Après huit longues années sans célébration de mariage selon la loi de Moïse et d’Israël dans la ville de Birobidjan, située à l’extrême orient de la Russie, la communauté juive locale a vécu un moment d’intense émotion. Les émissaires du Rabbi ont conduit sous la Houppa un jeune couple, ravivant ainsi la flamme de la vie juive dans cette région reculée. Une célébration d’autant plus remarquable qu’elle s’est déroulée par un froid glacial de moins 25 degrés.

 

 

 

Une Houppa sous un froid polaire

La cérémonie de mariage s’est tenue dans des conditions climatiques extrêmes, avec un thermomètre affichant moins 25 degrés Celsius. Malgré ce froid sibérien, rien n’a pu refroidir l’enthousiasme des participants ni diminuer la chaleur de cette célébration historique. Les invités, emmitouflés dans leurs manteaux d’hiver, ont bravé les températures glaciales pour accomplir la Mitsva de réjouir le marié et la mariée.

Huit années d’attente pour la communauté

Ce mariage revêt une signification toute particulière pour la communauté juive de Birobidjan. Pendant huit ans, aucune Houppa conforme à la tradition juive n’avait été célébrée dans cette ville, capitale de la région autonome juive de Russie. Cette longue période sans mariage juif traditionnel rendait cet événement d’autant plus précieux aux yeux de tous les membres de la communauté, qui ont vu dans cette union un signe de renouveau et d’espoir pour l’avenir du judaïsme local.

Un couple issu des institutions Habad

Le marié, Daniel Yableyev, est originaire de la ville de Samara en Russie. Il est également un proche du Rav de cette ville, l’émissaire Rav Chlomo Deutsch. La mariée, Hadar, est quant à elle native de Birobidjan. Tous deux partagent un parcours commun remarquable : ils sont diplômés des institutions éducatives de Habad à Moscou, témoignant ainsi de l’impact profond du réseau éducatif Habad sur la formation des nouvelles générations juives en Russie.

Les émissaires du Rabbi à la tête de la célébration

La cérémonie a été conduite par deux figures emblématiques du mouvement Habad dans la région. Le Rav Ephraïm Kolpak, Rav de la ville et émissaire du Rabbi à Birobidjan, a officié aux côtés de son beau-père, le Rav Yaakov Santkov, Rav de la ville de Khabarovsk et également émissaire du Rabbi. Leur présence conjointe a conféré à cet événement une dimension spirituelle exceptionnelle, symbolisant la continuité de l’engagement des Chlou’him pour le renforcement de la vie juive dans les confins les plus éloignés de la Russie.

La communauté Habad de Birobidjan : un pilier de la vie juive

La communauté Habad de Birobidjan joue un rôle central dans le maintien de la vie juive contemporaine au sein de l’Oblast autonome juif. En 2026, elle demeure particulièrement active sous la direction du Rav Ephraïm Kolpak et de son épouse Ida Kolpak, qui consacrent leur vie à raviver la flamme du judaïsme dans cette contrée lointaine.

Des institutions au service de la communauté

La communauté dispose d’infrastructures remarquables pour une région aussi éloignée. La synagogue Beth Mena’hem, située au 19 rue Lenina, occupe une place unique dans l’histoire juive russe : elle fut la première synagogue de Russie construite en partie avec des fonds publics, son édification ayant été achevée en 2004. Ce bâtiment majestueux témoigne de la reconnaissance officielle de la présence juive dans la région.

Le centre communautaire principal, établi au 14a rue Sholom Aleikhem, constitue le cœur battant de la vie juive locale. On y trouve des offices religieux réguliers, des cours de Torah dispensés par le Rav Kolpak, une école du dimanche pour les enfants, ainsi qu’un club de jeunesse baptisé « ‘Haverim » (les amis), qui rassemble les jeunes de la communauté autour d’activités éducatives et récréatives.

Un Mikvé (bain rituel) a également été construit pour desservir les familles locales, renforçant considérablement les infrastructures religieuses de la ville et permettant aux familles pratiquantes de respecter pleinement les lois de la pureté familiale.

Une mission de revitalisation spirituelle

Le Rav Kolpak et son équipe s’efforcent inlassablement de revitaliser l’identité juive dans une région où les Juifs ne représentent plus qu’une infime minorité de la population. Leurs efforts se déploient sur plusieurs fronts essentiels.

L’approvisionnement en nourriture Cachère constitue un défi logistique majeur. Les produits Cachères sont régulièrement acheminés par train depuis Moscou, parcourant des milliers de kilomètres pour permettre aux familles juives de Birobidjan de maintenir une alimentation conforme à la Halakha.

La célébration publique des fêtes juives représente un autre axe fondamental de leur action. Chaque année, l’allumage de grandesMénoroth pour ‘Hanouka transforme les places publiques de la ville en témoignages vivants de la présence juive, attirant aussi bien les membres de la communauté que les curieux désireux de découvrir les traditions juives.

Le maintien de la culture yiddish revêt une importance particulière à Birobidjan, où cette langue reste un symbole officiel de la ville. Des panneaux bilingues russe-yiddish ornent encore certaines rues, rappelant le projet soviétique original de créer une patrie juive en Extrême-Orient.

Un symbole de la vitalité juive en Extrême-Orient russe

Ce mariage représente bien plus qu’une simple union entre deux jeunes gens. Il incarne la persévérance et le dévouement des émissaires du Rabbi qui, depuis des décennies, œuvrent sans relâche pour maintenir et développer la vie juive dans des régions où les conditions sont souvent difficiles. Birobidjan, malgré son statut historique de région autonome juive créée à l’époque soviétique, compte aujourd’hui une communauté juive modeste mais déterminée à perpétuer ses traditions.

La joie qui a envahi les participants lors de cette célébration témoigne de la force du lien qui unit les Juifs à leur héritage, par-delà les distances géographiques et les rigueurs climatiques. Ce mariage, célébré par moins 25 degrés, réchauffe les cœurs de toute la communauté et ouvre une nouvelle page dans l’histoire juive de Birobidjan.

Mazal Tov aux jeunes mariés !

Crédit photo : Mevasser Tov Moscou