Il y a près d’un siècle, en pleine tourmente soviétique, le Rabbi précédent ouvrait les portes de l’étude à ceux que la vie tenait éloignés des bancs de la Yechiva. Aujourd’hui, à Moscou, cette intuition renaît sous le nom de « Tiferet HaTemimim » : une Yechiva pensée pour les travailleurs, les jeunes et les nouveaux venus désireux d’étudier sérieusement. Portée par le Grand Rabbin de Russie et par la fondation 770, cette nouvelle initiative referme un cercle ouvert voici cent ans.

 

 

Un héritage né dans la Russie soviétique

Il y a près d’un siècle, dans les jours les plus sombres que connut le judaïsme de la Russie soviétique, le Rabbi précédent, le Rabbi Rayats, œuvra pour établir des cadres d’étude de la Torah même à l’intention de ceux qui n’avaient pas la possibilité de passer leurs journées entières entre les murs d’une Yechiva. Dans le cadre de « Tiferet Ba’hourim » se rassemblèrent, à Moscou comme dans d’autres villes, des jeunes gens et des Avrekhim, pour beaucoup artisans et travailleurs, afin d’étudier la Guemara, la Halakha et la ‘Hassidout.

Des cadres parallèles fondés en Amérique

Durant ces mêmes années, en Amérique, le Rabbi Rayats fonda en divers lieux des Yechivot et des cadres portant le nom de « A’hei Temimim ». Son objectif était d’élargir le cercle des étudiants de la Torah et d’offrir aux élèves des écoles la possibilité de se préparer, une fois passés les examens obligatoires imposés par les autorités, à poursuivre leur chemin, afin de les conduire vers une vie de Torah et vers l’esprit des saintes Yechivot « Tom’hei Temimim ».

Le retour d’une vocation à Moscou

Cette histoire revient aujourd’hui à Moscou. « Tiferet HaTemimim de Moscou » est une Yechiva née de cette même évidence : il existe de nombreux jeunes Juifs qui souhaitent étudier la Torah avec sérieux, dont l’âme aspire à goûter et à ressentir ce qu’est véritablement une Yechiva, et qui désirent progresser dans l’Avodat Hachem, mais qui, pour diverses raisons, ne peuvent à ce stade intégrer le cadre habituel d’une Yechiva.

Une Yechiva pour ceux que la vie retient

Le campus de la grande et ancienne Yechiva « Tom’hei Temimim Moscou » se trouve à Soprino, dans la banlieue de la capitale, et s’adresse par nature avant tout à de jeunes garçons capables de consacrer tout leur temps à une étude à plein régime. Mais que faire de celui qui travaille déjà, du jeune homme dont le cadre de vie ne lui permet pas de tout quitter pour rejoindre la Yechiva, ou encore de celui qui s’est rapproché du judaïsme à un âge plus avancé et qui souhaite désormais étudier de façon ordonnée et sérieuse ? C’est précisément pour eux qu’a été créé ce mois-ci le cadre de « Tiferet HaTemimim », afin d’offrir à chaque Juif la possibilité d’entrer dans l’univers de la Yechiva et d’y gravir, pas à pas, les sentiers de la Torah et de la ‘Hassidout. Pour les élèves et les plus jeunes, il peut aussi constituer une véritable préparation à la poursuite des études au sein de la grande Yechiva « Tom’hei Temimim », où ils arriveront déjà munis de bases solides, d’habitudes justes et du goût de l’étude.

Un programme d’étude complet et progressif

Ce cadre est une Yechiva adaptée à celui qui travaille comme à celui qui vit au cœur de la ville ; une Yechiva pour les jeunes autant que pour les plus âgés, un lieu de Torah pour quiconque aspire à être un Juif fidèle à la Torah et aux Mitsvot, à étudier avec sérieux et à s’élever degré après degré. Son programme, conçu comme une étude structurée à la manière des Yechivot, comprend l’étude approfondie du ‘Houmach, de la Guemara, de la Halakha et de la ‘Hassidout. L’ambition n’est pas seulement d’assister à des cours, mais d’acquérir une véritable méthode d’étude, la capacité d’apprendre par soi-même et un lien intérieur avec le monde de la Torah.

Les paroles du Grand Rabbin de Russie

La première journée de ce programme s’est déroulée en présence du Grand Rabbin de Russie, le Rav Berel Lazar. S’adressant aux participants de ce nouveau projet, il a souligné que ce cadre referme un cercle : près d’un siècle après que les jeunes de « Tiferet Ba’hourim » se furent réunis à Moscou pour étudier la Torah et la ‘Hassidout en dépit des conditions de l’époque, voici que revient dans la ville une initiative portant la même aspiration, celle d’ouvrir la porte de la Yechiva même à celui qui ne peut encore en franchir pleinement le seuil. Non pas se contenter d’un cours occasionnel, mais entrer, pour de bon, dans un univers de Torah.

Le soutien et la direction du projet

Le projet voit le jour grâce au soutien de la fondation 770 en Russie, présidée par le mécène, le Rav Yehouda Davidov. L’âme vivante de « Tiferet HaTemimim » est insufflée par les Rabbanim et les maîtres qui dispensent les cours de la grande Yechiva de Moscou. À la tête de ce cadre se tiennent le Rav Ye’hezkel Lazar et le Rav Mena’hem Mendel Slonimski ; dès son ouverture, l’initiative a rencontré un vif succès et suscité l’intérêt d’un très grand nombre.