Le Rav ‘Haim-Baroukh Auerbach, Chalia’h du Rabbi à Buenos Aires, raconte comment une rencontre inattendue avec Libi Alon, correspondante aux États-Unis de la chaîne israélienne 14, a fait naître un cheminement spirituel discret mais tenace. D’une simple visite au Beth Habad est né un rythme de vie nouveau : prière quotidienne, cours de Tania hebdomadaire et pèlerinage mensuel vers le Ohel sacré du Rabbi. Un rendez-vous qu’Alon honore chaque mois, parcourant volontairement la distance qui sépare Washington de New York.
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une rencontre à Buenos Aires
Rien, au départ, ne prédisposait Libi Alon, correspondante réputée de la chaîne israélienne 14 aux États-Unis, à ce cheminement. C’est un déplacement strictement professionnel qui l’amène en Argentine : elle doit y interviewer le président Javier Milei, une rencontre au sommet de l’actualité politique internationale. Mais le hasard d’un voyage — ou, diront certains, la providence — allait bouleverser bien plus que son carnet de reportage.
chabbat au beth habad
Durant son séjour à Buenos Aires, Alon pousse la porte du Beth Habad de la ville. Elle y découvre l’atmosphère chaleureuse d’un Chabbat vécu en communauté : les prières chantées, le repas partagé autour de la table, et un cours donné par le Chalia’h du Rabbi sur place, le Rav ‘Haim-Baroukh Auerbach. Ce qui devait n’être qu’une parenthèse dans un séjour de travail se transforme en un moment de rencontre bien plus intime avec ses racines.
Dans un entretien accordé , le Rav Auerbach revient sur ce Chabbat pas comme les autres. Il raconte qu’Alon a allumé les bougies aux côtés de son épouse — un geste simple, mais chargé de sens — avant de recevoir de cette dernière un véritable trousseau spirituel : un chandelier, un Siddour « Tehilat Hachem », et surtout un accompagnement patient pour apprivoiser les mots de la prière.
« Mon épouse s’est assise avec elle et lui a appris à prier ; elle lui a même placé des marque-pages dans le Siddour afin qu’elle sache exactement où prier », confie le Rav Auerbach, avec la satisfaction visible de celui qui a vu une graine germer.
qui est le rav auerbach ?
Né le 3 Sivan 5741 (1981), le Rav ‘Haim-Baroukh Auerbach est le fils du Rav Moché Chmouel et de Penina Nava Auerbach, eux-mêmes Chlou’him du Rabbi dans la région des Krayot, près de Haïfa. Il a étudié à la Yechiva Tomchei Tmimim de Lod, puis à celle de Kfar Habad, avant de rejoindre la Yechiva centrale 770, à New York, pour son année de « Kevoutsa ». En 5762 (2001-2002), il part en mission à Buenos Aires, intégrant le groupe des « Talmidim Chlou’him » chargés d’épauler la grande Yechiva locale. L’année suivante, en 5763 (2002-2003), il épouse Brakha Miryam, fille du Rav Tsvi Yehiel Grinblatt, Chalia’h principal du Rabbi en Argentine et président des institutions Habad du pays. Aujourd’hui à la tête du Beth Habad du quartier de Puerto Madero, il dirige également le « bureau des Chlou’him » d’Argentine, chargé de coordonner l’ensemble du réseau des émissaires du Rabbi dans le pays.
une empreinte durable
Ce qui aurait pu rester un souvenir de voyage s’est mué en habitude durable. Selon le Rav Auerbach, la rencontre de Buenos Aires a laissé une empreinte profonde et bien réelle dans le quotidien de la journaliste : depuis, Alon veille scrupuleusement, chaque matin, à réciter la prière de Chah’rit. Plus récemment encore, elle a franchi un pas supplémentaire en rejoignant un cours hebdomadaire de Tania, dispensé à distance, par Zoom, par l’épouse du Chalia’h — celle-là même qui l’avait guidée durant ce fameux Chabbat.
un lien qui dépasse buenos aires
Le lien tissé avec Habad ne s’est donc pas arrêté aux frontières de l’Argentine. Il a, au contraire, traversé un continent. Selon le Rav Auerbach, Alon prend aujourd’hui le temps, de manière régulière, de se rendre spécialement de Washington à New York, dans le seul but de prier au Ohel — sur le lieu de sépulture du Rabbi, dans le Queens. Un geste mensuel, discret et personnel, qui témoigne, mieux que n’importe quel commentaire, de la profondeur du chemin parcouru depuis ce Chabbat à Buenos Aires.
qui est libi alon ?
Née à Tel-Aviv en 1993, Libi Alon a grandi dans le moshav Odim avant de servir dans l’armée israélienne, où elle a notamment occupé un poste d’officier de renseignement. Après sa libération, elle a entamé des études de médecine en Italie, à l’université de Modène, avant de bifurquer vers le journalisme. Aujourd’hui responsable de desk, présentatrice et correspondante de la chaîne israélienne 14 aux États-Unis pour les affaires étrangères, c’est elle qui a obtenu, à Buenos Aires, l’interview du président argentin Javier Milei — une rencontre pour laquelle elle avait déjà réalisé un entretien pour le magazine Kfar Habad.
un cheminement partagé sur les réseaux
Ce n’est pas la première fois qu’Alon évoque publiquement son rapprochement avec la tradition juive. Sur ses réseaux sociaux, la journaliste a confié que son installation aux États-Unis avait accéléré, à son insu, un rapprochement avec la religion : elle a raconté avoir observé le Chabbat à plusieurs reprises, avoir été profondément émue par les chants traditionnels du vendredi soir, puis avoir fait cachériser entièrement sa cuisine avec l’aide d’un Chalia’h de Habad, qui a ensuite fixé une Mezouza à la porte de son nouvel appartement. Selon ses propres mots, c’est paradoxalement l’éloignement d’Israël qui a nourri chez elle le désir de s’en rapprocher.
un président connu pour sa proximité avec habad
Le contexte n’est pas anodin : Javier Milei, que Libi Alon était venue interviewer, entretient lui-même une relation publique et assumée avec le mouvement Habad-Loubavitch. Le président argentin s’est rendu à plusieurs reprises au Ohel du Rabbi à New York, a fait sonner le Choffar lors de sa campagne électorale, et a prié face au Mur occidental à Jérusalem. Lors de sa visite en Israël, en Chevat 5784 (février 2024), il avait fait part de son intention de faire poser une Mezouza à la Casa Rosada, le siège du pouvoir argentin. Il est également connu pour se rendre, chaque année, à la commémoration du Guimel Tamouz organisée par la communauté Habad de Buenos Aires. C’est dans ce climat particulier, où la tradition juive occupe une place visible jusqu’au sommet de l’État argentin, que le voyage professionnel de Libi Alon a pris, sans qu’elle s’y attende, une tournure spirituelle.
Le siddour d’Alon, tel qu’elle l’a partagé avec ses abonnés sur les réseaux sociaux



















