de survivre à la marche de la mort en témoigne. De même, le qualificatif de « tsadik » (juste) attribué à Noé lui donna l’énergie nécessaire pour accomplir sa mission divine malgré l’adversité.

En nous exerçant à voir et exprimer le bien, nous créons un espace intérieur où la médisance ne peut plus prospérer, libérant ainsi notre potentiel caché et celui des autres.