La mémoire de Rav « Moulé » resplendit avec une intensité particulière dans les cœurs de ceux qui ont eu le privilège de croiser son chemin. Son dévouement inconditionnel envers la communauté juive parisienne s’est incarné tant dans la profondeur de son enseignement de la Torah que dans chacun de ses gestes quotidiens empreints d’Ahavat Israël. Son influence, pareille à une flamme vive, continue d’illuminer et de réchauffer l’âme de tous ceux qui suivent ses enseignements.
Un pédagogue visionnaire ancré dans la tradition
« Lorsque Rav « Moulé » s’est établi à Paris, sa priorité fut d’organiser des groupes d’étude de la Torah, considérant cette démarche comme fondamentale avant toute autre activité communautaire », raconte Itshak Gabay. « Pour lui, proposer des cours de Torah créait un lien spirituel plus profond que les autres Mitsvot, bien qu’il reconnaissait l’importance de pratiques comme les Tefilines dans le cheminement spirituel. Cette approche pédagogique lui permettait d’aborder naturellement d’autres sujets essentiels, notamment l’éducation des enfants dans les écoles juives ».
« Sa vision de l’enseignement dépassait le cadre strict de la synagogue. Il comprenait que pour toucher les âmes, il fallait d’abord établir une connexion authentique par l’étude des textes sacrés. Cette méthode, à la fois traditionnelle et innovante, a permis à de nombreux membres de la communauté de redécouvrir leurs racines spirituelles tout en répondant aux défis de la vie contemporaine ».
L’apôtre infatigable des Tefilines
La pratique des Tefilines occupait une place privilégiée dans la mission de Rav « Moulé ». Entre midi et 14h, on pouvait le trouver au centre communautaire, fidèle à cette Mitsva qu’il considérait comme primordiale. « C’était généralement la première mission des envoyés du Rabbi de mettre les Tefilines, » confie un témoin, « car selon le Rabbi, cela peut soulever un soldat en Israël, sauver la vie d’un juif et apporter beaucoup d’énergie spirituelle. »
« Son engagement ne connaissait pas de frontières » raconte Mordehai Sojcher. « Après avoir prié le matin le Roch Hachana comme tout rabbin de synagogue, Rav « Moulé » sortiat de chez lui l’après-midi pour sonner du Chofar aux juifs qu’il rencontrait – visitant studios de radio, magasins et cafés – afin d’accomplir sa mission sacrée. Cette détermination à porter la pratique des Tefilines au-delà des murs de la synagogue témoigne de sa compréhension profonde des besoins spirituels de sa communauté et de sa volonté d’aller à la rencontre de chacun, là où il se trouvait ».
Une âme généreuse au service du prochain
Les témoignages convergent unanimement vers les qualités humaines exceptionnelles de Rav « Moulé » : son amour du prochain, sa générosité sans limites et son attention constante aux besoins d’autrui. Un épisode particulièrement touchant illustre cette dimension : il n’hésita pas à apporter personnellement un Sefer Torah au domicile d’une mère âgée qui ne pouvait se déplacer pour assister à la cérémonie, faisant ainsi preuve d’une sensibilité remarquable.
« Je ne passe pas un jour sans penser à Rav Moulé, même de façon fugace, » confesse Guy Coen, « car c’est une personnalité qui m’a profondément touché. » Il évoque « une gentillesse, un amour de l’autre incommensurable, quelque chose qui dépasse les limites, son sourire, sa gentillesse, sa générosité, son écoute. » Ces qualités exceptionnelles faisaient de lui bien plus qu’un guide spirituel – un véritable modèle d’humanité dont l’influence transcendait les différences sociales et culturelles.
Un guide attentif dans les moments décisifs
L’accompagnement personnel constituait une dimension essentielle du ministère de Rav « Moulé ». Il s’impliquait concrètement dans les moments charnières de la vie des membres de sa communauté, comme en témoigne cette anecdote de Gary Chalom Cohen qu’il aida à choisir un appartement : « Il est allé jusqu’à visiter les maisons que nous avions présélectionnées et à préparer le contrat de location. C’est quelqu’un qui s’occupait de nous comme ses propres enfants. »
« Sa sagesse s’exprimait également à travers les conseils qu’il prodiguait aux jeunes sur l’équilibre entre aspirations spirituelles et responsabilités familiales » témoigne Shlomo Azoulay. « Il nous rappelait régulièrement l’importance de « représenter » le Rabbi dans tous les aspects de leur vie, y compris au sein de leur propre foyer. Cette vision holistique de la spiritualité, intégrant pleinement les réalités quotidiennes, a guidé de nombreuses familles vers un judaïsme vivant et épanouissant. »
« Le lien privilégié que Rav « Moulé » entretenait avec le Rabbi de Loubavitch transparaissait dans chacune de ses actions », raconte Guy Cohen avec émotion,. « Sa clairvoyance lui permettait de déceler rapidement les difficultés que traversaient les membres de sa communauté, proposant spontanément d’écrire au Rabbi ou rédigeant lui-même la lettre pour la personne concernée. Après une rencontre avec lui, témoigne un fidèle, « on ressortait ranimé, ravivé, plein d’espoir, plein de joie. »
Les anecdotes illustrant son attention aux détails et sa générosité sont nombreuses et révélatrices. Un jour, il ne s’est pas contenté d’aider à acheter des chaussures pour une personne démunie, mais a insisté pour lui offrir également trois paires de chaussettes, démontrant ainsi sa compréhension des besoins réels et son souci du bien-être intégral de chacun. Une autre fois, il a pris le temps d’aider un fidèle à confectionner lui-même un talit katan, alors que d’autres l’avaient simplement redirigé vers différentes personnes.
Ces témoignages composent le portrait d’un Hassid exemplaire, profondément dévoué à sa mission d’émissaire du Rabbi, attentif tant aux besoins spirituels que matériels des membres de sa communauté. Par sa vie et son œuvre, Rav « Moulé » a incarné avec authenticité les valeurs d’amour du prochain qu’il enseignait, laissant ainsi une empreinte indélébile dans le cœur de tous ceux qui ont eu le privilège de le connaître.
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