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Mercredi 8 Av 5786
Rav M. M. Azimov
Traité
Meguila


La conclusion du traité Meguila met en lumière un principe fondamental institué par Moché : étudier les lois de chaque fête en son temps. Derrière cette règle halakhique se cache un enseignement profond sur la lumière singulière que porte chaque période de l’année.

 

 

Le verset de clôture

Le traité Meguila s’achève sur un verset tiré du livre de Vayikra : « Vayédaber Moché ète mo’adei Hachem el bné Israël », que l’on traduit par « Moché enseigna les fêtes de D.ieu aux enfants d’Israël ». Ce choix n’a rien d’anodin, car il place l’ensemble du cycle des fêtes au cœur même de la conclusion du traité, comme pour rappeler que le temps sacré demeure la trame profonde de l’étude.

L’institution de Moché

Nos Sages enseignent que Moché instaura à cette occasion une règle essentielle : celle d’étudier et d’approfondir les lois propres à chaque fête au moment même où elle survient, selon le principe de l’Inyano chel yom, « le sujet du jour ». Ainsi étudie-t-on les lois de Pessa’h durant Pessa’h, les lois de Chavouot, également appelée Atséret, durant Chavouot, et les lois de Soukot durant ‘Hag, la fête par excellence. Cette discipline confère à l’étude sa pleine résonance, en l’accordant au temps qu’elle vient éclairer.

L’enseignement spirituel du moment

Au-delà de sa dimension purement halakhique, cette règle recèle un enseignement bien plus profond. Chaque période de l’année porte en elle une lumière particulière, une énergie spirituelle qui lui est propre et qui ne se dévoile qu’en son temps. En consacrant son étude à la fête que l’on traverse, on ne se contente pas d’en connaître les lois : on se relie pleinement à l’essence du moment et l’on puise directement dans la clarté qu’il diffuse.

La formule traditionnelle du Hadran

Fidèle à l’usage qui accompagne l’achèvement de tout traité, ce Siyoum se conclut par la formule du Hadran : « Hadran alakh Bné Ha’ir, vé slika lakh masékhet Meguila », c’est-à-dire « Nous reviendrons vers toi, chapitre Bné Ha’ir, et tu ne nous quitteras pas, traité Meguila ». Ces mots expriment une vérité chère à la tradition juive : l’étude ne s’interrompt jamais véritablement, et l’on revient sans cesse vers les textes que l’on croyait avoir refermés, dans un mouvement qui ne connaît pas de fin.

Un appel à la Tsedaka

Comme il est de coutume en pareille occasion, ce Siyoum s’accompagne d’un appel à renforcer la Tsedaka en cette période. À ce vœu s’ajoute celui d’un bon jeûne pour ceux qui l’observent, ainsi que l’attente ardente de la délivrance finale, la Guéoula, que nous espérons voir se dévoiler très prochainement.

 


Mardi 7 Av 5786
Rav Meir Lachkar
Traité
Haguiga 


Au terme du traité ‘Haguiga, les Sages du Talmud dévoilent une vérité aussi surprenante que réconfortante : le feu du Guéhinnom n’a d’emprise ni sur les érudits de la Torah, ni même sur les Juifs qui se laissent parfois aller à fauter.

 

Le traité ‘Haguiga se compose de trois chapitres, et c’est à la toute fin du troisième et dernier d’entre eux que la Guemara vient poser une conclusion d’une portée exceptionnelle.

La montée au Beth Hamikdach et la pureté des ustensiles

Ce dernier chapitre traite de la montée du peuple juif vers Jérusalem lors des trois fêtes de pèlerinage, Pessa’h, Chavouot et Souccot, et de la proximité des pèlerins avec les ustensiles sacrés du Beth Hamikdach, le Temple de Jérusalem. La foule immense qui affluait alors soulevait une difficulté : ces ustensiles, côtoyés par tout un chacun, avaient pu contracter une impureté. La Guemara s’interroge donc sur la manière de les purifier à nouveau, avant de conclure par un enseignement qui dépasse de loin la seule question rituelle.

Le feu du Guéhinnom sans emprise sur les Sages

« Amar Rabbi Abbahou, amar Rabbi Eléazar », rapporte le Talmud : les Talmidei ‘Hakhamim, les Sages, « ein our chel Guéhinnom choletet bahen », le feu du Guéhinnom ne saurait avoir d’emprise sur eux. Les Sages établissent cette affirmation par un raisonnement a fortiori, un Kal Va’homer, tiré d’un être aussi étonnant que la salamandre.

La salamandre, un enseignement tiré de la nature

La salamandre, explique Rachi, est un petit animal qui naît dans un foyer entretenu sans interruption durant sept années : à force d’y raviver les flammes et d’y accumuler la cendre, cet être voit le jour au cœur du brasier, y demeure et ne redoute nullement le feu. Or, celui qui s’enduirait du sang de cet animal deviendrait lui-même insensible aux flammes. À plus forte raison, enseignent les Sages, en va-t-il de ceux dont le corps tout entier est comparable au feu.

La Torah, semblable au feu

Pourquoi les Sages sont-ils comparés au feu ? Parce qu’ils étudient la Torah, et que la Torah elle-même est appelée Ech, le feu. Ainsi qu’il est écrit : « Halo kho devari… ka’ech », « Mes paroles ne sont-elles pas comme le feu ? », déclare le Saint béni soit-Il, HaKadoch Baroukh Hou. Puisque les paroles de D.ieu et celles de la Torah sont de la nature du feu, à plus forte raison (Kal Va’homer) les Sages qui en sont revêtus de la tête aux pieds ne sauraient-ils subir l’atteinte du feu du Guéhinnom.

L’enseignement de Réche Lakich sur les Pochéi Yisraël

Un autre maître, Réche Lakich, pousse cet enseignement plus loin encore : « Ein our chel Guéhinnom choletet bePochéi Yisraël », le feu du Guéhinnom n’a pas même d’emprise sur les Juifs que l’on ne qualifie pourtant pas de Sages, mais de Pochéi Yisraël, ceux qui peuvent parfois se laisser aller à fauter. Là encore, la démonstration procède d’un a fortiori, tiré cette fois du petit autel du Temple.

Le miracle du petit autel recouvert d’or

Ce petit autel, sur lequel on faisait brûler les encens dans le Hékhal, mesurait environ un mètre de hauteur sur cinquante centimètres de côté. Il était fait de bois recouvert d’une couche d’or extrêmement fine. Pourtant, matin et soir, l’on y consumait la kétoret sans que le feu n’entame jamais le bois qu’une si mince pellicule d’or protégeait. Rachi souligne qu’il s’agissait là d’un véritable miracle.

Emplis de Mitsvot comme la grenade de ses grains

De ce miracle, la Guemara tire sa conclusion : « Pochéi Yisraël meleim Mitsvot ka-rimon », les Juifs qui se laissent parfois aller à fauter sont malgré tout emplis de Mitsvot comme la grenade est emplie de ses grains. Ainsi qu’il est écrit : « Kefela’h ha-rimon rakatekh ». N’y lis pas rakatekh, « tes tempes », mais rekanin chebakhem, « les plus vides d’entre eux ». Telle une tranche de grenade sont les deux côtés du crâne de tout Juif : même ceux qui, hélas, se trouvent parfois vides de Torah demeurent emplis de Mitsvot. Et puisqu’ils débordent ainsi de Mitsvot, à plus forte raison (Kal Va’homer) nul mal ne saurait les atteindre.

Ainsi s’achève le traité ‘Haguiga, sur cette parole d’espérance : le feu qui consume ne peut rien contre l’âme du Juif, protégée par la Torah et par les Mitsvot dont elle est comblée.

 


Lundi 6 AV 5786
Rav Menahem Mendel Nisenbaum
Traité Makkot
(24a–24b)


Devant les ruines fumantes du Temple, quatre des plus grands sages d’Israël contemplent un spectacle déchirant : un renard sortant de l’endroit même du Saint des Saints. Trois d’entre eux fondent en larmes, mais Rabbi Akiva, lui, éclate de rire. Ce récit bouleversant du Talmud, lu et médité durant la période des Trois Semaines, révèle le secret d’un regard capable de percevoir, au cœur même de la destruction, la certitude absolue de la Guéoula.

 

Le Talmud, à la fin du traité Makot, rapporte l’un des épisodes les plus saisissants de la littérature de nos sages. Rabban Gamliel, Rabbi Eléazar ben Azarya, Rabbi Yehochoua et Rabbi Akiva montent ensemble à Jérusalem. Parvenus au mont du Temple, ils aperçoivent un renard qui sort de l’endroit où se trouvait le Saint des Saints, ce lieu d’une sainteté si redoutable que seul le Cohen Gadol, le Souverain Sacrificateur, pouvait y pénétrer, et uniquement le jour de Kippour.

Le contraste des réactions

Face à cette vision, la profanation atteint son comble : là où résidait la Présence divine dans toute son intensité, un animal sauvage rôde désormais parmi les décombres. Rabban Gamliel, Rabbi Eléazar ben Azarya et Rabbi Yehochoua ne peuvent retenir leurs larmes. Ils pleurent la perte, l’exil de la Chekhina, l’abaissement inouï du lieu le plus saint du monde.

Mais Rabbi Akiva, lui, rit.

Stupéfaits, ses compagnons l’interrogent : « Akiva, pourquoi ris-tu ? » Et lui de leur retourner la question : « Et vous, pourquoi pleurez-vous ? » Ils lui répondent que devant un tel spectacle, comment ne pas pleurer ? C’est alors que Rabbi Akiva dévoile la profondeur de son regard.

Le lien prophétique entre destruction et renaissance

Rabbi Akiva explique sa logique en associant deux prophéties que l’Écriture elle-même a liées l’une à l’autre. La première est celle d’Ourya, annonçant la destruction : « Sion sera labourée comme un champ », parole rapportée par le prophète Mikha et reprise dans le livre de Yirmiyahou. La seconde est celle de Zekharia, annonçant la renaissance : « Des vieillards et des femmes âgées s’assiéront encore dans les rues de Jérusalem », vision d’une ville rendue à la vie, à la paix et à la longévité de ses habitants.

Le verset d’Yechayahou associe explicitement ces deux témoins : « Je pris pour moi des témoins fidèles, Ourya le Cohen et Zekharia ». Or, plusieurs générations séparent ces deux prophètes. Pourquoi la Torah les unit-elle ? C’est que le destin de leurs deux prophéties est indissociablement lié : l’accomplissement de l’une garantit l’accomplissement de l’autre.

La certitude de la Rédemption

Pour Rabbi Akiva, le raisonnement est lumineux. Tant que la prophétie de la destruction ne s’était pas entièrement réalisée, un doute pouvait subsister quant à l’accomplissement de celle de la reconstruction. Mais dès lors que la parole d’Ourya s’est accomplie au mot près, jusqu’à ce renard sortant du Saint des Saints comme d’un champ abandonné, la preuve est faite que la parole divine ne revient jamais en arrière. La promesse de Zekharia se réalisera donc tout aussi sûrement, dans ses moindres détails.

Là où ses compagnons voyaient l’aboutissement d’une catastrophe, Rabbi Akiva percevait le commencement d’une promesse. Le renard n’était pas pour lui le signe de l’abandon, mais le sceau de la fidélité divine : si D.ieu a tenu Sa parole dans la rigueur, à combien plus forte raison la tiendra-t-Il dans la bonté.

« Akiva, tu nous as consolés ! »

Entendant ces paroles, les sages lui répondirent : « Akiva, tu nous as consolés ! Akiva, tu nous as consolés ! » Par ces mots répétés deux fois, les sages ne se contentent pas de saluer une belle idée : ils valident la vision de Rabbi Akiva, cette capacité de regarder au-delà de l’épreuve présente pour y apercevoir la lumière future.

Ce récit prend toute sa dimension durant la période des Trois Semaines, entre le 17 Tamouz et le 9 Av, où le peuple juif porte le deuil de la destruction du Beth Hamikdach. Le rire de Rabbi Akiva nous enseigne que le deuil lui-même est porteur d’espérance : chaque larme versée sur la destruction est en réalité un témoignage de foi en la reconstruction. Car celui qui pleure le Temple mérite de voir sa joie, comme l’affirment nos sages : « Quiconque prend le deuil de Jérusalem méritera de voir sa joie ».

Puissions-nous très bientôt voir de nos yeux l’accomplissement de la prophétie de Zekharia, avec la venue de Machia’h et la reconstruction du troisième Beth Hamikdach, rapidement et de nos jours. 


Dimanche 5 AV 5786
Rav Menahem Mendel Shapira
Traité Ketouvot


Le traité Ketoubot s’achève sur des images bouleversantes de l’amour que portaient nos Sages à la Terre d’Israël, embrassant ses rochers et se roulant dans sa poussière. Mais la Guémara ne s’arrête pas là : elle dévoile une promesse extraordinaire réservée aux temps de Machia’h, où même les arbres qui n’ont jamais rien produit donneront des fruits en abondance.

 

 

L’amour des Sages pour la Terre d’Israël

À la fin du traité Ketoubot, la Guémara nous raconte l’amour immense que témoignaient nos Sages envers la Terre d’Israël, chacun l’exprimant à sa manière, avec une intensité qui traverse les générations.

Lorsque Rabbi Abba arriva en Eretz Israël, il embrassa les rochers de la ville d’Aco, tant son attachement à cette terre était profond. Rabbi ‘Hanina, quant à lui, se consacra à aménager les routes qui menaient vers la Terre d’Israël, afin de faciliter le chemin de tous ceux qui souhaitaient s’y rendre.

Rabbi Ami et Rabbi Assi, lorsqu’ils dispensaient leurs cours de Torah, veillaient à se déplacer des endroits chauds vers les endroits plus frais, et inversement, des lieux froids vers les lieux chauds. Tout cela dans un seul but : ne jamais laisser échapper la moindre plainte sur le climat de la Terre d’Israël et manifester ainsi l’amour qu’ils lui portaient. Quant à Rabbi ‘Hiya bar Gamda, lorsqu’il parvint en Eretz Israël, il se roula dans sa poussière pour exprimer son amour et son attachement indéfectible à cette terre.

Une conclusion sur une note positive

La Guémara évoque ensuite les difficultés que connaîtront les Sages juste avant la venue de Machia’h. Mais fidèle à la tradition de conclure sur une note positive, c’est par une promesse lumineuse que s’achève le traité Ketoubot.

Rabbi ‘Hiya bar Achi enseigne au nom de Rav : dans les temps futurs, tous les arbres stériles de la Terre d’Israël donneront des fruits lorsque Machia’h viendra. D’où le savons-nous ? La Guémara apporte une preuve tirée du prophète Yoël, ainsi qu’il est écrit : « Car l’arbre donnera son fruit », et immédiatement après : « Le figuier et la vigne donneront leur richesse ».

Le raisonnement est le suivant : puisque le verset précise déjà que les vignes et les figuiers produiront leurs fruits en abondance, de quels arbres parle-t-il donc lorsqu’il dit simplement « l’arbre donnera son fruit » ? Il s’agit nécessairement des arbres qui n’ont jamais porté de fruits. Lorsque Machia’h viendra, tous les arbres donneront des fruits, même les arbres stériles.

Le Siyoum selon la demande du Rabbi

Hadran alakh Chnei Dayanei Guezeirot vesalika lah Massekhet Ketoubot : ainsi se conclut le traité Ketoubot.

Et conformément à la demande du Rabbi, qui souhaitait que l’on associe toujours la conclusion d’un traité, un Siyoum, aux deux Mitsvot de Ahavat Israël et de Tsedaka, ce moment d’étude s’achève par l’amour du prochain et par le don d’une pièce à la Tsedaka. Chavoua tov !

 


Vendredi 3 AV 5786
Rav Its’hak Sitruck
Traité Er’hin


 

 

Le traité ‘Erkhin : offrir au Temple la valeur d’une personne ou d’un bien

Le traité ‘Erkhin traite principalement, comme son nom l’indique, des « évaluations » : il s’agit du cas d’une personne qui décide d’offrir au Temple la valeur d’une personne ou d’un bien. La Torah fixe les règles précises de ces engagements, leur montant et les modalités de leur acquittement. Mais c’est sur un tout autre sujet que le traité s’achève, et c’est à ces dernières lignes que le Rav Sitruck a consacré son enseignement.

Le champ du Cohen face à l’année du Yovel

Dans les dernières lignes du traité, la Guemara cherche à établir si un champ offert en cadeau à un Cohen possède le même statut qu’un champ faisant partie du patrimoine familial de ce Cohen. Un principe est en effet clairement établi : un champ appartenant au patrimoine de la famille du Cohen peut être racheté à tout moment, et même lorsque survient la cinquantième année, l’année du Yovel, le Cohen conserve toujours le droit de récupérer son bien. La question est alors la suivante : un champ qui a été offert en cadeau à un Cohen bénéficie-t-il de ce même avantage ? Son propriétaire peut-il toujours le racheter, bien que la cinquantième année soit arrivée ?

La Guemara cite à l’appui le verset selon lequel les biens des Cohanim ont le statut de « possession éternelle », a’houzat olam. A priori, les Cohanim pourraient donc toujours racheter leurs biens. Peut-être faudrait-il alors considérer qu’un champ qui ne fait pas partie du patrimoine familial, mais qu’un Cohen a reçu en cadeau de la part d’un autre Juif, entre lui aussi dans le cadre de cet héritage éternel, et pourrait dès lors être racheté même après le passage de la cinquantième année.

La réponse de la Guemara : l’héritage familial seul est éternel

La Guemara conclut en tranchant la question. Lorsqu’il s’agit d’un champ qui fait partie du patrimoine familial de la famille du Cohen, celui-ci peut effectivement le racheter, même si l’année du Yovel est arrivée. En revanche, lorsqu’il s’agit d’un bien reçu en cadeau, le Cohen ne bénéficie pas de cet avantage : si le champ n’a pas été racheté avant la cinquantième année, il sera alors trop tard, et le bien sera réparti entre les Cohanim de la garde en fonction au début de cette année du Yovel. C’est sur cet enseignement que s’achève le traité, scellé par la formule traditionnelle du Hadran : « Nous reviendrons vers toi, traité ‘Erkhin ».

Un don à la Tsedaka pour s’associer à la joie du Sioum

Fidèle à la coutume qui associe l’étude à la générosité, le Rav Its’hak Sitruck a invité les auditeurs à joindre un don à la Tsedaka à ce Sioum, afin de prolonger la joie de la Torah par un acte de bonté concret. C’est par un chaleureux « Chabbat Chalom à tous » qu’il a conclu cette émission, transformant ainsi, l’espace de quelques minutes, les jours les plus sombres du calendrier en un moment de fête et d’élévation.

 


Jeudi 2 AV 5786
Rav Menahem Mendel Azimov
T
raité Sota


L’étude du traité Sota par le Rav Menahem Mendel Azimov, se conclu sur l’un des enseignements les plus saisissants du Talmud, consacré à la disparition apparente de la modestie et de la crainte de D.ieu après la mort de Rabbi Yehouda HaNassi. Deux Sages, Rav Yossef et Rav Na’hman, viennent pourtant témoigner que ces qualités demeurent bien vivantes parmi le peuple juif. Une conclusion qui s’achève par la formule traditionnelle du Hadrane et par un appel à renforcer la Tsedaka, qui rapproche la Délivrance finale.

 

Les derniers mots du traité Sota

Le traité Sota se conclut par ces mots de la Michna : « Michémet Rabbi, batla anava veyirat ‘het » – « Depuis la mort de Rabbi, ont cessé la modestie et la crainte de fauter ». La Guémara rapporte alors deux réponses étonnantes. Rav Yossef dit au récitateur de la Michna : « N’enseigne pas que la modestie a disparu, car moi, je suis là. » Et Rav Na’hman ajoute : « N’enseigne pas que la crainte de fauter a disparu, car moi, je suis là. »

Ainsi, la Guémara nous enseigne que le dernier maître réunissant pleinement les qualités de modestie et de crainte de D.ieu fut Rabbi Yehouda HaNassi, le rédacteur de la Michna, et que depuis son départ de ce monde, ces vertus se sont faites rares. Cependant, Rav Yossef affirme que la modestie existe encore, et Rav Na’hman témoigne que la crainte de D.ieu demeure toujours présente.

Un héritage qui ne s’éteint jamais

Loin d’être une manifestation d’orgueil, ces déclarations recèlent une leçon profonde : les qualités d’un véritable maître ne disparaissent pas avec lui. Elles se transmettent à ses disciples et continuent de vivre au sein du peuple juif, de génération en génération. L’enseignement de Rabbi Yehouda HaNassi n’a donc pas pris fin après sa mort : il demeure vivant parmi nous, et chacun peut, à son échelle, dire à son tour « je suis là » et incarner la modestie et la crainte du Ciel dans sa propre vie.

Le Hadrane, promesse de retour

L’étude s’achève par la formule consacrée : « Hadrane lakh Egla Aroufa ousslik lakh Massé’het Sota » – « Nous reviendrons vers toi, chapitre de « la génisse à la nuque brisée », et le traité Sota est achevé ». Cette formule traditionnelle, prononcée à la conclusion de chaque traité du Talmud, n’est pas un simple adieu : elle exprime l’espoir et l’engagement de revenir à cette étude dans l’avenir, car la Torah n’est jamais « terminée » – elle est un puits inépuisable auquel on revient sans cesse puiser.

La Tsedaka qui rapproche la Guéoula

Enfin, il convient de rappeler qu’il est essentiel de renforcer notre engagement dans la Mitsva de la Tsedaka. Comme l’enseignent nos Sages, « grande est la Tsedaka, car elle rapproche la Délivrance ». Chaque pièce donnée, chaque geste de bonté, hâte la venue de Machia’h et la Guéoula véritable et complète, très prochainement.

Participer chaque jour à un Siyoum vers 14h10 en direct sur Radio J
jusqu’au 15 Av

Un « Siyoum » est une fête qu’on organise lorsqu’on a achevé l’étude d’un traité talmudique.

Le Rabbi avait demandé qu’on organise un Siyoum pendant chacun des «neuf jours» et jusqu’au 15 Av puisqu’une telle joie sainte est permise durant cette période.

On peut participer à un Siyoum en direct sur hassidout.org ou en écoutant chaque jour (jusqu’au 15 Av) sur la radio juive (94.8 FM) une personne qui achève l’étude d’un traité.

 

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