Le mercredi 2 septembre 2026, le Beth Loubavitch convie la communauté à un Farbrenguen au Beth Habad de la Place des Fêtes, dans le 19ᵉ arrondissement de Paris. Ce rassemblement, précédé de la prière de Min’ha à 20 heures, marque la fin des onze mois de deuil de Reb ‘Haïm Djian a »h, ‘Hassid discret et infatigable du mouvement en France. Pendant des décennies, cet homme de l’ombre a œuvré sans relâche pour diffuser les enseignements du Rabbi et immortaliser la vie communautaire au travers de ses photographies.
C’est un rendez-vous empreint de recueillement et d’élévation que propose le Beth Loubavitch. Au 53 rue Compans, dans le local du Beth Habad de la Place des Fêtes, les fidèles se réuniront autour d’un Farbrenguen — cette réunion ‘hassidique où l’on chante, où l’on étudie et où l’on se renforce mutuellement dans le service divin — organisé à la mémoire d’une figure aussi effacée qu’essentielle de la communauté parisienne. La soirée, ouverte à un public masculin, débutera par la prière de Min’ha et se poursuivra autour de la table ‘hassidique, dans l’esprit de fraternité et d’entraide spirituelle propre à ces rassemblements.
Le choix de la date n’a rien d’anodin. En marquant la conclusion des onze mois de Kaddich, la communauté transforme la peine du deuil en occasion d’élévation, à un moment de l’année particulièrement propice au recueillement : le mois d’Elloul, temps d’introspection et de miséricorde divine qui prépare les cœurs aux fêtes de Tichri.
Le serviteur discret du Beth Loubavitch
Qui était Reb ‘Haïm Djian ? Ceux qui ont fréquenté le Beth Loubavitch au fil des décennies gardent le souvenir d’un homme discret, au sourire constant, profondément attaché au Rabbi. Derrière cette apparente réserve se cachait un dévouement sans faille au service de la communauté. Lors d’une soirée d’hommage tenue quelques semaines après sa disparition, le Rav Mendy Azimov avait détaillé l’ampleur de ses contributions : recherche de salles pour les grands événements, organisation de la diffusion des enseignements du Rabbi, gestion du répondeur téléphonique communautaire, photographie des célébrations et tenue du fichier de la communauté.
L’une des images les plus marquantes de son engagement remonte aux années 1980. À une époque où la transmission des paroles du Rabbi relevait encore de la prouesse logistique, Reb ‘Haïm Djian traversait Paris pour récupérer, au Palais des Congrès, les premiers fax des Si’hot expédiés depuis New York. Il se hâtait ensuite d’en tirer les photocopies afin de les distribuer, veillant à ce qu’aucun ‘Hassid ne soit privé de la parole du Rabbi. Semaine après semaine, il fut ainsi l’un des maillons invisibles par lesquels l’enseignement du septième Rabbi de Loubavitch parvenait jusqu’aux foyers de France.
Son appareil photo, enfin, aura fixé pour la postérité d’innombrables moments de la vie ‘hassidique parisienne : farbrenguens, Erev Habad, réunions communautaires. Les archives de la ‘Hassidout française portent la signature de ce photographe bénévole, qui préférait rester derrière l’objectif plutôt que d’y figurer. Ironie du sort, c’est aujourd’hui son propre portrait qui préside au faire-part invitant la communauté à se souvenir de lui.
Une communauté rassemblée dans le souvenir
Ce Farbrenguen n’est pas le premier hommage que la communauté rend à Reb ‘Haïm Djian. Dès l’automne dernier, peu après son décès, une soirée du souvenir s’était déjà tenue en ce même Beth Habad de la Place des Fêtes, réunissant Rabbanim et fidèles autour d’enseignements du Rabbi et du récit de son parcours. En revenant s’y rassembler pour marquer la fin des onze mois, les participants bouclent ainsi un cycle de deuil entamé dans la douleur, désormais tourné vers la lumière et la continuité.
En se réunissant autour de la table du Farbrenguen, la communauté transforme le souvenir en lumière — fidèle à cet homme de l’ombre qui, toute sa vie, éclaira les autres sans jamais chercher la lumière pour lui-même.

















