Au cœur du quartier de Ramat Chlomo à Jérusalem, le 770 a été le théâtre d’une célébration de Lag BaOmer d’une intensité rare, réunissant des centaines de ‘hassidim autour d’un brasier ardent dans une atmosphère de joie et de ferveur spirituelle. Danses, chants et Farbrenguen ont rythmé cette nuit de lumière placée sous le signe de Rabbi Chimon Bar Yo’haï, dont l’enseignement mystique illumine les générations. L’année 5786 (2026) restera gravée dans les mémoires comme celle où la flamme de Lag BaOmer a brûlé avec une vigueur particulière à Jérusalem la sainte.
La tradition du feu sacré de Lag BaOmer
Chaque année, au soir du 18 Iyar, le peuple juif tout entier commémore la hilloula — l’anniversaire du décès — de Rabbi Chimon Bar Yo’haï, le grand sage tanna’ïte à qui l’on attribue la rédaction du Zohar, l’œuvre fondatrice de la mystique juive. Selon la tradition, ce jour n’est pas un jour de deuil mais une fête spirituelle, car Rabbi Chimon avait demandé à ses disciples de célébrer la date de son départ de ce monde comme un jour de lumière et de révélation. Le feu allumé en ce soir béni symbolise la lumière de la Torah intérieure qu’il a transmise au monde, une lumière qui ne s’éteint pas.
C’est dans cet esprit que les communautés ‘hassidiques du monde entier allument chaque année de grands brasiers pour marquer Lag BaOmer. À Jérusalem, ville où se superposent les strates de l’histoire juive et de la spiritualité universelle, ces feux prennent une dimension particulière. Le quartier de Ramat Chlomo, foyer d’une communauté Habad dynamique et enracinée, accueille chaque année l’une des célébrations les plus vibrantes de la capitale.
Le 770 de Ramat Chlomo : une réplique sacrée au cœur de Jérusalem
L’adresse « 770 » n’est pas anodine pour tout ‘hassid Habad-Loubavitch. Elle renvoie directement au 770 Eastern Parkway, le siège mondial du mouvement Habad à Brooklyn, New York, adresse emblématique du Rabbi de Loubavitch. À travers le monde, plusieurs synagogues et Beth Habad ont été construits en reproduisant fidèlement l’architecture de cet immeuble légendaire, perpétuant ainsi un lien tangible et symbolique avec le Rabbi.
Le 770 de Jérusalem, construit par le Rav Yossef Its’hak Havlin, Rav de la communauté habad de Ramat Shlomo est l’une de ces répliques. Il constitue un centre de rayonnement spirituel pour la communauté Habad du quartier et attire, en particulier lors des grandes fêtes du calendrier juif, des fidèles venus de toute la ville et au-delà. En cette nuit de Lag BaOmer 5786 (2026), la cour du bâtiment s’est transformée en un espace de communion intense, où le feu du brasier central a réchauffé les corps et les âmes.
Une nuit de danses et de Farbrenguen
Dès la tombée de la nuit, la foule a commencé à se rassembler devant le 770 de Ramat Chlomo. Hommes en chapeau noir et Sirtouk, jeunes gens enthousiastes, enfants portant des torches — tous convergèrent vers le brasier central que des responsables de la communauté s’apprêtaient à allumer lors d’une cérémonie solennelle et joyeuse. Les premières flammes, hautes et puissantes, s’élevèrent dans le ciel nocturne de Jérusalem, accueillies par des cris de joie et des mélodies ‘hassidiques entonnées à l’unisson.
Les danses en ronde autour du feu, tradition immémoriale de Lag BaOmer, dessinèrent des cercles lumineux dans la nuit, chaque participant contribuant de son énergie et de sa foi à cette célébration collective.
S’ensuivit alors un Farbrenguen — rassemblement ‘hassidique convivial autour d’une table fraternelle — où Rabbanim et fidèles partagèrent des paroles de Torah, des enseignements du Rabbi et des nigounim, ces mélodies méditatives propres à la tradition Habad. Ont participé à ce Farbrenguen, le Rav Yossef Its’hak Havlin, le Rav Yossef Itshak Ofen, le Dayan, Rav David bardugo, le Rav Yaacov Goldshmid et le Rav Chmouel Bitton.
La retransmission en direct de l’événement a permis à des milliers de fidèles, en Israël comme à l’étranger, de participer à la liesse depuis leurs foyers. L’image du brasier ardent devant le 770 de Jérusalem, diffusée en temps réel, a suscité une vague d’émotion et de partage au sein de la communauté Habad mondiale.
Jérusalem, épicentre de la joie de Lag BaOmer
Si Méron, dans le nord de la Galilée, demeure le site central de la célébration de Lag BaOmer en Israël — là où repose Rabbi Chimon Bar Yo’haï et où se rassemblent chaque année des centaines de milliers de pèlerins —, Jérusalem n’est pas en reste. La Ville sainte multiplie les célébrations dans ses différents quartiers, chacun apportant sa couleur et son empreinte particulières à cette nuit de fête nationale et spirituelle.
À Ramat Chlomo, la dimension Habad-Loubavitch confère à la célébration une saveur unique, imprégnée de la philosophie du ‘hassidout et de l’enseignement du Rabbi de Loubavitch. Ce dernier insistait tout particulièrement sur l’importance de Lag BaOmer comme fête de la lumière intérieure et de la joie partagée, rappelant inlassablement que le message de Rabbi Chimon Bar Yo’haï est destiné à tous les Juifs, sans distinction.
En cette année 5786 (2026), alors que le peuple juif traverse une période marquée par de nombreux défis, la vitalité de ces célébrations témoigne d’une foi inébranlable et d’une volonté collective de puiser dans les sources de la tradition la force nécessaire pour avancer vers un avenir de paix et de lumière.
















