Lorsque le jeune Betzalel en eut assez de la faculté de droit et décida de s’enfuir à Samarcande pour étudier auprès du Hassid Reb Haïm Zalman Kozliner. À l’occasion de l’anniversaire du décès de Reb Haïm Zalman Kozliner, qui aura lieu le 13 Tishrei. Il était le secrétaire du Rabbi et l’un des dix Hassidim qui avaient juré devant le Rabbi de ne pas abandonner les Juifs de l’Union soviétique et d’agir avec un dévouement absolu. 

 

Reb Haïm Shneur Zalman Kozliner, connu affectueusement sous le nom de Reb Haïm Zalman ou par l’acronyme HaZaK, était une figure emblématique du mouvement Habad-Loubavitch en Union soviétique. Né en 1901 à Rahalevka, en Ukraine, il grandit dans une famille profondément ancrée dans la tradition hassidique.

Dès son plus jeune âge, Haïm Zalman manifesta une soif insatiable de connaissances Torah et une dévotion exceptionnelle envers le judaïsme. Il étudia dans plusieurs yeshivas prestigieuses, notamment à Loubavitch, où il fut formé par les plus grands maîtres de son temps.

En 1927, alors que la répression religieuse s’intensifiait en URSS, le sixième Rabbi de Loubavitch, Yosef Yitzchak Schneersohn, prit une décision cruciale. Il choisit dix jeunes hommes dévoués pour rester en Union soviétique et préserver la flamme du judaïsme. Haïm Zalman fut l’un de ces dix élus. Cette mission périlleuse allait façonner le reste de sa vie.

Malgré les dangers constants, Reb Haïm Zalman œuvra sans relâche pour maintenir la vie juive. Il organisa des cours clandestins de Torah, facilita la circoncision des nouveau-nés et s’assura que les familles juives aient accès à de la nourriture cachère, en particulier pour Pessah. Son courage et sa détermination inspirèrent de nombreux Juifs à rester fidèles à leur héritage.

En 1946, profitant d’une brève période de relâchement, Haïm Zalman réussit à quitter l’URSS avec sa famille. Ils s’installèrent d’abord en France, puis en Israël en 1949. Malgré les difficultés de l’immigration, il continua son travail au service de la communauté.

Le septième Rabbi de Loubavitch, Menachem Mendel Schneerson, reconnut les qualités exceptionnelles de Reb Haïm Zalman. Il le nomma son secrétaire personnel et lui confia des missions diplomatiques délicates. Haïm Zalman devint ainsi un lien précieux entre le Rabbi et les communautés juives du monde entier, en particulier celles d’Union soviétique.

Tout au long de sa vie, Reb Haïm Zalman incarna les valeurs du hassidisme : une foi inébranlable, un dévouement sans faille envers son prochain et une joie de vivre contagieuse malgré les épreuves. Il était connu pour sa mémoire prodigieuse, capable de réciter par cœur de longs passages de textes sacrés.

Reb Haïm Shneur Zalman Kozliner s’éteignit le 13 Tishrei 5746 (1985) à Jérusalem, laissant derrière lui un héritage spirituel immense. Son histoire continue d’inspirer les générations suivantes, rappelant le pouvoir de la foi et de la persévérance face à l’adversité.

Betzalel Schiff raconte :

J’étudiais à la faculté de droit de l’Université de Tachkent, et j’en avais assez d’entendre des conférences stupides sur l’avenir radieux, l’économie politique, l’étude de la nature, etc. J’ai donc décidé de quitter l’université.

J’ai acheté un billet et je me suis envolé pour Samarcande. À Samarcande, directement depuis l’aéroport, je me suis rendu chez Reb Haïm Zalman Kozliner. Je lui ai dit que j’avais quitté l’université et que je voulais étudier avec lui. Reb Haïm Zalman a appelé sa femme Tziporah et lui a demandé de me préparer un lit pliant dans la cour de la maison, mais d’abord de me donner à manger.

C’est ainsi que j’ai vécu pendant plusieurs mois : Reb Haïm Zalman me réveillait le matin, nous étudiions la Hassidout puis nous priions. Après la prière, nous étudiions le Houmach  avec ses commentaires. L’après midi, après une pause, nous étudiions le Talmud. Ce furent les mois les plus heureux de ma jeunesse.

Ensuite, mon frère Gershon Dov Ber et ma mère sont arrivés. Ils m’ont expliqué qu’un diplôme m’aiderait dans la vie. En tant que diplômé, je pourrais être indépendant et il me serait plus facile d’observer le Chabbat.

À l’université, ils n’avaient apparemment pas remarqué mon absence, et j’ai donc repris mes études. Je remercie Reb Haïm Zalman pour ces beaux mois.

Le 13 Tishrei est le jour anniversaire du décès d’un grand Hassid, Reb Haïm Zalman Kozliner, secrétaire du Rabbi et l’un des dix hommes qui avaient juré devant le Rabbi de ne pas abandonner les Juifs de l’Union soviétique.

Une petite anecdote sur ce qui s’est passé ensuite et sur l’éducation qu’il a donnée à ses enfants.

En 5746 (1986), son fils Reb Mottel venait de terminer la « Shiva » (période de deuil de sept jours) et était au milieu des « trente jours » de deuil lorsqu’il fut invité à un « Farbrenguen » (rassemblement hassidique) au Kollel Shamir de Jérusalem. Il alla consulter sa sœur Vera Boroshensky.

Elle s’indigna : « Ton père est décédé. Tu devrais t’asseoir et pleurer. Et tu veux aller à un Farbrenguen?… »

Puis elle demanda : « Shamir ? C’est un endroit où étudient des jeunes de Russie ? »

« Oui. »

Elle dit alors très sérieusement : « Pour eux, tu aurais dû te lever et y aller même au milieu de la « Shiva » ! »