Il y a quelques mois encore, ces garçons parlaient arabe et se réveillaient chaque matin au son du muezzin, ignorant qu’ils étaient juifs. Aujourd’hui, parés de leurs Téfilines, ils se tenaient devant les pierres du Kotel et lançaient d’une voix tremblante le « Chéma Israël ». Huit enfants, sauvés ces derniers mois avec leurs mères et leurs frères, ont célébré côte à côte leur Bar Mitsva sur le lieu d’où la sainteté ne s’est jamais retirée.

 

 

 

 

Huit garçons au pied du Mur

Ils se tenaient là, les uns à côté des autres, célébrant ensemble leur entrée dans le monde des Mitsvot. À première vue, un passant aurait pu les prendre pour des camarades de classe venus marquer ensemble un jour particulier. Mais la présence, à leurs côtés, de militants de l’organisation Yad L’Achim, occupés à les aider à ajuster leurs Téfilines, laissait deviner une histoire bien plus bouleversante.

L’un des jeunes célébrant sa Bar Mitsva est monté à la Torah, accompagné du Rav Eliézer Mena’hem Broida, qui a offert les huit paires de Téfilines, et du Rav Yoav Robinson.

Arrachés aux villages arabes

Ces enfants ont été soustraits ces derniers mois à des villages arabes par Yad L’Achim, en même temps que leurs mères et leurs frères. Depuis, ils sont entourés par des travailleurs sociaux et des équipes d’accompagnement désignées par l’organisation, afin de les aider à passer de l’environnement hostile dans lequel ils ont grandi au monde juif.

Peu de temps auparavant, ils avaient reçu un magnifique présent comprenant des Téfilines mehoudar et un Talith. La cérémonie émouvante qui s’est tenue la semaine dernière au Kotel était le fruit d’une collaboration entre Yad L’Achim et le Beth Habad de Netanya.

Il était difficile de croire que quelques mois plus tôt à peine, ces garçons parlaient arabe et se réveillaient au son du muezzin, sans savoir qu’ils étaient juifs. Et les voici désormais devant les pierres du Kotel, ceints de leurs Téfilines, criant de tout leur cœur le « Chéma Israël ».

La lecture de la Torah et les larmes des mères

Le sommet émotionnel de la cérémonie fut la lecture de la Torah. La grande affluence au Kotel permit d’organiser plusieurs lectures, afin que les huit garçons puissent tous recevoir une aliya. Aucun père n’était présent pour réciter la bérakha de Baroukh Chépatrani. À leur place se tenaient les mères, qui observaient depuis l’Ezrat Nachim et versaient des larmes de joie devant un spectacle qu’elles n’avaient jamais imaginé voir un jour.

Une pensée pour ceux qui restent

Un instant particulièrement poignant survint lorsqu’un des garçons demanda que l’on récite un Mi Chébérakh pour ses deux frères aînés, qui n’ont pas encore été sauvés.

Aux côtés des enfants se tenait le Rav Eliézer Mena’hem Broida, qui avait offert les huit paires de Téfilines.

Une visite et un repas de fête

Après l’office, les garçons et leurs mères ont rejoint les responsables de Yad L’Achim, le Rav Yoav Robinson et le Rav ‘Haïm Kahn, pour une visite particulière des tunnels du Kotel. Un repas festif marquant la Bar Mitsva des enfants sera organisé prochainement, a annoncé l’organisation.

Le témoignage d’une mère

« Jusqu’à présent, confia l’une des mères, je pensais que le moment le plus émouvant de ma vie avait été celui où le véhicule du sauvetage avait quitté le village pour s’élancer sur la route 6. Aujourd’hui, après cette Bar Mitsva au Kotel, je crois que ce moment-ci fut plus bouleversant encore. Ici, pour la première fois, j’ai senti que nous commencions véritablement une vie nouvelle. »

Les paroles du Rav Chemouel Lipshitz

Le Rav Chemouel Lipshitz, l’un des dirigeants de Yad L’Achim, déclara à l’issue de la cérémonie : « Des années de séparation d’avec la moindre étincelle de judaïsme, des années de souffrance et de douleur, se sont effacées devant la vue des visages purs de ces enfants célébrant leur Bar Mitsva. »

Évoquant le Mi Chébérakh bouleversant, il ajouta : « N’oublions pas tous ces autres enfants juifs, si nombreux, qui se réveillent encore chaque matin dans des villages hostiles, sans savoir qu’ils sont des fils perdus du peuple juif. Nous continuerons à tout entreprendre pour les sauver et les ramener vers leur Père céleste, vers leur peuple et vers leur terre. »

 

 

L’un des jeunes garçons célébrant sa Bar Mitsva s’avance vers la Torah accompagné du Rav Eliezer Menahem Broida, qui a fait don de huit paires de Tefilines, et du Rav Yoav Robinson.

 

Le Rav Eliezer Menahem Broida, qui a fait don des Tefilines, noue le shel yad de l’un des garçons.