Dans un entretien accordé à la chaîne israélienne Channel 12, Marla Maples, seconde épouse de Donald Trump, a dévoilé une facette spirituelle rarement évoquée du président américain. Selon elle, celui-ci porterait en permanence, glissé sous ses vêtements et posé contre son cœur, un exemplaire en araméen du Livre de Pin’has extrait du Zohar, auquel il attribuerait une vertu de protection et de guérison. Cette révélation, livrée au fil d’une conversation où l’ancienne actrice raconte aussi son propre attachement à la Kabbale et à Israël, éclaire d’un jour inattendu la vie intérieure du locataire de la Maison-Blanche.

 

 

Un texte mystique porté contre le cœur

C’est au journaliste Yonatan Reguer, sur la chaîne israélienne Channel 12, que Marla Maples a confié cette part intime de la vie de son ancien mari. Le président américain, affirme-t-elle, garderait toujours sur lui un exemplaire du Livre de Pin’has, tiré du Zohar et rédigé en araméen, qu’il placerait à même la poitrine, sous ses vêtements, pour la protection et la guérison. « Il porte sur lui le Livre de Pin’has, le Zohar, en araméen. Il le place contre son cœur, à l’intérieur, pour la protection et la guérison », a-t-elle déclaré. Mariée à Donald Trump de 1993 à 1999, elle décrit un homme habité par une dimension spirituelle qui n’a presque jamais percé dans l’espace public. « Il a un très grand cœur. Il ne serait pas là où il est aujourd’hui s’il n’avait pas voulu aider les autres », ajoute-t-elle, liant son ascension à un désir de servir.

Le livre de Pin’has, joyau du Zohar

Le texte évoqué par Marla Maples n’est pas anodin. Il correspond à la section Pin’has du livre des Nombres, qui s’étend du chapitre vingt-cinq au chapitre trente et raconte le geste de Pin’has, fils d’Eléazar et petit-fils du grand prêtre Aharon. Dans la tradition mystique, cette portion de la Torah occupe une place singulière, et certains cercles kabbalistes en diffusent une version araméenne à laquelle est prêtée une fonction de talisman protecteur. Le Zohar, dont ce passage est extrait, constitue l’ouvrage fondateur de la Kabbale, cet immense commentaire mystique de la Torah écrit pour l’essentiel en araméen et traditionnellement rattaché à l’enseignement de Rabbi Chimon bar Yo’haï. On y sonde les mystères de la création, les attributs divins et le lien de l’homme avec son Créateur, dans un registre où chaque verset ouvre sur un sens caché.

Un parcours spirituel singulier

Si Marla Maples demeure chrétienne, élevée dans la tradition baptiste de Géorgie, elle entretient depuis des décennies un rapport nourri à la Kabbale, au judaïsme et à Israël. Animatrice d’un balado intitulé « Awakening with Marla », consacré à la spiritualité et au cheminement intérieur, elle avait déjà pris part, en 2004, à une conférence internationale sur la Kabbale organisée à Tel-Aviv. Depuis plus de vingt ans, affirme-t-elle, elle observe les règles de la cacherout, respecte souvent le Chabbat et récite le Chéma. Cet ancrage, greffé sur son éducation chrétienne, la range parmi ce petit groupe de croyants dont la vie religieuse s’est étroitement mêlée à la pratique juive et à l’amour de la Terre sainte.

Tsfat, capitale historique de la mystique juive

Ses nombreux séjours en Israël l’ont conduite jusqu’à Tsfat, dans le nord du pays, qu’elle cite comme un jalon de son parcours. La ville n’est pas un lieu ordinaire : elle compte parmi les quatre cités saintes du judaïsme, aux côtés de Jérusalem, d’Hébron et de Tibériade, et demeure le berceau historique de la Kabbale. C’est là qu’au seizième siècle s’illustrèrent les grands maîtres de la mystique juive, de Rabbi Moché Cordovéro à Rabbi Its’hak Louria, connu sous le nom du Ari, dont l’influence fut telle qu’il façonna toute la pensée kabbaliste qui lui succéda. Marla Maples raconte également s’être recueillie sur les tombes de tsadikim et avoir goûté aux eaux du lac de Tibériade, le Kinneret, autant de gestes qui disent la profondeur de son attachement.

Le Chéma au cœur du danger

Au cours de l’entretien, l’ancienne épouse du président a rappelé combien cette prière l’avait portée dans l’un des moments les plus périlleux de son existence. Il y a une vingtaine d’années, au Nigéria, des hommes armés auraient immobilisé son convoi et maintenu le groupe en joue. C’est alors, dit-elle, que les mots du Chéma Israël lui seraient spontanément montés aux lèvres. « J’ai compris que je devais lâcher prise et que tout était entre les mains de D.ieu, confie-t-elle. Après ma prière, ils sont simplement repartis. » L’épisode l’a marquée au point que, depuis, elle récite cette prière chaque matin.

Un lien noué à travers la famille

Marla Maples suggère enfin que la proximité de Donald Trump avec les traditions juives doit aussi quelque chose à sa propre famille. La conversion au judaïsme de sa belle-fille Ivanka, avant son mariage avec Jared Kushner en 2009, aurait rapproché le président de ces coutumes et de cet univers. Un héritage transmis par les liens du sang autant que par les rencontres, qui prolonge chez lui une sensibilité que peu soupçonnaient.

Une voix contre l’antisémitisme

Au-delà de ces confidences, Marla Maples a saisi l’occasion pour dénoncer la montée de l’antisémitisme aux États-Unis et réaffirmer son attachement à Israël, plus vif encore depuis le massacre du 7 octobre 2023. Elle a décrit la situation en des termes sans détour, y voyant une réalité insensée et déchirante. Ainsi se dessine, à travers ses mots, le portrait croisé de deux itinéraires spirituels, celui d’une femme qui a fait sienne une part du judaïsme et celui d’un président qui, à l’en croire, garde tout contre lui, en secret, quelques feuillets d’araméen.