Washington hausse le ton face à Bruxelles après la mise en examen de trois Mohalim à Anvers. Dans un message cinglant publié sur X, l’ambassadeur américain Bill White exige du ministre belge de la Santé qu’il mette fin au « harcèlement inacceptable » et garantisse la pleine liberté religieuse. « Nous sommes en 2026, entrez dans le XXIᵉ siècle et arrêtez ce procès grotesque », lance-t-il sans détour.
Trois Mohalim d’Anvers se trouvent au cœur d’une violente tempête diplomatique entre les États-Unis et la Belgique. Dans un message acerbe publié sur le réseau X par l’ambassadeur Bill White, l’administration américaine, soutenue par le président Trump et le vice-président J.D. Vance, exige des autorités belges l’annulation immédiate de ce qu’elle qualifie de « poursuite antisémite et grotesque » contre des hommes de foi exerçant leur fonction traditionnelle depuis des millénaires.
Qui est l’ambassadeur Bill White ?
William Bryan White, homme d’affaires, philanthrope et auteur new-yorkais, est l’actuel ambassadeur des États-Unis auprès du Royaume de Belgique. Originaire de Point Lookout dans l’État de New York, diplômé de l’Université Fordham, il a consacré l’essentiel de sa carrière au soutien des militaires, des vétérans et des familles de héros tombés au combat. Il a notamment dirigé pendant près de vingt ans le célèbre musée Intrepid Sea-Air-Space de New York, ainsi que le Intrepid Fallen Heroes Fund, levant plus de 1,5 milliard de dollars de fonds pour ces causes. En 2010, il a fondé Constellations Group, un cabinet de conseil stratégique au service de PDG de grandes entreprises du Fortune 500 et de groupes de capital-investissement internationaux. Nommé par le président Donald Trump en décembre 2024, sa confirmation par le Sénat a été obtenue le 7 octobre 2025, et il a présenté ses lettres de créance au Roi Philippe de Belgique le 17 novembre 2025. Récipiendaire à deux reprises du Meritorious Public Service Award décerné par la Marine et les Garde-côtes américains, Bill White est également secouriste bénévole (EMT), ayant répondu à plus de 2 500 appels d’urgence au cours de sa carrière.
Un ministre belge qualifié de « particulièrement insolent »
L’offensive américaine a visé personnellement le ministre belge de la Santé, Frank Vandenbroucke, décrit comme « particulièrement insolent ». Dans un compte-rendu inhabituel d’une réunion officielle, il a été révélé que le ministre belge avait refusé de serrer la main du représentant américain ou de se faire photographier avec lui dans la salle de réunion. « C’est une tactique d’évitement », est-il écrit dans la déclaration, accompagnée d’une exigence adressée au ministre de cesser d’attendre la fin des procédures judiciaires et de régulariser dès maintenant le statut légal des Mohalim.
Un rappel historique lourd de sens
Le représentant américain a rappelé au ministre belge que leur entrevue s’était tenue dans une salle portant le nom de l’ancienne Première dame Eleanor Roosevelt, et a souligné que des dizaines de milliers de soldats américains avaient sacrifié leur vie pour la liberté de la Belgique lors des deux guerres mondiales. « Il est évident que vous n’appréciez pas l’Amérique », est-il écrit dans ce message acerbe, assorti d’un rappel que la Belgique se doit d’agir en nation civilisée respectant la liberté de culte.
Le contexte : des descentes de police dans le quartier juif d’Anvers
Cette affaire remonte à mai 2025, lorsque la police d’Anvers a mené des perquisitions dans plusieurs sites, dont deux situés dans le quartier juif de la ville, dans le cadre d’une enquête sur des circoncisions pratiquées sans licence médicale. En Belgique, la loi exige que toute circoncision soit réalisée par un professionnel de santé agréé. Trois Mohalim ont été inculpés pour avoir pratiqué des interventions médicales sans licence. Le pays a un historique de restrictions des exemptions religieuses : en 2024, la plus haute juridiction européenne a confirmé l’interdiction de l’abattage rituel casher dans la majeure partie du territoire belge. Le député Michael Freilich, seul parlementaire juif orthodoxe du pays, a indiqué que les procureurs estiment disposer de suffisamment de preuves pour obtenir une condamnation, bien qu’aucune date de procès n’ait encore été fixée.
Une visite annoncée à Anvers pour rencontrer les Mohalim
Dans le cadre de l’intensification de la pression, l’ambassadeur White a annoncé qu’il se rendrait la semaine prochaine à Anvers pour rencontrer personnellement les Mohalim et leurs familles. Il a même invité le ministre Vandenbroucke ainsi que le politicien Conner Rousseau à se joindre à lui lors de cette visite, afin de constater de leurs propres yeux les dommages causés à la communauté juive. « C’est écœurant ce que ces familles subissent à cause de votre inaction », a conclu l’ambassadeur.
Soutien de la communauté juive et de l’Europe
Ralph Pais, vice-président du Centre d’Information et de Documentation Juive (JID), a salué cette prise de position, déclarant que celle-ci démontre que l’Amérique continue de tenir sa promesse de protéger la vie juive et de garantir que les Juifs puissent vivre ouvertement et en sécurité. Par ailleurs, le Commissaire européen à la Santé, Olivér Várhelyi, exerce également une pression sur le ministre Vandenbroucke pour trouver une solution, sans succès à ce stade. Il est prévu qu’il rencontre la communauté juive d’Anvers dans les semaines à venir.entant.
















