Le 11 Nissan 5772 (2012), une assemblée fervente s’est réunie au Beth Haya Mouchka de Paris pour célébrer le 110e anniversaire du Rabbi, dont la présence spirituelle demeure vivace au cœur de chaque rassemblement hassidique. Au fil d’un discours nourri d’enseignements profonds, le Rav Azimov a exploré la signification de cet anniversaire exceptionnel, le rôle des écrits laissés en héritage, l’appel à l’unité du peuple juif et la mission urgente d’accélérer la Guéoula. Des chants et des histoires touchantes ont jalonné cette soirée d’une intensité rare, rappelant à chacun sa capacité à transformer le monde.

 

 

 

Ce soir, nous sommes tous réunis pour célébrer l’anniversaire du Rabbi, qui atteint aujourd’hui ses 110 ans. Mais une question se pose naturellement : quel sens donner à un anniversaire lorsque la personne en question ne se trouve plus dans ce monde physiquement ? Il est tout à fait naturel de fêter l’anniversaire d’une personne qui vit parmi nous, dans un corps, dans le monde matériel. Mais lorsque quelqu’un se trouve déjà dans les sphères supérieures, les mots semblent manquer pour expliquer cette réalité.

C’est là qu’intervient l’enseignement du Rabbi lui-même, qu’il a expliqué à de nombreuses reprises, et de façon limpide : il ne s’agit pas d’une question de présence ou d’absence. Le Rabbi a eu recours à la métaphore d’une maison à plusieurs étages. Lorsque quelqu’un quitte ce monde, cela ne signifie pas qu’il a quitté la maison — cela signifie qu’il est monté au premier étage, puis peut-être au deuxième, et encore au-delà. Il est toujours dans la même demeure. C’est pourquoi il est difficile de dire simplement que la Nechama se trouve « en paradis » dans un sens qui impliquerait un éloignement. On sait parfaitement que le Rabbi se trouve dans les hauteurs — mais il est avec nous. Il est avec nous, il nous guide, il est en train de nous inspirer. Sa présence est certaine, même si elle n’est plus comparable à ce qu’elle était lorsqu’il était parmi nous physiquement.

Pour un homme ordinaire que l’on ne voit plus, on pourrait dire : il n’est plus là. Mais pour le Rabbi — et cela est attesté dans les sources saintes — son attachement à ses Chlou’him et à son peuple ne disparaît pas avec le corps. Il est gravé dans les cœurs, et il demeure toujours présent à travers ses écrits, ses enseignements, et la force qu’il continue de transmettre.

L’anniversaire : un moment de montée et de réflexion

Le jour de l’anniversaire est un terme d’une importance capitale, comme l’a explicité le Rabbi lui-même. Ce jour est important pour le monde matériel, et à plus forte raison pour les sphères supérieures. Le Rabbi en a parlé lorsqu’il a eu 80 ans — il y a 30 ans de cela — et il a décrit en détail ce que représente l’arrivée du jour anniversaire pour une âme.

C’est le moment où chacun est invité à réfléchir : est-ce que je suis en train d’accomplir la mission pour laquelle je suis venu en ce monde ? Est-ce que je la réalise comme il le faut ? Tout le monde est interpellé en ce jour : est-ce que l’on fait ce que D.ieu demande ? C’est le sens profond du Yom Houledet — le jour de la naissance.

Pour le Rabbi, cet aspect est encore plus important. Comme il l’a dit lui-même : il est en train de monter au ciel, et il laisse un héritage unique. Lorsqu’un grand maître place sous son idéal tout un peuple, et lui lègue son enseignement sous forme de manuscrits, de livres, de discours — cet héritage le rend toujours présent. De même que D.ieu a dit par la Torah : « Je suis dans la Torah » — et que la Torah reste toujours présente parce qu’Il est présent à travers elle — de même le Rabbi a dit : « Je monte au ciel, et je vous laisse mes écrits. » Ses écrits, c’est lui. Et c’est la raison pour laquelle, même après son départ de ce monde, le jour de son anniversaire continue de vivre et de rayonner.

Il est enseigné que les grandes âmes, en paradis, font une fête le jour de leur anniversaire — un jour de descente de bénédictions sur ceux qui sont encore dans ce monde. Aujourd’hui, le Rabbi est en train de faire une très grande célébration là-haut, dans les sphères supérieures. Et il regarde avec amour la mission que ses Chlou’him sont en train d’accomplir, et les écrits qu’il a laissés pour nous guider.

Pourquoi se réunir ensemble pour cet anniversaire ?

Une question peut sembler légitime : pourquoi est-il nécessaire de se rassembler tous ensemble pour fêter cet anniversaire ? Ne suffit-il pas que chacun, chez soi, à la maison, prenne de bonnes résolutions dans son cœur ? Ne pourrait-il pas décider seul, en silence, ce qu’il va faire de mieux désormais ?

La Torah répond très clairement à cela. Lorsque l’on prend une décision collectivement, lorsque l’on est tous réunis ensemble, cette décision prend une force incomparablement plus grande. C’est quelque chose qui touche bien davantage les cœurs, parce que l’union des forces décuple l’engagement. On ne peut pas imaginer combien cela est important aux yeux de D.ieu lorsque tous ses enfants se trouvent réunis ensemble.

Voici la plus grande joie, la plus grande satisfaction pour des parents : voir leurs enfants tous unis, en bonne entente entre eux, avançant tous dans la même direction, avec la même idée de progresser dans la Torah et dans le service de D.ieu. Nous sommes les enfants du Rabbi. Il est tout à fait naturel que des enfants assistent à l’anniversaire de leur père. De même qu’il est normal que des enfants se rendent à l’anniversaire de leurs parents, il est tout à fait normal que nous, les enfants du Rabbi, venions assister à son anniversaire. Et lorsque nous sommes tous là, ensemble, cherchant tous à progresser et à faire mieux — c’est cela la plus grande source de joie et de Nah’at pour le Rabbi.

Et il y a encore un point capital : le Rabbi lui-même est en train de monter de niveau. Chaque anniversaire marque une ascension supplémentaire dans les sphères supérieures. Et comme lui monte, nous montons avec lui — chacun à son niveau, mais tous en mouvement vers le haut. L’anniversaire du Rabbi ouvre un nouveau courant, une nouvelle époque dans la vie du peuple juif. Même si l’on a été bien jusqu’à présent, on peut faire encore mieux — et c’est précisément le sens de cette réunion.

Ce que le Rabbi a montré : même un lundi ordinaire peut devenir autre chose

Voici quelque chose que l’on peut percevoir ce soir même. Chacun d’entre vous était chez soi avant de venir ici. Chacun se trouvait à son niveau, dans son quotidien. Et regardez maintenant : après avoir dansé ensemble, après avoir étudié ensemble, après s’être retrouvés tous réunis — on repart chez soi dans un tout autre état d’esprit. C’est tout à fait différent de ce que l’on était en arrivant.

C’est cela que le Rabbi a montré au monde : même un lundi ordinaire peut devenir autre chose. Lorsque quelqu’un étudie la Torah, lorsqu’il fait des visites tout au long de la semaine et consacre ses journées à D.ieu — c’est une façon d’être totalement différente. Et lorsqu’arrivent les jours de fête, de Chabbat, d’anniversaire — ces jours sont encore plus différents. Le Rabbi a enseigné que dans les jours de fête, c’est l’entourage qui doit ressembler à la personne, et non la personne à son entourage. On ne se laisse pas emporter par l’ambiance du monde environnant — c’est l’ambiance du monde qui se transforme autour de celui qui vit selon la Torah.

110 ans : le parallèle avec Yossef Hatsaddik

Le chiffre 110 n’est pas anodin dans la tradition juive, et il est important de s’y arrêter. Il est rapporté que David Hamelekh n’avait pas d’années à lui — plusieurs personnes lui avaient donné des années de leur vie, si bien que sa durée de vie fut en quelque sorte composée des dons d’autrui. Mais Yossef Hatsaddik, lui, a vécu 110 ans qui lui appartenaient pleinement. C’est dit explicitement dans la Torah : Yossef a vécu 110 ans. Et après lui, après sa génération, c’est au tour des générations suivantes — les enfants de Yossef, ses petits-enfants — de porter l’héritage.

De même pour le Rabbi : en atteignant 110 ans, il entre dans une dimension analogue à celle de Yossef. Et comme après Yossef les générations suivantes ont pris le relais, de même c’est à nous maintenant — les enfants du Rabbi, ses Chlou’him dans ce monde — de porter son héritage et de le faire avancer encore plus loin. Tout ce que les générations précédentes ont accompli depuis le Baal Chem Tov sert de fondation. Et maintenant, avec les forces nouvelles que cet anniversaire ouvre, on peut faire encore plus.

Le 110e anniversaire est donc un anniversaire tout à fait particulier. Le Rabbi monte encore d’un niveau — comme Yossef a progressé dans les niveaux les plus élevés — et nous, ses enfants spirituels, nous progressons avec lui.

La lettre du Rabbi : celui qui donne sa vie pour la diffusion mérite la bénédiction divine

Il y a trente ans, une nouvelle époque s’est ouverte, et la force du Rabbi — les bénédictions qu’il accorde — se trouve infiniment plus puissante, et toujours plus importante. Il existe une lettre du Rabbi dans laquelle il dit, avant même de quitter ce monde : lorsque quelqu’un fait tout son possible pour le travail de la diffusion de la Torah, lorsqu’il a donné sa vie pour ce travail de rapprochement des Juifs et de sanctification du monde, il mérite d’être béni par D.ieu — non seulement d’une bénédiction ordinaire, mais d’une bénédiction où même le bien caché se révèle au grand jour.

Cette lettre est une promesse du Rabbi à tous ses Chlou’him : prenez de bonnes décisions, engagez-vous pleinement dans la mission, et tous les membres de la maison Habad ainsi que tous les Rabbanim seront non seulement présents pour la Guéoula — mais ils seront là pour l’accueillir pleinement, dans toute sa splendeur.

Les écrits du Rabbi : comme un feu inépuisable

On dit que lorsque l’on s’approche d’un grand feu — même si l’on vient pour la deuxième, la troisième fois — on trouve à chaque fois encore plus de richesse, encore plus de chaleur, encore plus de lumière. C’est exactement ce que sont les écrits du Rabbi. On peut les lire une fois, deux fois, trois fois : à chaque lecture, on y découvre des profondeurs nouvelles, des niveaux insoupçonnés.

C’est pourquoi chaque fois que l’on se rassemble, chaque fois que l’on étudie ses enseignements, on ne revient pas à quelque chose de déjà connu — on s’élève encore davantage. Cette richesse inépuisable est le témoignage vivant de la grandeur du Rabbi et de l’éternité de son œuvre.

La table de Chabbat et la Mezouza : un enseignement pour notre époque

Le Rabbi a livré sur ce sujet un enseignement halakhique d’une grande profondeur. On sait que lors du Kiddouch de Chabbat, les Hallot restent sur la table, recouvertes par la nappe — on ne les déplace pas, on ne soulève pas le plateau pour laisser passer. Certains ont l’habitude de procéder d’une certaine façon, d’autres différemment. La pratique répandue est de laisser les Hallot sur la table, couvertes, et de dévoiler légèrement la nappe pour montrer que l’on s’en occupe — mais ni le plateau ni les pains ne sont déplacés.

La question que l’on peut poser est la suivante : pourquoi agit-on ainsi ? Pourquoi ne soulève-t-on pas les pains, ne les déplace-t-on pas sur le côté le temps du Kiddouch ? Et là, le Rabbi donne une explication d’une grande portée : c’est que l’on doit montrer que l’on s’occupe de tous les détails — la table, les pains, chaque élément. Rien ne doit être écarté du côté, même pour un instant.

Puis le Rabbi élargit cet enseignement à notre époque tout entière. Il dit : dans notre génération, on ne peut pas marcher 300 mètres sans rencontrer la grandeur de D.ieu — mais aussi toutes les tentations et les épreuves que le monde matériel présente. C’est pourquoi on ne peut pas laisser la Torah « du côté ». On ne peut pas écarter les Mitsvot un instant, en se disant qu’on y reviendra plus tard. On est obligé de les garder présentes, sur la table de la vie, à chaque instant, en toutes circonstances.

Il faut aller dans la rue et s’occuper de tous les détails qui existent dans le monde. Lorsqu’on est dans la rue et qu’on rencontre quelqu’un, il faut lui dire un mot de Torah, lui montrer la grandeur de D.ieu. Il faut que la rue elle-même devienne un lieu de sanctification. C’est cela l’enseignement du Rabbi pour cette nouvelle année qui s’ouvre : s’occuper de chaque détail qui existe dans le monde, ne rien laisser de côté.

Ce que le Rabbi a apporté à cette génération plus que toutes les précédentes

Beaucoup de gens ont écrit sur les qualités du Rabbi, beaucoup d’auteurs, beaucoup d’écrivains ont essayé de les décrire. Mais ce soir, on peut en percevoir l’essence d’une manière particulière. La question fondamentale est : qu’est-ce que le Rabbi a apporté à cette génération, plus qu’aucune des générations qui l’ont précédé ? Depuis le Baal Chem Tov, chaque génération de Rebbeïm a ajouté quelque chose, a apporté sa contribution unique. Qu’est-ce que le Rabbi de notre génération a apporté, que l’on ne trouvait pas auparavant ?

Il y a une histoire qui illustre cela de manière frappante. Un enfant se trouvait dans un camp de vacances juif. Au cours de l’été, il avait entendu un Rav parler depuis la synagogue — un Rav de qualité, des paroles de Torah. Quand il rentra et téléphona à son père, le père sentit que son fils était profondément ému, touché d’une façon inhabituellе. Il lui demanda : « Pourquoi ces paroles t’ont-elles tellement touché ? Tu entends des Rabbanim parler régulièrement dans la synagogue. En quoi était-ce différent ? »

L’enfant répondit : « Papa, c’était différent. Ce Rav-là — j’ai vu comment il parlait. Il parlait non pas en général, mais de chaque enfant, de chaque personne individuellement. Et on voyait clairement qu’il parlait de tout son cœur, comme si chaque enfant était personnellement son propre enfant. »

Voilà ce que le Rabbi a apporté à sa génération : non pas des paroles en général destinées aux masses, mais un regard et une parole adressés à chaque âme individuelle, avec l’amour d’un père pour son enfant.

L’étudiant de Yechiva et l’enfant qui se noie : la mission du Chalia’h

Une autre histoire, rapportée à propos du Rabbi lui-même, illustre encore davantage cet enseignement fondamental. Un jeune homme vint un jour trouver le Rabbi. Il étudiait dans une grande Yechiva, entièrement absorbé par l’étude — rien d’autre ne l’intéressait. Il posa au Rabbi une question sincère : « Pourquoi dois-je quitter ma Yechiva pour aller faire des Mitsvot dans la rue, pour aller à la rencontre de gens qui ne savent peut-être rien ? »

Le Rabbi lui répondit par une question en retour. « Imaginez, lui dit-il, que vous soyez assis au bord de la mer, dans une grande Yechiva. Tous les plus grands sages du monde sont là, en train d’étudier. Et soudain quelqu’un entre en criant : ‘Au secours ! Il y a un enfant dans la mer, il est peut-être en train de se noyer !’ Que se passerait-il à votre avis ? » La réponse est évidente : tout le monde fermerait immédiatement ses livres, quitterait la salle d’étude, et courrait sauver cet enfant. Même les plus grands maîtres.

Puis le Rabbi ajouta : « Cet enfant dont je te parle — l’enfant qui se trouve dans la rue, perdu dans les structures du monde, qui risque de se noyer loin de la Torah et des Mitsvot — c’est mon enfant. C’est l’enfant de D.ieu. Je ne sais pas toujours comment l’aider pour qu’il ne se noie pas dans les structures du pays, loin du cadre de la Torah. Mais ce que je sais, c’est que quand quelqu’un de mal à l’aise passe dans la rue — il n’est jamais seul. Il est l’enfant de D.ieu. Et pour lui, il faut faire tout ce qui est humainement possible. »

C’est cela la mission du Chalia’h selon le Rabbi : ne pas quitter la table — c’est-à-dire ne pas abandonner la Torah — mais apporter la Torah avec soi dans la rue, s’occuper de chaque détail, de chaque âme, et faire de chaque rencontre dans la rue un acte de sanctification. Le Rabbi ne veut pas que les Mitsvot soient laissées sur le côté. Il veut qu’elles demeurent sur la table de la vie quotidienne, présentes et vivantes.

Le Rabbi est partout : il faut sortir dans la rue

Le Rabbi a dit à plusieurs reprises une chose essentielle : il est là-haut, mais il est partout. Et il ne suffit pas qu’on le garde pour soi, dans nos maisons ou dans nos synagogues. Il faut sortir dans la rue. Il faut aller dans la rue — et alors, tous les obstacles disparaîtront d’eux-mêmes.

On peut parfois penser que les difficultés sont trop grandes, que la mission est trop lourde, que le monde est trop éloigné. Mais le Rabbi dit : sors dans la rue et fais ce que tu as à faire — et tout s’arrangera. Il faut savoir que dans ce monde, on n’est pas venu pour se mettre à l’écart, mais pour apporter le dernier détail qui permettra d’amener la Guéoula. Car c’est ainsi que la Guéoula viendra : non pas par un grand geste unique, mais par l’accumulation de chaque détail, de chaque Mitsva, de chaque âme rapprochée.

Comme il est dit : j’ai entendu des paroles de Rabbanim, mais lorsqu’on entend la parole du Rabbi, c’est une parole prononcée de tout son cœur. Et c’est cette force de tout le cœur que le Rabbi donne à chacun de ses Chlou’him et à chaque membre du peuple juif : la capacité d’augmenter dans sa mission, de surmonter tous les problèmes, de traverser tous les obstacles.

Le Rabbi a brisé toutes les barrières : chacun est capable

L’un des enseignements les plus révolutionnaires du Rabbi est celui-ci : tout le monde est capable. Le Rabbi a brisé toutes les limites, toutes les frontières, tous les obstacles que l’on pouvait dresser. On pourrait croire que seule une élite, que seuls ceux qui ont beaucoup appris, peuvent atteindre les niveaux les plus élevés du service de D.ieu. Mais c’est exactement ce que le Rabbi a réfuté de toutes ses forces : chacun est capable. Non pas « certains sont capables et d’autres ne le sont pas » — mais chacun, chaque individu, est capable d’accomplir tout ce qui se trouve dans la Torah, dans la prière, dans la vie.

Il y a, dans les temps modernes, une comparaison frappante. Avant que l’aviation n’existe, avant la radio, avant les télécommunications, des choses que personne n’aurait osé imaginer comme possibles sont devenues des réalités quotidiennes. Des capacités que l’on croyait réservées à quelques-uns se sont révélées accessibles à tous. De même dans le judaïsme : avant le Rabbi, on pensait que certains niveaux spirituels étaient inaccessibles à l’homme ordinaire. Le Rabbi est venu dans ce monde pour enlever tous ces obstacles, pour soulever tous les « stumbling blocks » de la rue spirituelle, et pour dire à chacun : tu es capable.

Soyez prêts : l’appel à la Guéoula

Le Rabbi dit aujourd’hui ce que D.ieu a dit aux enfants d’Israël la nuit de la sortie d’Égypte : soyez prêts. En Égypte, le peuple juif a mangé la Pessa’h les reins ceints, le bâton à la main, les sandales aux pieds — prêts à partir avant même que la délivrance ne se manifeste pleinement. Ils n’ont pas attendu d’être sortis pour se préparer à la sortie. Ils se sont préparés alors qu’ils étaient encore en Égypte.

De même le Rabbi nous dit : soyez prêts pour la Guéoula maintenant. Ne dites pas « je ne suis pas encore capable » ou « je ferai mieux demain ». Quand quelqu’un dit qu’il n’est pas capable, le Rabbi lui répond : si, tu es capable. Tu es capable de te conduire parfaitement. Tu es capable de te préparer à la Guéoula dès maintenant. Un simple coup de téléphone peut suffire. Un geste simple, une Mitsva accomplie aujourd’hui : c’est ce que D.ieu te demande en ce moment précis. Fais ce que D.ieu te demande aujourd’hui — et demain tu feras ce qu’Il te demandera demain.

Nous sommes entrés dans une nouvelle époque — l’époque du 110e anniversaire — ce qui signifie que les forces, les capacités et les bénédictions disponibles pour chacun d’entre nous sont désormais décuplées. Le travail du Rabbi, ce travail social et spirituel gigantesque qu’il a accompli tout au long de sa vie, nous dit une chose : on est capable. Nous pouvons maintenant avancer vers la Guéoula et la faire descendre dans ce monde.

La Mitsva reste sur la table : tout sera selon la volonté de D.ieu

Pour conclure, revenons à l’image de la table. Le Rabbi a mis les Mitsvot « sur la table » — il a rendu le service de D.ieu accessible, présent, concret dans le quotidien de chaque Juif. Et il a dit : « Je ne bouge pas. » Cela signifie : la Torah ne disparaîtra pas, elle ne sera pas écartée. Tout ce que nous faisons dans ce monde, toutes les Mitsvot, tous les actes de bonté et de sanctification — tout cela va devenir, et demeure, conforme à la volonté de D.ieu.

Comprenons-nous vraiment la profondeur de ce que le Rabbi veut nous dire ? Pas seulement la table — tout ce qui l’accompagne. La rue, le monde, chaque âme juive. Tout cela sera comme la volonté de D.ieu — et cela, c’est la Guéoula elle-même. Puisse-t-elle arriver dès maintenant, immédiatement et sans délai.