Une cérémonie de Brith Milah prévue pour un nouveau-né dans la communauté juive d’Odessa a pris une tournure extraordinaire lorsqu’un homme de 60 ans a spontanément demandé à faire lui aussi la circoncision rituelle. Cette décision impulsive a transformé un événement familial en moment historique pour toute la communauté ukrainienne.
Dans la communauté juive d’Odessa en Ukraine, Boris, employé de 60 ans responsable du parking de la synagogue, a surpris tout le monde en demandant à être circoncis rituellement le même jour qu’un nouveau-né. Sa démarche spontanée et émouvante illustre la renaissance spirituelle dans cette région marquée par la guerre.
Une décision spontanée qui bouleverse la communauté
L’histoire commence comme une célébration familiale ordinaire dans la communauté juive d’Odessa. Un couple local s’apprêtait à célébrer la Brith Milah de leur cinquième enfant, un petit garçon né dans de bonnes conditions malgré le contexte difficile de la guerre en Ukraine.
C’est alors que Boris, employé sexagénaire qui travaille comme responsable du parking près de la synagogue, entend par hasard les préparatifs de cette cérémonie religieuse. Dans un élan spontané qui surprendra toute l’assemblée, il prend une décision qui changera sa vie : lui aussi veut recevoir la Brith Milah.
« Mon père ne m’a pas circoncis, mais maintenant il pourra voir d’en haut que je continue dans la voie du judaïsme et que j’entre dans l’alliance d’Abraham notre patriarche », confie-t-il les larmes aux yeux au Rav de la communauté.
Une nuit blanche d’émotion et d’attente
Après vérification de sa judéité par les autorités religieuses locales, la demande de Boris est acceptée avec joie. L’homme de 60 ans insiste pour que la cérémonie ait lieu le plus rapidement possible, avant même la prière matinale de Cha’harit.
L’émotion est si intense que Boris ne parvient pas à fermer l’œil de la nuit. Cette insomnie témoigne de l’importance spirituelle que revêt cet acte pour cet homme qui a attendu six décennies avant de franchir ce pas décisif vers sa foi ancestrale.
La cérémonie prend une dimension particulière quand les bénédictions post-circumcision sont prononcées par le Rav Yossef Its’hak Wolf, Grand Rabbin de Kherson. Ce dernier séjournait justement à Odessa après avoir miraculeusement échappé à une attaque de drone russe qui avait frappé près de son véhicule.
Barouch ben Abraham : une nouvelle identité spirituelle
Boris reçoit officiellement le nom hébraïque de « Barou’h ben Avraham », marquant symboliquement sa nouvelle naissance spirituelle. Ce choix n’est pas anodin : il honore la mémoire de son père tout en s’inscrivant dans la lignée du premier patriarche juif.
Le moment culminant arrive lors de la lecture de la Torah qui suit immédiatement la Brith Milah. Pour la première fois de sa vie, Boris monte à la Torah avec le statut de « Hatan » (marié spirituel), accompagné des traditionnelles projections de bonbons. Cette scène provoque une émotion généralisée dans la synagogue, où aucun fidèle ne peut retenir ses larmes face à ce témoignage de foi tardive mais sincère.
Cette histoire illustre parfaitement la vitalité de la communauté juive ukrainienne qui, malgré les défis de la guerre, continue de vivre pleinement sa spiritualité et d’accueillir ceux qui souhaitent renouer avec leurs racines.















